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  • : Le blog de AGEN (Association générale des étudiants de Nanterre)
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Nous devons bannir de nos rangs toute idéologie faite de faiblesse et d’impuissance. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux.


"La situation actuelle et nos tâches" (25 décembre 1947)  Oeuvres choisies de Mao Tsé-Toung, Tome IV




 
Dans l’histoire de l’humanité, toute force réactionnaire au seuil de sa perte se lance nécessairement, dans un ultime sursaut, contre les forces de la révolution ; et souvent, des révolutionnaires sont un moment induits en erreur par cette force apparente qui dissimule la faiblesse intérieure, ils ne voient pas ce fait essentiel que l’ennemi approche de sa fin et qu’eux-mêmes sont près de la victoire.

« Le Tournant de la Seconde guerre mondiale » (12 octobre 1942). Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome III.

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 10:12

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Contre le front de la haine

Contre les islamalgames

Unité antifasciste !

 

Le samedi 18 décembre se tiendra à Paris à l’espace Charenton (12ème) un meeting ouvertement raciste s’en prenant de façon directe à la présence de musulmans en Europe.

L’AGEN (Association Générale des Etudiants de Nanterre)  fidèle à ses engagements appelle à combattre par tous les moyens nécessaires la nouvelle vague fasciste dont ce meeting est une expression brutale et décomplexée.

Une vague fasciste qui vise les musulmans en particulier (mais aussi les « mauvais français » ou les « mauvais européens » en général, jugés indésirables parce que basanés et pauvres).Le racisme n’est plus biologique ou seulement anti-immigration mais il avance des « arguments » culturels. On ne parle plus des races mais d’une religion particulière. En effet, mille et une initiatives nourrissent une campagne ignoble et continue qui présente les pratiques cultuelles des musulmans comme un virus malfaisant et leurs croyances comme un danger mortel qui rongent la société démocratique occidentale. C’est bien le fond de commerce des organisateurs du meeting raciste du 18 décembre intitulé pompeusement « Assises sur l’islamisation de nos pays ».

Qui sont-ils ? Les mêmes qui ont organisé les « apéros-saucissons » du printemps dernier : Riposte laïque et le Bloc identitaire (ex-Unité radicale et ex-Jeunesses Identitaires, très présent à Lyon et à Nice) qui appelle à l’autodéfense blanche, ou encore Oskar Freysinger, de l'UDC suisse, l'homme du référendum anti-minarets. Ils se veulent hostiles à L’islam et à ses fidèles considérés comme des vecteurs du totalitarisme. Tels des ridicules et piteux épigones de Charles Martel, ils affirment combattre la prétendue conquête et « invasion » de l’Europe par l’islam. Mais ce sont des fascistes relookés, bon chic, bon genre, évitant toute apologie des fascismes historiques, ils sont électoralistes et visent le pouvoir.

Ce thème nauséabond de l’invasion musulmane est très à la mode. Il n’est ni une création originale ni une nouvelle spécialité locale. Actuellement, à travers toute l’Europe,  le spectre de « l’islamisation » sert d’étendard au courant dominant de l’extrême-droite qui progresse partout, accède grâce à lui aux portes du pouvoir avec des scores électoraux dits historiques (autour de 25% des voix), voire y participe directement, en Suisse, aux Pays-Bas, en Suède, en Autriche, en Italie.

La particularité de la France aujourd’hui, c’est qu’il est possible d’exprimer son rejet de toute une population, de vomir le vieux fond de racisme colonial, sous des discours d’apparence progressistes avec une rhétorique inusable et frauduleuse sur la «laïcité » et les « valeurs de la République ». Un racisme « politiquement correct » en somme, présentable, audible dans les médias.

D’ailleurs Le thème du péril musulman menaçant la civilisation occidentale n’est  pas l’apanage de fascistes notoires puisque ce thème fait consensus pour une partie importante de la scène politique et médiatique bourgeoise, de Le Pen (FN) à Gérin (PCF), de Zemmour à Ménard[1]. C’est un élément central de la pensée dominante. C’est pourquoi se limiter à dénoncer des « extrémistes » est insuffisant. C’est pourquoi  en appeler au respect de l’ « Etat de droit » face aux menées fascistes c’est une pure illusion voire un leurre. L’Etat bourgeois n’est pas un recours. Guevara disait limpidement « la démocratie parlementaire, c’est la forme de gouvernement de la bourgeoisie quand elle n’a pas peur, le fascisme quand elle a peur ». Autrement dit le fascisme grandit au sein même du système capitaliste, il n’est pas une calamité tombée du ciel. Il n’y a pas de muraille de Chine entre les gestionnaires du système criminel, assoiffé de profits, et ses marges fascistes. Le seul rempart c’est la mobilisation populaire et non l’Etat bourgeois républicain, largement poreux aux thématiques et aux méthodes fascistes.

Comment y voir plus clair dans notre combat? Quel est l’objectif de l’hystérie raciste relookée en croisade laïcarde ? Comment combattre efficacement dans un front uni la nouvelle vague montante du fascisme ?

D’abord, comme le dit Fanon dans Racisme et culture, il faut cesser de considérer le racisme comme une tare psychologique, il est en réalité un élément fonctionnel d’une hiérarchie sociale. En un mot il est un instrument dans la panoplie des classes dominantes.

Nous avons vécu directement à Nanterre cette procédure de division. Les lycéens manifestants devant Joliot-Curie en novembre contre la réforme des retraites, se sont vu qualifier d’ « émeutiers urbains » descendus des cités puis un élu national a proposé d’expulser les « casseurs étrangers » : de la lutte sociale à la stigmatisation des origines.  En temps de crise, il est impératif pour les dominants de diviser la jeunesse populaire et le prolétariat international de France, de rallier à la défense des intérêts bourgeois une frange des masses populaires. La devise des classes dominantes c’est  « unir ceux qui devraient être divisés et diviser ceux qui devraient être unis ».En construisant un « ennemi de l’intérieur » le racisme permet de justifier une mobilisation chauvine contre les luttes sociales. De la burqa à l’identité nationale, de « l’œuvre positive de la colonisation » à la déchéance de la nationalité, la bourgeoisie tente de rendre impossible la prise de conscience des intérêts communs. Cet embrigadement nourrit les discriminations de toutes sortes et se prolonge par le passage à l’acte, dans le sang, par des crimes racistes. Dès lors, que des enfants de la colonisation s’organisent de façon autonome contre l’oppression rien de plus nécessaire et de plus légitime. Mais notre réponse n’est pas de mettre de l’huile identitaire sur le feu raciste. Seule l’unité des exploités et des opprimés pour défier les oppresseurs brisera le cercle infernal.

L’objectif, on l’a vu, est défini pour les dominants pour le front interne : briser les luttes de classe en canalisant la révolte vers une mobilisation réactionnaire. Certes, mais il s’agit aussi préparer pour le front externe les guerres impérialistes en désignant un « nous » et un « eux », les civilisés et les barbares. L’antisémitisme « social » de la fin du XIX° siècle, qui visait le capital juif et non le capitalisme, était selon Engels le socialisme des imbéciles. L’islamophobie contemporaine c’est la philosophie des Lumières pour les crétins. On prétend libérer les peuples de l’obscurantisme religieux par la torture et les bombardements.  Si les « peuples musulmans » sont perçus comme une « civilisation ennemie » les crimes contre eux peuvent se multiplier dans l’indifférence et la complicité. Ceux qui ne sont pas domestiqués, qui refusent d’être infériorisés on les taxera de terroristes. Démonter pièce par pièce ce schéma est un impératif. On le voit, la « guerre mondiale contre le terrorisme » aboutit en fait au pillage des peuples et au contrôle militaire de la planète. Un peuple qui en opprime un autre ne peut être lui-même libre disait Marx. Notre combat contre le fascisme doit donc dénoncer clairement notre « propre » impérialisme.

Toute personne qui veut l’alternative (au fascisme, aux guerres et donc au capitalisme) sait qu’il faut édifier d'un quartier général révolutionnaire. En son absence, alors que les forces révolutionnaires se reconstituent, on ne peut céder un pouce de terrain aux fascistes. Pour avancer dans la lutte, nous devrons faire face en inventant nos propres outils.



Exigeons la dissolution des milices fascistes.

Mais ne nous faisons pas d'illusions !


La violence de la bourgeoisie sera de plus en plus directe. Préparons-nous à y répondre !


Que mille groupes antifascistes naissent ! Le combat est devant nous !

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