Pour un syndicalisme de combat.

PRIVATISATION DES CROUS
Le rapport Lambert : La LRU des CROUS.
Ainsi, nous avons pu voir paraître le rapport Lambert qui porte sur l’adaptation des CROUS au monde universitaire. Universités qui rappelons-le sont en voie de privatisation. En étroite ligne avec la politique de Pécresse, ce rapport prône une « LRU » des CROUS. Ainsi dans les objectifs du rapport nous pouvons lire la phrase suivante :
« La réforme des Œuvres universitaires s’inscrit dans le prolongement de la loi du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités »
Le désengagement financier de l’état est clair. Le rapport prône des partenariats avec des bailleurs privés. Une partie du logement social étudiant et des restaurants universitaires seront jetés en pâture aux entreprises privées et aux banques : « réflexion nationale des financements, mise en place dans chaque agence des procédures de labellisation par les bailleurs publics et privés, généralisation de la monétique et donc des partenariats avec les banques privées comme moyen de paiement dans tous les points de restauration ».
De plus, le rapport prône une fusion des services logements et bourses au sein des AVE (agence de vie étudiante qui sont les CROUS actuels). Nous voyons bien que ceci s’inscrit dans une logique de restriction budgétaire telle la fusion ANPE/Assedic, qui ne garantit pas un meilleur service, tout au contraire ! Cette mesure accentuera le « flicage » des étudiants pour vérifier la progression dans le cursus, les payements de loyers, le cumul des aides… ainsi qu’une plus longue attente dans le traitement des dossiers. (Page 27-28 du rapport Lambert). La rentabilité devient un objectif clair et assumé. Le rapport prévoit de « prendre sur le long terme les mesures économiques et techniques pour concilier la mission sociale et les équilibres économiques des activités ». Ceci fait écho à ce qu’un responsable du CROUS nous avait répondu suite aux critiques formulées sur l’augmentation des prix des loyers en Cité- U : « Nous devons nous plier à la loi du marché immobilier ».
Pour ce qui est de la gestion du personnel, le rapport est clair : « il faut un management stratégique des ressources humaines et une gestion qualitative, prévisionnelle et stratégique des emplois. » Il prévoit également pour le personnel : « d’exploiter davantage les possibilités offertes par la Loi de Finance (LOLF), qui admettent les dérogations et les adaptations nécessaires pour l’exercice d’activités de production de service. » Ceci signifie ni plus ni moins que selon les besoins de rentabilité, le personnel pourra être muté au risque d’être viré même avec un statut de fonctionnaire !
La présidence des Conseils d’administration des ANVE (agence nationale de vie étudiante), nouvel organe central remplaçant les CNOUS, sera confiée à un président d’université qui comme nous le savons avec la LRU s’apparente aujourd’hui de plus en plus à un chef d’entreprise. Les différents éléments cités plus haut, nous permettent de déduire ce qu’il adviendra du logement social étudiant (si l’on peut encore l’appeler ainsi !): l’apparition des pôles d’excellence du logement comme des pôles d’excellence d’universités. En effet, un des objectifs de ce rapport et d’adapter le logement social au paysage universitaire pour une meilleure rentabilité. Ainsi les logements aux abords des petites universités de banlieues ou de province n’auront pas les mêmes moyens que les logements situés près des prochaines facs d’élites.