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Nous devons bannir de nos rangs toute idéologie faite de faiblesse et d’impuissance. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux.


"La situation actuelle et nos tâches" (25 décembre 1947)  Oeuvres choisies de Mao Tsé-Toung, Tome IV




 
Dans l’histoire de l’humanité, toute force réactionnaire au seuil de sa perte se lance nécessairement, dans un ultime sursaut, contre les forces de la révolution ; et souvent, des révolutionnaires sont un moment induits en erreur par cette force apparente qui dissimule la faiblesse intérieure, ils ne voient pas ce fait essentiel que l’ennemi approche de sa fin et qu’eux-mêmes sont près de la victoire.

« Le Tournant de la Seconde guerre mondiale » (12 octobre 1942). Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome III.

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 22:45

 

 

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De l'austérité à l'université : à la chasse aux étudiants des milieux populaires...

 

 AGEN (Association générale des étudiants de Nanterre), Local F307, Pour un syndicat de combat !

 

 

L

 

es mesures de privatisation et d'austérité commencent à se faire ressentir de plus en plus violemment sur notre université. 3 groupes de TD viennent d'être supprimés en droit, soit 120 personnes à dispatcher dans des TD déjà bondés. En SSA les étudiants se sont déjà mobilisés au premier semestre pour demander la réouverture d'une bibliothèque dont le poste n'avait pas été remplacé. Mais ces conséquences ne représentent qu'un des visages du plan capitaliste à l'œuvre. Son autre revers est l'accentuation de la sélection sociale à l'université et ce sont les enfants des milieux populaires qui en paient les frais. Chaque année, lors des inscriptions, ce sont déjà des centaines d'étudiants qui se voient refuser l'inscription à l'université, principalement des étudiants issus de bac pro ou étrangers (hors Erasmus). Alors que les échanges érasmus sont perçus comme une richesse par l'administration les autres (bac pro, étrangers) sont souvent désignés comme un fardeau de trop.

 

A l'heure où l'administration de l'université doit faire face aux coupes budgétaires et à l'afflux d'étudiants, cette vielle mentalité discriminatoire refait surface. Un pré-rapport daté du 10/12/2012 écrit par JL Guinot, responsable de la sécurité de l'université et A Andronikof enseignante en psycho pathologie cible des problèmes de comportements inappropriés en première année et propose des solutions sélectives... 

"Des comportements provocateurs tels que:

-tenue vestimentaire, position avachie, absence de prise de note, dynamique groupale provocatrice

- Quitter soudainement le TD en groupe, éteindre la lumière et claquer la porte en sortant.»

 

Ce rapport aurait pu en rester là s’il ne ciblait pas en fait certains étudiants dans le but de resserrer l'accès à l'université:

«-Mauvaise orientation des élèves bacheliers (bac-pro non préparés…)»

«-Seul critère pour les bourses : la présence» (ce qui revient à demander que les critères soient plus contraignant) 

«- Fixer un numeru clausus », « une date butoir d’inscription », « revoir les critère qui permettent l’orientation active (CACIOPE)», « « étudier le profil académique des étudiants qui ont du mal à profiter de l’enseignement supérieur ».

Bien que ce rapport souligne également des TD surchargés, il s'agit de prendre le prétexte des "mauvais comportements" (qui ont toujours existés) pour proposer une sélection plus accrue à l'université, associée d’un ciblage des étudiants boursiers et issues de bac pro. Les chiffres sont déjà connus : un fils d’ouvrier à beaucoup moins de chance de quitter l’université avec un diplôme qu’un fils de cadre. Refuser les profils d'étudiants qui "ont du mal à profiter de l'enseignement supérieur", reviendrait à remettre en cause l'ouverture de l'université aux enfants des milieux populaires, en soit, les plus précaires… Demander des critères plus étroit pour les bourses c'est utiliser le vieux stigmate de l'étudiant pauvre, profiteur du système pour l'écarter de ses droits. 

 

L'université n'est qu'un petit miroir de la société disait un grand révolutionnaire. Avec ce rapport l'administration, qui s'est pourtant doter d'un "nouveau visage", fait le choix de servir les injustices créées par le système et d'aller dans son sens, plutôt que de dénoncer les réformes qui mènent à ce désastre. Quand les étudiants ont fait grève (en 2007 et 2008) justement pour dénoncer les réformes de privatisation qui explique la situation actuelle, l'administration à mis fin au mouvement en envoyant 15 cars de CRS pour nous déloger du bâtiment de droit...

 

De plus la privatisation de l’université et des CROUS qui doivent trouver leurs propres fonds, fait grimper les frais d’inscriptions (magister d'histoire passé à 900€) et les loyers du logement social étudiant (+76% en cinq ans à la cité U de Nanterre, pire encore un étudiant étranger doit payer 80€ de plus son loyer qu’un étudiant FR). Les bourses sont insuffisantes et obligent une grande partie d'entre nous à travailler pendant nos cours. L'université doit-elle redevenir le lieu d'étude de quelques privilégiés? À moins de préférer s'endetter à vie... Les banques viennent déjà se frotter les mains à l'université avec les nouveaux bénéfices qu’elles vont pouvoir tirer de cette situation... En somme se sont les étudiants les plus précaires et les moins enclins à connaitre les codes du milieu universitaire qui vont subir les conséquences de l'austérité et de la privatisation (sélection et stigmatisation).

 

Les  étudiants, les enseignants et le personnel doivent se positionner contre ce pré-rapport nauséabond et contre le plan de privatisation et d'austérité qui n'est rien d'autre que le programme du patronat européen (via ses organismes FMI, CE, traité de Lisbonne, OCDE).

 

Nous pensons que l'université ne doit pas servir la politique actuelle en cherchant à évincer les classes populaires de son sein. Au contraire elle doit rester ouverte à tous et rester un foyer de réflexions et de luttes émancipatrices pour demain.

 

 Nous avons le choix: Soit d'une université marchandisée, une université du mépris social qui produit des discours de haine, repliée sur ses intérêts privés, qui forme les exploiteurs, les larbins et les socio-flics de demain. Soit d'une université réellement publique, foyer de pensée critique, ouverte sur le monde populaire et sur les luttes des peuples contre l'impérialisme.

 

Pour une fac au service du peuple ! Non à l’université de classe !

Fac ouverte aux enfants d’ouvriers et d’immigrés !

Augmentation du nombre de bourses et de leurs montants !

A bas la privatisation et l’austérité!

 

 

Deux idées fausses à démystifier :

 

« Il ne faut pas s’organiser, cela prive l’individu de sa liberté de conscience, les organisations veulent tout dominer et créent la division»

Ce discours et cette méfiance entendue mainte foi dans la bouche des étudiants trouve son explication légitime dans le fait que les directions des centrales syndicales actuelles (UNEF, CGT, CFDT) sont rattachées au pouvoir (il le co-gère). Il est donc vrai qu’elles tentent constamment de garder les luttes sous leur coupe et cherchent à les canaliser pour éviter tout débordement qui nuirait à leurs négociations, dans le dos des aspirations populaires (de même pour les partis institutionnelles de « gauche »). Il se crée donc, dans chaque lutte, un conflit idéologique entre la frange qui suit les directions syndicales et celle qui désire et veut prendre son autonomie vis à vis de ces groupes institutionnelles pour espérer gagner. Mais l’existence de différents groupes, n’implique pas nécessairement qu’ils soient tous rattachés à ces directions, au contraire ces groupes contribuent souvent à cette autonomie populaire dans les luttes et à la conscience de classe (même les sections locales de la CGT). L’histoire nous montre en réalité que chaque acquis, chaque lutte victorieuse, chaque révolution même, a été le fruit d'une forte organisation des masses populaires. Le refus ou la méfiance envers l’organisation est une gangrène qui n’est autre qu’un aspect inversé de l’individualisme dominant. Dans une lutte, le débat est indispensable pour éviter la récupération et trancher sur une ligne politique cohérente et fédératrice.

 

« Il ne faut pas politiser les problèmes, cela fait peur aux gens et empêche de rassembler »

Outre que cette idée est dangereuse car cibler les injustices sans les analyser  et sans dire « ce que l’on veut » ouvre la porte à l’extrême droite, elle est également entièrement fausse. Ceux qui luttent doivent-ils se positionner au même niveau que nos médias « 20 minutes » et « direct matin » en se faisant faussement passer pour « neutre »? En 2007 les étudiants se sont battus contre la privatisation de l‘université en comprenant bien la logique capitaliste de « marchandisation » du savoir à l’œuvre. En 2005 contre le CPE ils se battaient contre le démantèlement du salariat et la précarisation de l’emploi. Doit-on repartir de zéro ? L'échec de la lutte "apolitique" des indignés français à la défense devrait nous servir de leçon. Les luttes les plus fortes mais aussi bien les analyses économiques et sociales rigoureuses ont été élaborées avec une orientation politique claire (Marx, etc). Vouloir rassembler sur le seul mot d’ordre de « l’action », ou de « l’illégalisme » sans se doter d’une analyse et de revendications revient à se faire plaisir et à se donner bonne conscience vis à vis des injustices, sans réellement les combattre.

 

 AGEN (Association générale des étudiants de Nanterre), Local F307, facebook: AGEN Nanterre

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 21:53
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Rappel des faits :

Le vendredi 12 mai 2012 une centaine d’étudiants, d’enseignants et de personnels de l’université paris 8 Saint Denis se sont invités au CA(conseil d’administration) de leur université pour demander d'être consultés et que s’ouvre un large débat sur ce projet de PRES. En effet, ce projet à été élaboré en l’espace de quelques mois par le président de l’université de Nanterre, Mr Balaudé, à peine élu en 2012 et celui de l’université de Saint Denis, Mr Binczak, qui est quant à lui sur la fin de son mandat, mais qui espère bien être le premier président du projet PRES… Ce dernier, plutôt que de reporter son CA a préféré faire appel aux forces de l’ordre, pour mater la grogne et faire voter son projet en vitesse. Résultat : deux interpellations d’étudiants et de possibles poursuites en justice.
Rappelons que la franchise universitaire (qui interdisait l’entrée de la police sur les universités depuis le Moyen Age !) a été levée en 2001 pour accompagner le processus de privatisation de l’enseignement. Processus lancé au niveau européen visant à réaliser  l’économie de la connaissance la plus compétitive au monde”(objectif du Conseil européen de Lisbonne en 2000). Depuis, la constitution d’équipes de vigiles armés sur les universités et les seules interventions de la police ont consisté à réprimer des mouvements  étudiants qui contestaient essentiellement les réformes de privatisation. Ainsi, en 2007, quinze cars de CRS ont fait irruption sur l’université de Nanterre pour matraquer les étudiants qui combattaient la LRU (loi relative à l’autonomie des universités). 

Face à ces faits, nous sommes en droit de nous demander pourquoi ce projet de PRES est voté avec une telle précipitation et avec une si rapide répression de ceux qui demandaient simplement à participer au débat…

Exprimons notre solidarité avec les étudiants de Saint Denis et exigeons la relaxe immédiate des étudiants interpellés !
Exigeons la démission immédiate de Binczak (président de Paris 8 St Denis) qui a fait venir la police sur l’université contre ses étudiants!

Qu’est-ce que le PRES ?

Tout d’abord ce PRES « paris-Lumière » qui vise à la collaboration étroite entre Nanterre et Saint Denis et à la création de filières communes disposera d’un CA spécifique qui sera situé à l’extérieur des deux universités. De plus son règlement intérieur sera voté sans que puissent participer les représentants étudiants. Cela ne signifie pas que les instances universitaires aient été démocratiques un jour, mais souligne néanmoins la hiérarchisation accrue des petits technocrates qui appliquent les décisions ministérielles. Ils seront mis à l'écart de tout contrôle démocratique par les étudiants. Ces filières d’excellences pourront tranquillement devenir très coûteuses et se rapprocher des grandes entreprises par la création de filiales (décret n°2008-618, statut du PRES).

Ensuite ce projet vise à la collaboration de certaines filières entre les deux universités pour la création d’axes « d’excellences » (labex) - comme l’axe : « société, faire société, nouvelles sociabilités » associant des géographes, anthropologues, juristes, économistes ou l’axe : « Economie, énergie, environnement, finance ».  Mais alors qu’adviendra-t-il des autres filières classiques dont sont majoritairement composées nos universités?

Pour le comprendre il faut comprendre le contexte de privatisation (loi LRU). Celui-ci vise à rapprocher les universités des entreprises privées et consiste à allouer les fonds aux filières selon la réussite des étudiants et selon leur insertion sur le marché du travail. En réalité cette réussite et insertion des étudiants dépend de la conjoncture économique et géographique de l’emploi dans le secteur, et non pas de l’étiquette marketing du diplôme ! Or, en banlieue, on peut douter que la conjoncture soit toujours favorable. Dès lors, les petites filières hors PRES de nos deux universités de banlieue, considérées comme « non rentables » (histoire, ethnologie, sociologie, langues, lettres, philosophie) risquent de voir leurs budgets continuer à baisser, ou dans certains cas, elle pourront être supprimées ou jumelées au profit du PRES « d'excelence »! Mis à part le droit et l’économie à Nanterre qui peuvent servir directement en emplois La Défense... Mais rien n’empêchera que les budgets soient réduits à St Denis ...

En somme, rapprocher les facs de Nanterre et St Denis permettra à l'Etat de faire des économies sur les filières « non rentables » que l'université le veuille ou non. Or, selon Laurence Faure (sociologue de l’éducation et des inégalités), ce sont ces filières qui avait permis l’ouverture de l’université à un public local, qui est peu familiarisé aux codes de l’enseignement supérieur.  « Après une période de décentralisation et de territorialisation des sites de formation, une phase de reconcentration commence avec la mise en place des PRES ».  En somme en re-concentrant les enseignements, le PRES va encore réduire l’ouverture de l’université aux gens issus des banlieues et des quartiers populaires!

Nous ne voulons pas de cette université là, nous voulons une fac accessible à tous et non asservie à l'économie de marché, nous voulons des bourses et des logements pour étudier!

Des bourses et des logements sociaux pour étudier !
Facs ouvertes aux enfants d’ouvriers et d’immigrés !

Ces transformations élaborées au niveau européen et imposées chez nous à l’aide de la LRU (loi de privatisation, 2007) répondent à une logique de classe, notamment pour servir le bassin de l’emploi selon les besoins du patronat et pour réduire le rôle de l’enseignement à celui de vassal du système économique. (Ce qui est déjà en partie le cas).

L’incapacité du syndicalisme institutionnel (UNEF) à se positionner contre le projet de PRES et contre la LRU révèle son vrai visage, sa direction ne permet pas que l’on s’y oppose. Car ces plans capitalistes et libéraux ne sont pas remis en cause par le PS au pouvoir :
« Les rapprochements entre universités mais aussi entre universités et grandes écoles sont nécessaires. »
« Ce lien entre les universités et leur territoire est essentiel, il devra être renforcé. L'université doit s'inscrire pleinement dans les enjeux propres à son bassin de vie. » (Hollande)

Mais le problème est bien là: toutes les universités n’ont pas le même « bassin de vie », certaines facs, dans des secteurs désindustrialisés par exemple, auront du mal à trouver des partenariats. Les facs aux taux d’insertion faible (dus au chômage) risquent de perdre leurs fonds pour devenir des facs poubelles. L’austérité dictée par le FMI, la BM et l’UE va accentuer ce phénomène en exigeant de réduire les dépenses de l’Etat! Ces cinq prochaines années les masques vont tomber chez ceux qui ne feront qu’appliquer ces plans impérialistes en France. A l’heure actuelle de nombreux étudiants se battent contre ce type de réformes : au Québec, au Maroc, au Chili, et se sont déjà battus ces dernières années en Grèce, Italie, Espagne, France. 


A bas la privatisation ! Retrait du PRES ! Abrogation de la LRU ! 

Qu’elle université voulons nous ?

Une chose est sûre, nous ne voulons pas d'une université à deux vitesses, formant de manière sélective les grands cadres et d'un autre coté les petits larbins d’un système injuste qui nous plonge dans la crise… Une université au service de la bourgeoisie et du patronat qui ferme ses portes aux milieux populaires! Nous n’en voulons pas… Et nous la combattrons !!! Nous voulons une université ouverte à tous et au service du peuple proposant des formations EGALITAIRES. Une université capable de réfléchir sur la société et formant des individus capables de la transformer ! Pour cela, les sciences humaines doivent s’ouvrir, être financées et être valorisées ! Nul besoin de PRES pour développer des partenariats ! Nous ne sommes pas contre tout liaison avec l’économie, mais seulement si celle-ci sert le peuple et lui est utile ! Mais pourquoi financer en boucle les futurs traders et banquiers de La Défense ?! Et valoriser l’université dans ce sens ? Ce dont nous avons besoin - et qui n’en a pas conscience ?- c’est d’une transformation radicale de la société. Pour cela nos facs doivent rester des foyers de réflexion, de résistances et de luttes !
Pour ne pas laisser le terrain à l’extrême droite, renforçons le combat contre la privatisation et l’austérité par des fronts de lutte à la base!

Formations égalitaires! Allocation des fonds selon les besoins !
Flics, banques et patrons hors des facs !


Edito: Cohn Bendit au CA de l’université!
Une trahison bouclée!

Pour gagner sa place dans la mise en concurrence des universités notre université est en quête d’une nouvelle image… Une image plus « innovante » plus « marketing »... Finie l’image de Nanterre la rouge, fac de banlieue, entourée de bidonvilles... A cet effet Paris X Nanterre a été renommée « Paris 10 Nanterre La Défense ». Il fallait qu'elle se rapproche du monde des affaires et de la finance même si celui-ci nous plonge dans une crise générale du capitalisme. Une image qui montre la soumission toujours plus forte de l’université aux intérêts du grand capitalisme. Une image qui marque son soutien aux tenants de la privatisation qui nous est imposée petit à petit grâce à la LRU (loi de privatisation des université, 2007) et l’actuel PRES. Détrompons nous, cette fois ci l’université, munie d’un nouveau président (Mr Balaudé), a voulu jouer la carte de la séduction en invitant au CA (conseil d’administration) de l’université Daniel Cohn Bendit, l’un des leaders de mai 68. Comme pour nous dire: « regardez! Nous sommes ouverts sur le monde, et pas seulement celui des crapules de la défense! Regardez comme les révolutionnaires doivent s’assagir et participer au consensus!». Mais bas les pattes des traites! Nous ne sommes pas dupes!

Doit-on rappeler que l’université est actuellement en voix de privatisation, que les représentants étudiants ont été réduits dans les conseils universitaires et vont encore l’être dans le projet de PRES, au profit de personnalités extérieures. Que les dirigeants de l’université n’ont fait qu’appliquer servilement les réformes exigées par le précédent gouvernement (nullement remis en cause par le nouveau) malgré l’opposition de la majorité de la communauté universitaire et plusieurs grèves? Des réformes capitalistes qui consistent à couper des fonds, à réduire des postes, à trouver des partenariats avec des entreprises privées pour se financer, donnant lieu à des licences professionnelles « BNP Paribas » (ainsi, l’université ne choisit plus le contenu du diplôme mais finance la formation pour une entreprise au profit des patrons, ce qui ne réduit en rien le chômage des jeunes contrairement à ce que véhiculent certains mensonges). L’actuelle mise en place d’un PRES(collaboration étroite avec paris 8 Saint Denis) par les deux universités va dans ce sens. (voir la déclaration de l'AGEN sur le PRES)

La privatisation comme l’austérité est le programme de la classe capitaliste qui nous asservi. A l’heure où les dirigeants de l’université ne font qu’appliquer les demandes libérales de l’Etat et de l'Union Européenne, jouer au révolutionnaire de façade en invitant Conh Bendit au CA est une belle farce... Cohn Bendit na jamais été le révolutionnaire que l’on veut nous faire croire, il s’agissait d’un petit bourgeois anarchiste qui voulait « baiser » librement. Sa trahison est donc sans importance et il vient la terminer en administrant la tour (du Batiment B) que les étudiants avaient courageusement occupée en mars 1968 (événement précurseur du mouvement historique de 1968). Le 12 mai 2012, 100 étudiants de l’université de Saint Denis ont envahi le CA(conseil d'administration) pour protester contre ce projet de PRES, deux d’entre eux ont été interpellés et risquent des poursuites, la voilà leur soit disant démocratie, prête à réprimer quiconque lui barre la route !
Aujourd’hui ce dont nous avons besoin c’est bel et bien d’actions, de manifestations et d’occupations pour combattre la privatisation et les plans d’austérité téléguidés par la bourgeoisie Européenne et sa troika (FMI, BM, UE), cela passe nécessairement par l’organisation à la base. Nous n’avons pas besoin de clowns dans nos conseils pour appliquer les mesures libérales du gouvernement et pour donner une quelconque image à notre université.

Ce dont nous avons besoin aujourd’hui c’est de nous souvenir ce qui a réellement effrayé en 1968 et permis de nombreuses avancées sociales comme des augmentations de salaires, une grève générale reconductible, la solidarité des étudiants avec les ouvriers (manifestation vers Boulogne), la marche vers les bidonvilles, la lutte des étudiants contre l’impérialisme et la guerre au Vietnam! Tout en ne négligeant pas la lutte pour l’émancipation de la femme contre les tenants de l’ordre moral bourgeois.

Le camp révolutionnaire est à reconstruire!
OSEZ LUTTER, OSEZ S’ORGANISER, OSEZ VAINCRE!

"Personnalités extérieures" nommées par le Président
de l'université:
- M. Pierre DHOMPS, représentant du MEDEF ;
- M. Daniel COHN-BENDIT, personnalité désignée à titre personnel.
(RELEVE DE DELIBERATIONS
DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
DU 2 AVRIL 2012)

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 23:26

 

nous-sommes-le-pouvoir.gif

 

Jamais les élections bourgeoises ne changent le

monde, aujourd'hui pas plus qu'hier

 

 

« On peut prévoir que dans les élections au suffrage universel se manifesteront pleinement les illusions et les mythes qui soutiennent l’Etat et dont le peuple est loin d’être débarrassé. Contrairement aux attentes des démocrates et des républicains, on peut prévoir que les hommes traditionnellement  soumis à leurs maîtres et encore incapables de se saisir de leur propre liberté, choisiront pour les représenter leurs propres exploiteurs… » (K.Marx, 1848)

 

«  Le suffrage universel représente l’indice qui permet de mesurer la maturité de la classe ouvrière. Il ne peut être rien de plus, il ne sera jamais rien de plus dans l’État actuel » (Engels, 1895).



 1. Le sens de l'élection présidentielle de 2012

 

Lundi 13 février, le candidat Hollande, qui veut rassurer les marchés et « donner du sens à la rigueur », a déclaré à Londres aux journalistes du journal patronal Guardian's : « Aujourd'hui il n'y a pas de communistes en France… La gauche a gouverné pendant quinze ans, pendant lesquels elle a libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n'y a pas de crainte à avoir. »


Dans cet interview, le candidat favori  de la gauche parlementaire a révélé le secret de polichinelle de l'élection présidentielle d'avril-mai 2012 en France. Dans le cas d'une alternance à gauche (comme ce fut le cas en 1981 et en 1997), le capitalisme financier n'a aucune crainte à avoir. Ni de la part de la gauche modérée et gouvernementale dont la trahison historique est la raison d'être. Ni de la part de ses propres supplétifs et autres rabatteurs de voix. Les écuries du Front de gauche et des trois partis trotskistes (NPA, LO, POI), pseudos-révolutionnaires de la lamentable extrême-gauche institutionnelle, sont comme chacun sait des artisans actifs de la comédie électorale et de ses ralliements honteux. Il s'agira, une nouvelle fois, au nom du « moindre mal », de donner une créance à une nouvelle « gauche plurielle » capitaliste qui pourra commencer ses basses œuvres sous couvert de chasser Sarkozy. Une première conclusion s'impose : un mouvement révolutionnaire ne saurait exister sans rupture avec cette mécanique infernale, Quant à l'absence de communistes (de révisionnistes en fait)1, la petite phrase a fait s'étrangler de rage les tenants du Front de gauche et de son habile illusionniste en chef, l'ex-sénateur socialiste Mélenchon. Pourtant, elle n'est qu'un constat froid. Celui d'un PCF cadavérique, liquidé par Mitterand, totalement rallié à la social-démocratie et aux délices du capitalisme régulé. Le PCF reste soumis aux marchandages électoraux et au bon vouloir du PS, et son journal L'Humanité, triste symbole, est désormais possédé à 20% par Lagardère, TF1 et La Caisse d'Epargne ! 


Revenons à l'essentiel. Le capitalisme financier, responsable d'un désastre planétaire que personne n'ose plus nier, sortira indemne et même revigoré, du moins provisoirement, par l'onction du vote « populaire ». L' expérience historique montre que l'élection, quand elle est organisée par la classe dominante, est un outil majeur dont dispose le capitalisme et l'Etat bourgeois pour balayer les aspirations populaires et redonner une virginité à ses fondés de pouvoir. Les exemples ne manquent pas : Le Coup d'Etat de Napoléon III en 1851 confirmé par plébiscite, la chambre « bleue horizon », les élections qui ont suivi Mai 1968 en France avec De Gaulle, les votes de 2011 qui ont suivi le « printemps arabe » pour mieux l'enterrer en Egypte et en Tunisie, l'élection en 2011 des débris du franquisme rassemblés dans le PPD en Espagne après le mouvement des Indignados. Le vote sous régime bourgeois est une arme contre-révolutionnaire. Le peuple, si nous comprenons par là les masses populaires, ne se trompe pas comme le remarquait déjà Rousseau. Mais par contre il est souvent trompé. Trompé d'abord par une démocratie électorale qui prétend être l'émanation de son pouvoir ( de sa « souveraineté ») alors qu'elle en est la confiscation plus ou moins raffinée. Les élections de 2012 se résument à l'opération rituelle de légitimation du système capitaliste. Selon une formule de Marx, le peuple est invité à choisir quel membre de la classe des exploiteurs foulera aux pieds ses droits dans les années à venir.


Que Sarkozy « dégage » ou pas, pour reprendre les slogans stéréotypés de l'arche croulante du NPA, le rôle de l'élection présidentielle de 2012 sera effectivement de renforcer le consensus autour du capitalisme et de ses solutions à la crise. Il ne peut en être autrement car lorsque le règne de la bourgeoisie n'est pas menacé par des soulèvements populaires orientés par un projet communiste, le régime parlementaire est la forme la plus sûre de la dictature du Capital. A l 'inverse, lorsque son règne est menacé, la bourgeoisie fait alors appel au fascisme, à la dictature ouverte des éléments les plus réactionnaires, une « alternative » pestiférée qui grandit partout aujourd'hui en Europe.


2. Se débarrasser du mythe de la démocratie bourgeoise et du mythe de la gauche pour reconstruire le camp révolutionnaire


Les élections sont en France, pays de vieille « démocratie républicaine »  l'objet d'une sorte de culte païen. On les entoure d'une importance démesurée alors même que l'on sait parfaitement que les changements seront homéopathiques et en tout cas circonscrits à l'intérieur de limites très strictes. Par le processus électoral, on ne peut pas sortir de l'organisation de la production pour le profit, des échanges marchands, de la division du travail, de l'enrichissement personnel, de l'héritage familial et par là même de la reproduction sociale des dominants et des dominés, Les élections dont on nous rabâche qu'elles sont la quintessence de la démocratie sont une formidable opération de manipulation et de mobilisation des masses vers l'impasse réformiste ou conservatrice. En France, l'exemple le plus clair et le plus massif des illusions charriées par la démocratie bourgeoise est assez récent. Le référendum sur le traité européen (TCE) en 2005 a donné lieu à une opposition entre le camp du « Oui », camp de la classe politique dite de gouvernement, relayée par tous les mass médias et les « décideurs » économiques et le camp du « Non » et des « populistes » qui l'a emporté dans les urnes. Les citoyens ont « mal voté ». Pour que les affaires reprennent les partis de gouvernement ignoreront donc ce vote « souverain ». Le contenu du traité sera validé par voie parlementaire, entre « gens biens et raisonnables ». A l'échelle continentale La démocratie bourgeoise de basse intensité est devenue le régime actuel en Europe. Pour preuve, le renversement du gouvernement grec en 24h en novembre 2011 car son chef brandissait la menace d'un recours au référendum sur les mesures antipopulaires imposées par les marchés et l'UE (privatisations, baisse des salaires, démantèlement des protections sociales).


Les grandes figures du socialisme ont bien décrit cette nature de l'Etat « démocratique » sous le capitalisme. Quand une crise aiguë se présente, les masques tombent. Selon Marx et Lénine (L'Etat et la révolution, 1917), la république démocratique est la forme d’État la plus progressiste en régime bourgeois. Or, une telle république est fondamentalement caractérisée par la toute-puissance du capital, de la richesse. Lénine, citant Engels, dit: « Dans la république démocratique... ‘la richesse exerce son pouvoir d’une façon indirecte, mais d’autant plus sûre’. (...) premièrement, par la ‘corruption directe des fonctionnaires’ et deuxièmement, par ‘l’alliance du gouvernement et de la Bourse’." » Puis Lénine conclut: « La toute-puissance de la ‘richesse’ est plus sûre en république démocratique, parce qu’elle ne dépend pas des défauts de l’enveloppe politique du capitalisme. La république démocratique est la meilleure forme politique possible du capitalisme; aussi bien le Capital, après s’en être emparé, assoit son pouvoir si solidement, si sûrement, que celui-ci ne peut être ébranlé par aucun changement de personnes, d’institutions ou de partis dans la république démocratique bourgeoise. »



Comme on le voit, le constat de la crise politique n'est pas nouveau. Il part de la rupture évidente entre les partis constitués de droite ou de gauche et leurs bases : adhérents et électeurs potentiels. En France, les différentes « boutiques » de l'arc politique, du FN aux gauchistes politiquement corrects, s'activent selon leur agenda électoral alors même que certains scrutins comme celui du 7 juin 2009 atteignent 59,5% d'abstentions et même 80% dans de nombreux quartiers ouvriers. La solution apportée par les réformistes de tous acabits définit l'horizon maximal des opportunistes en régime parlementaire. Il faudrait renouveler le contrat fictif (le Contrat Social) qui lierait les citoyens au gouvernement représentatif. De là toutes les recettes concoctées en vue d'améliorer la « démocratie » : du mandat unique au décompte des bulletins blancs, des procédures de démocratie représentative (altermondialistes, Royal, en 2007) aux projets de Constituante (Indignados, Mélenchon, en 2012). En résumé, nos rebelles domestiqués veulent changer le monde par un replâtrage institutionnel sans toutefois toucher au règne despotique de la bourgeoisie impérialiste. Ils feignent d'ignorer que la crise politique n'est pas une question formelle ou morale. Elle est issue, par une série de médiations, de la crise économique. Les institutions qui ont permis l'accumulation du capital ne marchent plus, car elles ne règlent plus les conflits internes à la classe dominante. Celle-ci doit enlever aux masses populaires tout ce qu'elles ont conquis dans la période précédente, Dans cette situation, tous les projets de réforme institutionnelle sont en définitive des drapeaux bariolés dans le champ de bataille où s'affrontent les groupes de la classe dominante.


La question essentielle « oubliée » par tous les tenants de la « gauche » c'est qu'à l'époque de l'impérialisme, il ne peut y avoir que deux types de pouvoir et deux types de politiques différentes. Soit la politique de la bourgeoisie qui cherche à traiter les contradictions entre les groupes qui la composent et à maintenir soumises et divisées les autres classes. Soit la politique de la classe ouvrière qui cherche à dépasser les divisions qu'elle vit et à unir et à diriger les autres classes populaires pour prendre le pouvoir à la bourgeoisie impérialiste. Que la politique bourgeoise soit réformiste ou conservatrice, libérale ou keynésienne, cela ne change rien à l'alternative.  Dans le premier cas, la bourgeoisie impérialiste cherche à pérenniser son système(le capitalisme financier); y compris par le recours au solutions ultimes( le fascisme) pour faire face à ses crises. Dans le second cas, la classe ouvrière dirigée par son parti communiste renversera la bourgeoisie par la force et imposera son alternative historique c'est-à-dire la dictature du prolétariat et la construction du socialisme. Il est vrai que cette distinction entre politique bourgeoise et politique prolétarienne est élémentaire pour tous les révolutionnaires. Mais elle est pourtant brouillée sous l'effet d'un matraquage idéologique et sous les tirs de barrage des « anticapitalistes » secondaires qui remplace les contradictions de classe par la fameuse distinction Droite/Gauche.


La notion de Gauche a une valeur historique incontestable mais elle a connu une évolution dialectique. Le conflit est le père de toutes choses disait Héraclite, La culture politique des combats pour l'émancipation sociale est justement fondée sur la reconnaissance du conflit. Le conflit compris comme expression de la réalité (dialectique) et comme moteur d'avancées historiques (la lutte des classes). Cette culture est issue de toute une séquence historique qui débute au XVIII° siècle en Europe avec l'idée que l'être humain fait, individuellement et collectivement, son histoire contre les conceptions du l'Ancien régime qui déléguaient cette tâche à Dieu ou au roi, sacralisant l'ordre social injuste. Pour les progressistes, les transformations sociales passent par l'action historique collective, par le conflit de classes. Les Lumières, la Révolution française, le mouvement ouvrier socialiste et marxiste, 1848, la Commune de Paris, la révolution russe, la révolution chinoise sont les moments marquants de ce conflit. La notion de Gauche rassemblait tous les partisans de ces événements alors que la Droite regroupait les puissances forces de la réaction, de la droite conservatrice aux fascistes, tous les ennemis des soulèvements populaires et de l'émancipation2. Dans ce sens la gauche sociale-démocrate qui, loin de se battre pour l'éradication des oppressions et la fin de l'exploitation de l'homme par l'homme, préserve les intérêts sociaux du capital dominant est passée avec armes et bagages du côté de la droite. La culture de droite est celle du consensus construit autour de la soumission volontaire de tous à la communauté nationale, au-dessus des classes, au caractère sacré de la propriété privée et à l'expansion impérialiste défendue comme intérêt national. Depuis 1914, la gauche sociale-démocrate a rejoint ce camp, celui de l' « Union sacrée » pour la grande boucherie, celui des pleins pouvoirs donnés à Pétain en 1940, celui des guerres coloniales (Jules Ferry, Guy Mollet, Mitterand ont été et sont toujours les héros de cette gauche), La trahison de la II° Internationale en 1914 a sonné la fin des illusions sur l'unité possible avec les fossoyeurs du mouvement ouvrier. Les séquences de son pouvoir sous la IV° et la V°République n'ont pas inversé ce constat. Désormais, refuser d'être compté dans la gauche, et même jeter aux orties cette notion mystificatrice mâtinée de collaboration de classe, est devenu un impératif pour tout anticapitaliste. Le PCF révolutionnaire des années 1920 et 1930 qui proposait une perspective communiste ne s'est jamais dit parti de gauche. Et pour cause ! Se dire de gauche c'est se dire partie prenante d'un système de gestion du capitalisme.


Depuis 50 ans, l'usure révisionniste du PCF jusqu'à sa liquidation et l'échec des tentatives faites jusqu'à maintenant pour sa reconstruction aboutissent au monopole de fait de groupes bourgeois (partis, syndicats) dans la représentation des masses populaires. Ces groupes utilisent une immense source d'énergie, celle de la résistance des masses comme monnaie d' échange et comme moyen de pression pour trouver leur place dans la contradiction entre les différentes fractions de la bourgeoisie dominante. Cette résistance se manifeste sous mille formes (des soulèvements de la jeunesse des « banlieues » aux mouvements contre les licenciements en passant par la lutte des ouvriers sans-papiers et des mal-logés). Le seule solution pour que cette résistance ne soit pas trahie c'est la reconstruction du camp révolutionnaire.


Participer aux élections aujourd'hui, c'est empêcher qu'émerge une force révolutionnaire autonome. Certes, la participation obligatoire ou le boycott systématique des élections ne sont pas en eux-mêmes des principes révolutionnaires. En réalité, les marxistes n'excluent aucune forme de lutte. Mais faire de la défensive une politique (selon le mot d'ordre « défendre le ou la candidate anti-libéral(e) pour reconstruire une aile anticapitaliste ») c'est une position inévitablement réactionnaire. Il ne s'agit pas de savoir si un parti révolutionnaire, celui du prolétariat comme l'ont défini Lénine (dans Que faire?) ou Mao (les trois armes de la révolution), doit ou non s'emparer de la tribune parlementaire. Il s'agit en France et aujourd'hui de (re)construire un quartier général qui pose la question de la destruction du capitalisme et du passage de la résistance des masses populaires à la victoire. Pour commencer il faut se démarquer de tous les courants qui consolident l'ordre existant.


 

 

3, Comprendre les quatre courants dominants la scène électorale en

France

 

Les partis représentent des classes sociales

 

Dans cette ébauche des forces politiques françaises partisanes du régime parlementaire nous partons d'un préalable. Pour les marxistes, les partis et les mouvements politiques représentent des classes et des couches sociales. Analyser une force politique c'est comprendre quel intérêt de classe elle défend.

 

Il faut toutefois différencier la base sociale du parti des intérêts défendus. Prenons trois exemples. Les partis de la IIème Internationale (les ancêtres des PS européens) étaient dans les années 1900-1940 les champions de la petite-bourgeoisie et de l'aristocratie ouvrière bien que leurs membres et leurs électeurs provenaient majoritairement des masses prolétariennes.En Allemagne, la base sociale et électorale du NSDAP, le parti d'Hitler, était composée massivement par des membres de la petite-bourgeoisie frappée par la crise. Pourtant le régime nazi, en débutant dès 1933 par la destruction physique de la gauche allemande et des syndicats ouvriers, a été l'expression la plus brutale des trusts allemands et des Junkers et de la haute bourgeoisie. En France, le PCF qui était le parti de l'ensemble de la classe ouvrière et de la révolution est aujourd'hui le représentant de la couche corrompue du mouvement ouvrier. C'est le PCF des couches issues du secteur nationalisé, para-public, des grands groupes privés et de la bureaucratie syndicale qui ont dévoyé les conquêtes sociales en rentes de situation.

 

Autre aspect d'une analyse marxiste de la politique : la démocratie n'a pas le même sens pour les dominants et pour les dominés. Il ne peut exister de rapports démocratiques entre ceux qui voient le capitalisme comme un horizon indépassable et ceux pour qui le capitalisme est une vallée de larmes où les lois du marché règlent au quotidien un enfer terrestre.

 

Aujourd'hui, les partis politiques s'apparentent à des entreprises de service à disposition d'un champion électoral et non plus à de larges regroupements de masse. Pour autant, les partis, c'est-à-dire les organisations qui visent à exercer le pouvoir d'Etat, représentent et portent des objectifs différenciés liés aux couches sociales qui les soutiennent. Lénine synthétise cela de la façon suivante : « Les masses sont divisées en classes, les classes sont représentées par des partis, et les partis sont dirigés par des chefs », Attention au contresens. Les partis ne représentent pas la seule pensée, ni même la pensée moyenne ou majoritaire d'une classe ou d'une fraction de classe mais ils sont la conscience organique et systématique de classes et de fractions de classes. La phrase de Lénine signifie qu'une classe qui élabore une théorie en partant de ses intérêts, qui élabore des objectifs et des méthodes de lutte, devient une force consciente de la lutte politique. La lutte pour le pouvoir devient alors possible,

 

Pour comprendre la lutte politique il faut aussi comprendre ce qu'est l'Etat. L'Etat est né comme corps armé des propriétaires, comme monopole de la violence organisée par la classe des propriétaires et non comme pacte entre citoyens égaux. Il est le reflet d'une division économique de la société entre dominants et dominés. Lorsque l'Etat sert l' « intérêt général » du capitalisme c'est qu'il concilie les intérêts des différents groupes de la classe dominante (la bourgeoisie impérialiste) et qu'il soumet ou contient le mécontentement des classes populaires, Or, la bourgeoisie impérialiste est divisée entre différents groupes qui se déchirent pour décider qui, parmi ces groupes, représente le mieux « l'intérêt national », c'est-à-dire qui saura le mieux concilier les intérêts de la classe dominante mais aussi soumettre les dominés. En l'absence de parti révolutionnaire, cette lutte politique, représentée en particulier par l'élection présidentielle, consiste uniquement à mobiliser les masses populaires pour changer la donne au profit d'un des groupes de la bourgeoisie impérialiste.

 

Cette situation d'hégémonie bourgeoisie sur la scène politique ne doit pas pour autant rendre défaitistes. Les points de faiblesse de la classe dominante sont très nombreux. On le voit quand elle est contrainte de chevaucher le mécontentement des masses et d'en appeler « au peuple » comme le font tousles prétendants de l'élection présidentielle. Mais, en définitive, comme le montrent toutes les révolutions du XX°siècle, sans parti révolutionnaire il ne peut y avoir de révolution, L'idée qu'il faut rejeter la formeparti est la maladie infantile et la marque d'impuissance de nombreux mouvements contestataires actuels, La vogue récente des « mouvements horizontaux » qui aspirent à la fin du règne du capitalisme mais qui en même temps refusent la forme parti,ne contredit en rien cette analyse. Au contraire, leur refus de la forme parti signifie au final l'acceptation du monopole bourgeois du pouvoir.

 

Les mouvements protestataires de 2011 comme celui de Grèce et celui des Indignésde Madrid, de New-York ou d' Oakland, ont porté l’espoir d’une société radicalement nouvelle. Pour la première fois depuis des décennies, l'idée d'une abolition du capitalisme animait les esprits. Mais il est évident aussi que ce sont des mouvementssans colonne vertébrale idéologique (« on ne sait pas ce qu'on veut mais on sait ce qu'on ne veut pas »), hantés par le spectre de la récupération, incapables de recueillir l'expérience des luttes et d'en élaborer des objectifs. A ce titre, la célébration tonitruante de la spontanéité pure et de la désorganisation qui a accompagné le « printemps arabe » était ambiguë. Vif enthousiasme devant la force éruptive des masses ? Non. Applaudir des révoltes qui ne peuvent être des révolutions, c'était pour la bourgeoisie impérialiste saluer la perpétuation du pouvoir des classes dominantes dans les semi-colonies du monde arabe.

 

Revenons aux forces politiques qui occupent la scène électorale française. Au regard de l'histoire du XX° et du XXI° siècle débutant il semble que les forces politiques pourraient se diviser assez simplement en forces fascistes, conservatrices, réformistes/sociaux-démocrates et révolutionnaires, Ce qu'il faut toutefois noter c'est que les révolutionnaires sont absents de la scène électorale, Par contre, les réformistes se divisent entre un courant qui défend ouvertement le consensus capitaliste (les réformistes sans réformes du PS) et un courant réformiste « radical » (la gauche de la gauche) qui prétend vouloir l'amender. Cette amélioration passerait soit par des élections (c'est « l'insurrection citoyenne » de Mélenchon), soit par des « mouvements sociaux » post-électoraux (c'est le « troisième tour social » des trotskistes). Ces options ne correspondent pas à la situation de crise générale du capitalisme. Elles ne peuvent pas aboutir à une victoire progressiste face à la puissante mobilisation réactionnaire des masses.

 

Quels sont aujourd'hui les principaux types de courants ou de forces dont dispose la bourgeoisie impérialiste en France ?

 

La droite décomplexée

 

La droite française domine la vie institutionnelle depuis au moins 10 ans c'est-à-dire depuis l'élection plébiscitaire de Jacques Chirac en 2002 avec 82% des voix. Si cet épisode semble si éloigné c'est que la configuration politique a beaucoup changé. La droite classique, gaulliste et libérale, auréolée d'une victoire à la Pyrrhus, a sombré au profit d'une droite qui a jeté les « bonnes manières » aux orties. Nous ne parlons pas ici des bizarreries psychologiques de Sarkozy et de sa bande, du bling-bling tapageur, des actions incohérentes, des propos vulgaires, minables, insultants « qui rabaissent la fonction présidentielle »diffusés en boucle par la sarabande scintillante des médias qui raffolent du personnage, de son ascension et de sa disgrâce. Des travers d'ailleurs avoués et excusés par ses partisans qui préfèrent l'image de « l'homme pressé qui prend rapidement des décisions fortes ». Cette dimension est divertissante et elle fait diversion. Les « nouvelles » plus ou moins insignifiantes ou carrément inventées, la mise en scène de la politique-spectacle, couvrent les conflits et les intérêts réels. Car la mission assignée à Sarkozy, comme gestionnaire de la crise du capitalisme, a consisté depuis 2007 au moins à démanteler ou à réduire radicalement « l'Etat social » issu des conquêtes ouvrières (retraites, santé, éducation, etc), à diminuer les revenus (destruction des emplois, hausse des impôts), à réduire tout ce qui freine l'exploitation et l'oppression. Le gouvernement français ne prône-t-il pas le « modèle allemand », c'est-à-dire celui dans lequel 30% des travailleurs gagnent moins de 640€ par mois ? La droite UMP représente les intérêts des secteurs financier, bancaire, industriel, des gros propriétaires agricoles, le secteur de l'immobilier, des assurances, les cadres supérieurs des entreprises capitalistes, les grands rentiers.La droite décomplexée ne change pas quant à ses objectifs mais dans ses méthodes elle évolue. Comment compte-t-elle masquer son soutien au système financier en crise, aux plans d'austérité et sa guerre non déclarée contre les masses populaires ? En renforçant la ligne qui a présidé aux lois scélérates depuis 5 ans : persécuter les catégories victimes de la crise et appauvries et les faire passer aux yeux des « français normaux »pour des profiteurs qui abusent des bienfaits de la France sociale et tolérante. Les ouvriers étrangers, la jeunesse délinquante et en général celle des quartiers populaires, les chômeurs de longue durée sont toujours les cibles de choix. Sarkozy a ainsi lancé sa campagne électorale en désignant les chômeurs et les immigrés comme des problèmes sociaux à régler par voie référendaire, Les deux référendums servant à passer au-dessus des « corps intermédiaires », à prévenir des protestations éventuelles des syndicats et des masses populaires. La campagne a continué, en février 2012, toujours par le tapage de cette droite « fière de ses valeurs », avec la désignation des gens des civilisations « inférieures »comme des éléments inassimilables avec la République. Mais aussi par la polémique d'apparence si étrange sur la nourriture « halal ». Autrement dit, le danger si proche (car intérieur) d'une invasion culturelle voire cultuelle par des musulmans hirsutes et fanatisés. Il ne faut pas être trop regardant sur la contradiction criante entre cette prétendue « croisade  laïque » et le dernier « haut fait » de guerre ou plutôt de rapine internationale orchestré par l'impérialisme français. En l’occurrence, le bombardement de la Libye avec la mise en place de nouveaux alliés : des bandes armées fascistes arborant le drapeau inusable de l'islam politique. Mais le vrai problème ne consiste pas dans la montée d'une pulsion phobique face à l'immigration, qui viendrait du haut et non du bas de la société. Le centre névralgique de la politique actuelle est tout simplement de servir cyniquement le capital en arguant qu'il n'y a pas d'autre système possible et que les intérêts des « investisseurs » se confondent avec l'intérêt général, Le 10 mai 2010, Sarkozy annonça que, par souci de rigueur budgétaire, une aide exceptionnelle de 150 euros aux familles en difficulté ne serait pas reconduite.Le même jour, eu lieuune nouvelle injection de 750 milliards d’euros dans le système bancaire, une manne qui permit aux actionnaires de la Société générale de gagner d'un coup 23,89 % sur leurs actions. Il faut alors désigner d'autres « parasites » que les rentiers pour se présenter en « candidat du peuple ». La droite décomplexée a été ces dernières années un élément dynamique de la réaction. Elle permet d'envisager pour la bourgeoisie une nouvelle option en France déjà réalisée ailleurs en Europe : la préparation idéologique d'une jonction politique avec des groupes fascisants.

 

Le courant fascisant

 

Le fascisme n'est pas un simple synonyme de racisme institutionnel et de répression dictatoriale d'Etat. Ce sont là des traits qui peuvent être communs à nombre d'Etats bourgeois y compris libéraux (La France pendant la guerre de libération de l'Algérie par exemple). Le fascisme est une politique terroriste de la fraction la plus chauvine et la plus militariste de la bourgeoisie impérialiste (définition de Georges Dimitrov lors du VII° congrès de l'Internationale Communiste). Une politique terroriste mise en place suite à des crises politiques dans des Etats d'exception pour trouver une issue à la crise générale du capitalisme et contrer la menace d'une révolution prolétarienne. C'est un recours ultime auquel ne se résout la classe dominante qu'en dernier ressort pour sauver son ordre économique « dans la boue et le sang ». Le fascisme reste une des options possibles du capitalisme en crise générale. Lutter contre la tendance au fascisme est donc une nécessité absolue aujourd'hui. Mais il faut dénoncer comme une autre peste l'antifascisme patronal qui propose le maintien du système comme solution. La bourgeoisie de gauche a ainsi hurlé au risque de fascisme dans les années 1980 en se prétendant être un rempart à la montée électorale du FN. Cette instrumentalisation du sentiment antifasciste a désarmé durablement les masses populaires dans le combat nécessaire contre leur « pire ennemi ». Au pouvoir, la « gauche » a même repris sans vergogne certains des thèmes ou des analyses du FN. Surtout, tous les partis sociaux-démocrates ou révisionnistes sont passés au pouvoir et ont appliqué toutes les mesures anti-populaires voulues par le capital. Ils ont ainsi ouvert un boulevard au développement des thèses actuelles du FN et des courants identitaires.

 

Pour ce qui est de la propagande raciste contre l'immigration et l'islam ces thèses ne sont pas nouvelles même dans leurs nouveaux habits « féministes » et « laïques ». Les mêmes bobards sur l'immigration qui ruine la France sont balancés comme une évidence3. L'Etat policier est lui aussi toujours le projet avancé par le FN avec le droit de tuer pour la police, le rétablissement de la peine de mort, l'interdiction des syndicats pour les corps d'Etat. Par contre, le FN a changé de discours économique en dénonçant « l'ultralibéralisme »comme une idéologie commune à la droite et à la gauche institutionnelles, « l'idéologie d'une classe dominante internationale mondialisée ». Marine Le Pen accompagne sa dénonciation rituelle de l'immigration comme source d'insécurité et de terrorisme (elle assure aux français qu'il existe des« des bateaux entiers de Mohamed Merah aux portes de l'Europe » en s'appuyant sur le tueur de Toulouse) par un lamento sur « la concurrence sauvage entre travailleurs », la formation de « ghettos » et« l'esclavage moderne »que subissent les travailleurs immigrés. Sa phraséologie à connotation sociale s'arrête bien entendu devant l'unité d'intérêt et la solidarité de classe qui est la seule arme dont dispose les ouvriers de toutes nationalités. Néanmoins, Marine Le Pen prône la réindustrialisation, le protectionnisme, la sortie de l'Euro, un Etat interventionniste qui mette « au pas la finance et la spéculation ». Elle propose même la hausse des salaires (200 €), une première pour un parti apôtre de la libre entreprise depuis sa création. Comment comprendre cette récupération d'un discours de gauche ? Le tour de passe-passe sur les salaires est éclairant : il consiste à prendre les 200€ sur les cotisations sociales ce qui ne coûtera rien au patronat et ce qui constitue un simple transfert du salaire différé (retraites, santé) au salaire direct. Il n'y aurait aucune redistribution des richesses. Mais on ne peut ignorer le reste du jargon à prétention « anticapitaliste ». Il s'agit bien sûr de séduire l'électorat ouvrier (non pas les 30% ouvriers, souvent des petites entreprises et de l'artisanat, qui votaient déjà à droite mais les ouvriers dont les traditions de solidarité ont été détruites par le chômage et la précarité). Il s'agit aussi d'un rapprochement avec le modèle fasciste historique, de la défense d'un capitalisme national. Le blog Servir le peuple rappelle ce que signifie le pseudo-anticapitalisme des courants fascistes :

 

 L'"anticapitalisme" dont il peut parfois se parer, par un discours contre la "banque" ou la "finance", contre les "gros", les "nantis" et autres "élites" (surtout intellectuelles), se situe dans le prolongement de deux traditions ultra-réactionnaires du 19e siècle, déjà décrites et dénoncées par Marx et Engels :


- le "socialisme" féodal et clérical, dénonçant le capitalisme... car celui-ci a remis en cause la position sociale de l'aristocratie et du clergé (il dénonce alors un "monde sans valeurs", "tout pour l'argent", alors que l’Église et la noblesse d'autrefois "protégeaient les faibles") ;

 

- le "socialisme" petit-bourgeois, "socialisme" de la petite et moyenne bourgeoisie (ou paysannerie) écrasée par le Grand Capital, regrettant l'époque "protectrice" des corporations. L'un comme l'autre tendent bien sûr à l''antisémitisme ; l'irruption des Juifs dans l'économie nationale (avec leur émancipation par les révolutions bourgeoises) étant pour eux indissociable et emblématique des "malheurs de l'époque", d'un monde qui "fout le camp" avec la disparition de la société immuable des privilèges et des corporations... [Cet antisémitisme ne peut plus être aussi explicite aujourd'hui, mais les mêmes ressorts apparaissent en filigrane dans la dénonciation des "élites mondialistes", de l'"hyper-classe" et des "lobbies" etc.]

 

-La dénonciation de "la banque", des "financiers", de l'"hyper-classe" etc. (toujours avec "le Juif" en filigrane) rejoint l'"insurrection" du Grand Capital contre sa propre crise générale, qui est une surproduction absolue de capital ; elle rejoint la nécessité d'une "caporalisation" de l'économie capitaliste et d'une réorganisation complète de la société pour fonder une nouvelle base d'accumulation, pour lutter contre cette surproduction absolue ».

 

Nous ajoutons que la défense de l'impérialisme français, la défense du rang du capitalisme français dans le monde est un point commun de tous les partis bourgeois fascistes ou « démocratiques ». La lutte antifasciste ne peut se mener que sur une base anticapitaliste.

 

La gauche « sérieuse »

 

Chaque échéance électorale, chaque passage au pouvoir de la gauche parlementaire, montre à quel point elle est l'ennemie des classes populaires. Depuis 1981 elle a été en pointe pour la dérégulation financière, la rigueur, les privatisations, la répression des grandes grèves dans l'automobile, l'acier ou le charbon au début des années 1980, l'apologie de l'Europe impérialiste, les guerres néocoloniales, la mise en avant du FN qui posait « les bonnes questions » selon Fabius, l'ancien premier ministre PS. Ce n'est pas Sarkozy qui a présenté les ouvriers de Renault et de Peugeot comme des « musulmans étrangers aux vrais problèmes de la France » mais Pierre Mauroy du sinistre PS.

 

Hollande est l'héritier de ce courant qui s'est totalement retourné contre le mouvement ouvrier. Sa candidature « normale » signifie qu'il faut selon lui gérer le capitalisme avec les outils classiques, le consensus entre parlement et syndicats par exemple, pour faire avaler les pilules de l'austérité sociale. Il ne propose même pas de redistribuer les miettes de l'impérialisme comme le proposait traditionnellement la sociale-démocratie. Faute de remettre en cause le capitalisme, il suit le courant en dénonçant verbalement la « finance » dérégulée Il a déclaré lors de son premier meeting de campagne le 22 janvier 2012 :

 

"Dans cette bataille qui s'engage, mon véritable adversaire n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature et pourtant il gouverne. Cet adversaire c'est le monde de la finance."

 

Une déclaration qui se veut fracassante mais qui est totalement vide, fausse et sans conséquence. Les marchés (l'ensemble des banques d’investissement, de compagnies d’assurances, de fonds de pension et de fonds spéculatifs ) peuvent dormir tranquilles. La seule proposition PS pour combattre cet hydre qui ravage la planète est indolore : une agence de notation publique, quelques taxes de régulation et l'ajout du mot « croissance » dans les traités européens qui organisent le démantèlement social (la même chose avait été demandée et obtenue en 1997 par Jospin pour le traité d'Amsterdam). Des mesures d'accompagnement et d'encadrement a minima car le candidat socialiste doit être « crédible » c'est-à-dire qu'il doit respecter les prétendues nécessités de l'économie capitaliste. Que défendent les socialistes ? Le remboursement de la dette illégitime, le respect absolu de la propriété privée, le soutien à toutesles expéditions militaires impérialistes, la liberté de licencier ou de délocaliser. Bref, le PS et ses satellites sont les supplétifs de la droite, des défenseurs inconditionnels de l'ordre existant.

 

La gauche de la gauche

 

Un loyal « serviteur de l'Etat », un fervent défenseur de Mitterand, un ex-sénateur socialiste de 1986 à 2009, un ex-ministre peut-il devenir un « tribun du peuple » qui hurle « le rouge est de retour » ? La scène politique bourgeoise réalise ce miracle à la Protée. Mélenchon, un « défenseur du peuple » bien inattendu, a lancé la « révolution citoyenne »et réveillé le cadavérique PCF. Il dénonce les méfaits des institutions auxquelles il participait hier, il donne du souffle au mécontentement populaire avant de le monnayer et de réintégrer le rang comme le veulent les éternels accords électoraux avec le PS. La candidature Mélenchon éclaire sur ce qu'est devenu le PCF. Des années 1920 aux années 1950-1960, le PCF (SFIC) a représenté l'alternative révolutionnaire etune histoire glorieuse. Il reste le seul Parti qui a organisé les masses populaires en proposant des solutions révolutionnaires, qui s'est opposé à l'injustice, aux affairistes, aux fauteurs de guerre, au nazisme, au racisme, aux guerres coloniales et à la compromission avec le système. Mais alors, il défendait le socialisme c'est-à-dire la direction de la société par la classe ouvrière, la socialisation des moyens de production et la dictature du prolétariat. Puis le PCF s'est dissous dans la démocratie française et il a abandonné sa lutte contre la sociale-démocratie. Avec la crise de ses « bastions ouvriers » dans les années 1980 il a sombré dans la bouillie altermondialiste. La facilité déconcertante avec laquelle le PCF s'est livré au bonimenteur réformiste Mélenchon est l'aboutissement d'une évolution : de sa collaboration gouvernementale de 1997/2002 à sa définition actuelle comme pôle anti-libéral (soutien au Non au Traité constitutionnel européen et aux luttes défensives). Sa mystique actuelle est issue d'un rapport non-critique à la révolution française de 1789-1993 et d'une ignorance de la Commune avec pour résultat d'idolâtrer la « République » comme Etat au-dessus des classes. Le discours sera donc citoyenniste, chauvin, nationaliste, et son « anticapitalisme » limité dans ses critiques à la « finance » et non à la propriété privée. L'évolution du PCF a tué dans les masses populaires la confiance qu’une fois bien organisées, elles pourraient changer le monde. L'illusion Mélenchon créera une nouvelle désillusion. Notamment lorsqu'il affirme que la seule arme du « peuple » est l'élection bourgeoise et que l'ennemi n'est qu'une poignée de spéculateurs et non un système dirigé par une classe. Mais il faut reconnaître que sur la scène publique Mélenchon a été le seul en France à désigner le peuple français comme un peuple généreux et solidaire et non comme un conglomérat transi dans la peur, effrayé par les pauvres et les étrangers. Il a été aussi le seul à tenir un discours de fraternité avec le peuple algérien (à l'occasion des 50 ans du cessez-le-feu) et à démonter les arguties nauséabondes de la vague de haine anti-musulmans. Les audaces dans les solutions proposées à la crise sont toutefois bien limitées. Les futurs sièges de ministres sont à ce prix. Là aussi l'essentiel réside dans quelques taxes sur le capital. De la prophylaxie réformiste. Le Front de Gauche joue aussi la petite fable du bon capitalisme industriel et du méchant capitalisme financier. Mais le changement attendu par les masses populaires n’a rien à voir avec le fait de « mieux employer le profit »ou avec un meilleur « financement du budget de l’état »mais avec la question du pouvoir, dans son sens le plus fondamental. Nous ne voulons pas taxer les financiers et les multi-milliardaires – nous avons besoin de nous défaire de leur pouvoir en les expropriant. Nuance.

 

L'autre pôle « vraiment à gauche » voire « communiste » (comme se présente désormais Lutte Ouvrière) c'est la caravane du trotskisme à la française qui a toujours servi d'appendice radical à la sociale-démocratie4 : LO, le Nouveau Parti Anticapitaliste (ex-LCR) et le Parti Ouvrier Indépendant (ex-PT, ex- OCI). Ces groupes de l'extrême-gauche institutionnelle ont récolté de nombreuses voix ses dernières années :5,3% en 1995, 10% en 2002 et encore 5,75% en 2007. Ils ont gagné à leurs yeux leur légitimité dans le jeu électoral bourgeois. Au bénéfice de qui ? A part le financement par l'Etat obtenu par ces trois groupes « révolutionnaires » quel est l'enjeu pour les masses populaires ? Ces groupes évitent de répondre à la question car leur stratégie électoraliste a échoué tout comme leur tentative de concurrencer le PCF. Ils ne se fixent pas pour objectif la conquête du pouvoir par la classe ouvrière et l'instauration du socialisme. Cette situation s'est révélée sous les feux de la rampe médiatique lorsque Poutou, candidat du NPA, a étalé l'absence de perspective idéologique et politique de son courant :

 

- « Vous voulez tuer le capitalisme ? »

- « Oui, nous on pense qu'il faut remplacer le capitalisme »

-Vous voulez le remplacer par quoi ?

-Ben, ça on sait pas trop encore. Ce qu'on sait c'est que le capitalisme tel qu'il fonctionne ça ne peut pas aller »5

 

En aucun cas ces diverses chapelles et leurs « plans d'urgence pour les travailleurs » ne sont des écoles du communisme. Le vote pour les trotskistes n'est pas révolutionnaire, sans être pour autant dénué de sens. Il est tout au plus un vote pour une meilleure répartition des richesses. Le NPA n'a pas de synthèse différente et supérieure à ce qu'était la LCR. Sa ligne est la même : être la « vraie gauche » et peser sur les sociaux-démocrates, il est traversé par des courants hétéroclites du réformisme radical dans lesquels règne la confusion idéologique et le rejet viscéral de la petite-bourgeoisie pour l'organisation communiste et les expériences réelles de révolutions (URSS, Chine, et à l'heure actuelle les mouvements maoïstes de guerres populaires en Inde ou aux Philippines). Le POI aspire à rassembler la frange anti-européenne du mouvement ouvrier. Il s’est choisi comme devise «  Pour le socialisme, la République et la Démocratie ». Comme le Front de Gauche, Il veut une VIème république basée sur le programme du CNR de 1945, avec le mot d'ordre d' « Assemblée Constituante ». Or, une Assemblée qui n'est pas issue d'un mouvement révolutionnaire n'a pas de portée puisqu'elle repose sur le système parlementaire actuel. Le POI est un parti de fonctionnaires (enseignement, collectivités locales, impôts, police) et d’employés qui occupent des places dans l’appareil syndical de FO, sans forcement y développer un courant révolutionnaire « lutte de classes ». Son positionnement est quasi exclusivement en défense des services publics et des valeurs républicaines voire « nationalistes ». LO est le seule groupe trotskiste a être bien implanté dans le monde ouvrier et justement LO n'est qu'ouvriériste et syndicaliste. Son fonctionnement basé sur des« bulletins d’entreprises » permet une dénonciation de l’exploitation et des injustices dans les boîtes. LO dénonce le patronat mais pas la bourgeoisie et son système d'Etat. LO critique la gauche capitaliste et appelle à voter pour elle ou comme pour les dernières élections municipales, elle fait liste commune directement avec le PS. LO propose une amélioration du capitalisme par le « contrôle ouvrier »selon un vieux mot d'ordre trotskiste. Selon LO, L'Etat bourgeois pourrait servir les masses populaires : « sous le contrôle réel de la collectivité, pourrait intervenir beaucoup plus dans l'économie pour régulariser la production ». Son mot d'ordre est celui de toute l'extrême-gauche : « il faut prendre l'argent là où il est ». C'est un mot d'ordre syndicaliste mais en aucun cas révolutionnaire car l'alternative n'est pas une question de répartition des richesses mais davantage une question de propriété et de pouvoir de classe.

 

Finalement la question à poser à ces groupes est la suivante : que veut dire la conquête révolutionnaire du pouvoir ? Est-elle le fruit de « mouvements sociaux », d'une « grève générale » ou d'un « gouvernement ouvrier » réformiste comme le pensent les courants qui dominent l'extrême-gauche française depuis plus de 30 ans ?  Ou est-elle la nécessaire organisation par les Communistes  des "trois armes magiques de la révolution"- c'est-à-dire le parti communiste, le front populaire et l'armée rouge afin d'affronter politiquement, militairement et idéologiquement, toutes les forces coalisées de la bourgeoisie impérialiste ?L'histoire des expériences révolutionnaires réelles a répondu à cette question. La stérilité complète des «petits partis anticapitalistes» et électoraux donne à sa mesure une autre réponse éloquente.

 

Reconstruire le camp révolutionnaire, c'est refuser l'électoralisme !

 

Participer à l'élection du président de l'impérialisme français, c'est renforcer l'impérialisme ! 

 

 

Avril 2012

 

 

1Pour le mouvement communiste, le révisionnisme moderne désigne le courant qui a pris la direction de presque tous les partis communistes créés par la première IC, qui a trahi en théorie et en pratique tous les principes du marxisme-léninisme et qui a transformé les PC en leur contraire. Le révisionnisme moderne a été la force principale de la corrosion de l'ancien mouvement communiste. En URSS depuis les années 1950 avec Khrouchtchev et en Chine avec Deng Xiaoping depuis les années 1970, les révisionnistes modernes ont été les promoteurs de la restauration pacifique et graduelle du capitalisme. En France et en Italie, où il y avait les deux plus puissants PC des pays impérialistes, ils les ont transformés en partis réformistes.

2. Les notions politiques de Droite et de Gauche sont issues de la révolution antiféodale de 1789. Il s'agit d'une décision de comptage : « Faut-il un droit de veto pour le Roi dans la nouvelle Assemblée Constituante ? ». Les partisans du roi se sont rangés à droite de l’assemblée, les républicains se rangeant à gauche.

3. En réalité en 2009 les immigrés ont reçu 47,9 milliards d’euros en retraites, santé, allocations chômage et familiale, édu­cation. Par contre, ils ont alimenté à hauteur de 60,2 milliards le budget de l’Etat et de la Sécurité sociale. Soit un solde positif de 12,4 milliards.

4. Les organisations ont appelé au « vote » et au « soutien critique «à tous les gouvernement de la gauche réformiste. La LCR et l'OCI ont été des pépinières de cadres de la social-démocratie: Jospin, Cambadélis, Mélenchon, David Assouline, Benjamin Stora, pour l'OCI ; Jullien Dray, Edwy Plenel, Michel Field, Henri Weber pour la LCR.

5RMC-BFM TV le 6 mars 2012, Philippe Poutou interrogé par J.J Bourdin

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 17:36


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Les étudiants doivent choisir leur camp!

 

Face à la privatisation et l'austérité, qui vont de pair avec une crise générale du capitalisme, la jeunesse étudiante doit se positionner! Doit-on être les larbins passifs d'un système qui nous écrase ou chercher l' issue?

 


Sur notre université les étudiants ont déjà su se positionner ces dernières années face aux politiques libérales et capitalistes. Notamment lors de deux grèves en 2007 et 2008 contre la privatisation de l'université et son décret d'application: la LRU (Loi sur les Libertés et les Responsabilités des Universités). Un mouvement qui fut stoppé en 2007 par l’envoi des forces de l’ordre sur l’université (vidéo sur you tube) et par la trahison de l'UNEF... Depuis, nous ne pouvons que constater les conséquences néfastes de cette loi : des diplômes payants (ex : magistère d’histoire socio à 900€), laboratoires de recherches appauvris, les enseignants arrivés à la retraite ne sont pas remplacés... Bien que la LRU et la "masterisation" des concours soient passés en force, nous continuons à nous y opposer. Car ces mesures ne font qu’accentuer gravement la sélection et la ségrégation sociale à l'université.

 

Cette privatisation dictée sous l'égide de l'union européenne prévoit « l'autonomie » financière des établissements et la création de « pôles d'excellences ». Résultat: des universités comme Nanterre qui accueillent des étudiants de toutes origines ont vu leurs budgets réduits alors même que la demande d'inscriptions augmentait. Des postes ont été gelés et des chargés de TD ne sont pas renouvelés. L'université va devoir refuser de nombreuses inscriptions, augmenter ses frais d'inscriptions, fermer ou jumeler les filières jugées « non rentables » et trouver des partenariats avec des entreprises privées, au plus grand bonheur des multinationales de la Défense. Ainsic'est l'accès à tous à l'université qui est encore réduit et son indépendance critique vis à vis du monde économique qui est sacrifiée sur l’autel du bénéfice et de la rentabilité.

 

La privatisation de l'université s'accompagne d’une privatisation du service social et du logement étudiant. A défaut de construire des cités-u sociales, nous voyons depuis plusieurs années pousser comme des champignons des logements étudiants privés. On a pu voir alors une augmentation exorbitante des loyers. En 2011, 21 CROUS sur 26 ont connu des baisses de leurs subventions par l’Etat. Le CROUS doit récupérer de l’argent sur le dos des étudiants. En ce qui concerne les anciennes cités-u publiques comme celle de Nanterre, une chasse au pauvre s’opère (expulsions en pleine trêve hivernale en 2011, augmentation de 72% du loyer en cinq ans, préférence nationale…). Le Resto U ferme désormais ses portes le soir car « trop cher ». Les bourses sont totalement insuffisantes et un étudiant sur deux est obligé de se salarier au détriment de ses études! Les plus pauvres sont écartés de l'université et la sélection sociale s'aggrave.

En ce sens nous dénonçons également la trahison des syndicats institutionnels type UNEF et l'opportunisme qui consiste à faire croire que les étudiants gagnent des victoires en se contentant de voter aux élections universitaires. Ils font ainsi croire à la victoire en récupérant les miettes données par Sarkozy alors que la situation est désastreuse! Ce chemin ne fait qu'ouvrir la voix à la réaction, à l'extrême droite et aux syndicats « jaunes » comme le MET (droite universitaire) qui ont fait une percée aux dernières élections universitaires.

 

Des réformes « accidentelles » ou idéologiques?

Ces réformes ne sont pas le simple avatar de ministres dégénérés, ce sont des plans élaborées par la classe au service du capitalisme et de ses propres intérêts, la bourgeoisie Européenne, qui cherche à démanteler le service public et les acquis sociaux obtenus de hautes luttes (enseignement gratuit, retraites, hôpitaux, sécurité sociale, chômage). Autant de marchés qui sont ou seront récupérés par les banques et les grandes entreprises (fonds de pensions, etc). Ces plans sont imposés sous la pression des « marchés » et leurs larbins, avec l'appui du FMI et de la BM. Cette privatisation a par exemple été imposée à la Grèce en échange de taux d'intérêts plus faibles, contre le propre choix de son peuple.

 

Les étudiants doivent choisir leur camp. Soit nous nous positionnons contre ce saccage au coté des peuples, soit nous laissons faire la bourgeoisie assoiffée de profit qui nous dessine misères, chômage et guerres impérialistes! Les prochaines élections présidentielles, qui nous offrent le choix entre la peste et le choléra, ne feront que retarder l'échéance.


Pour nous la question sociale et la solidarité internationale sont liées car le capitalisme en crise s'attaque aux forces productives (licenciements, privatisations, baisses des aides, etc.) dans de  nombreux pays et prépare de nouvelles guerres pour régénérer ses profits...

 

C'est pourquoi dans ces conseils, comme à l'extérieur, nous devons nous battre contre les mesures qui s'attaquent aux peuples et à leurs acquis.

L'offensive réactionnaire qui apparaît sous couvert de la privatisation, de la crise et de l'austérité, n’est en réalité que le programme du patronat européen contre les peuples!

 

Nous avons choisi l’autre camp... Nous sommes pour un front de lutte contre la privatisation, l'austérité et le racisme d'Etat ! Rejoignez-nous !

 

 

Dans de nombreux pays également, les étudiants se sont soulevés contre cette « marchandisation » de l'enseignement (Grèce, Italie, Angleterre). En ce moment même des étudiants comme au Chili ou au Maroc se battent contre ces plans capitalistes qui remettent en cause l'enseignement public. Comme nous l'explique ces étudiants au Maroc:

« Les étudiants boycottent fermement les examens dans la continuité de leur lutte pour une meilleure éducation et la démocratie, réfutant la soi-disant "réforme de l'université", qui est un plan impérialiste et réactionnaire visant à privatiser le secteur de l'éducation et ouvrir ses portes au Capital avide, et à priver l'accès aux pauvres de l’éducation supérieure » Déclaration des étudiants de Marrakech, 23/01/12

 


OSEZ LUTTER OSEZ S'ORGANISER OSEZ VAINCRE!

 

L'AGEN a obtenu un siège aux élections pour maintenir une voix de la contestation dans les conseils! Lors des prochains conseils universitaires nous demanderons:

- Que l'université se positionne pour l'augmentation massive du nombre et du montant  des bourses. Nous demanderons que les étudiants salariés puissent choisir entre CT et CC les matières de leurs choix.

-  Nous demanderons le gel des loyers à la cité U de Nanterre et l'interdiction d'expulser des résidents pendant la trêve hivernale en fermant leurs chambres. Nous demanderons la réouverture d'un lieu ou se restaurer le soir à 3€!

- Nous demanderons que l'université condamne les lois racistes à l'encontre des étudiants étrangers et qu'elle condamne les propos de Yves Roucaute (enseignant à Nanterre qui revendique avoir écrit les propos racistes de Guéant sur « l'inégalité des civilisations »).

- Enfin nous répondrons à la campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions contre l'Apartheid, l'occupation, la colonisation, le Mur) en solidarité avec le peuple palestinien en refusant tout partenariats entre notre université et les institutions israéliennes!

 

 

 


AGEN (Association Générale des Etudiants de Nanterre)                 Facebook: AGEN                     

Local F307 (3ème étage du bâtiment de droit)

Mail:    agenparis10@hotmail.com                                          Site:   agen-nanterre.over-blog.com                      

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 23:39

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« On peut prévoir que dans les élections au suffrage universel se manifesteront pleinement les illusions et les mythes qui soutiennent l’Etat et dont le peuple est loin d’être débarrassé. Contrairement aux attentes des démocrates et des républicains, on peut prévoir que les hommes traditionnellement  soumis à leurs maîtres et encore incapable de se saisir de leur propre liberté, choisiront pour les représenter leurs propres exploiteurs… » (K.Marx, 1848)

 

«  Le suffrage universel représente l’indice qui permet de mesurer la maturité de la classe ouvrière. Il ne peut être rien de plus, il ne sera jamais rien de plus dans l’État actuel » (Engels, 1895).



 1. Le sens de l'élection présidentielle de 2012

 

Lundi 13 février, le candidat Hollande, qui veut rassurer les marchés et « donner du sens à la rigueur », a déclaré à Londres aux journalistes du journal patronal Guardian's : « Aujourd'hui il n'y a pas de communistes en France… La gauche a gouverné pendant quinze ans, pendant lesquels elle a libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n'y a pas de crainte à avoir. »


Dans cet interview, le candidat favori  de la gauche parlementaire a révélé le secret de polichinelle de l'élection présidentielle d'avril-mai 2012 en France. Dans le cas d'une alternance à gauche (comme ce fut le cas en 1981 et en 1997), le capitalisme financier n'a aucune crainte à avoir. Ni de la part de la gauche modérée et gouvernementale dont la trahison historique est la raison d'être. Ni de la part de ses propres supplétifs et autres rabatteurs de voix. Les écuries du Front de gauche et des trois partis trotskistes (NPA, LO, POI), pseudos-révolutionnaires de la lamentable extrême-gauche institutionnelle, sont comme chacun sait des artisans actifs de la comédie électorale et de ses ralliements honteux. Il s'agira, une nouvelle fois, au nom du « moindre mal », de donner une créance à une nouvelle « gauche plurielle » capitaliste qui pourra commencer ses basses œuvres sous couvert de chasser Sarkozy. Une première conclusion s'impose : un mouvement révolutionnaire ne saurait exister sans rupture avec cette mécanique infernale, Quant à l'absence de communistes (de révisionnistes en fait)1, la petite phrase a fait s'étrangler de rage les tenants du Front de gauche et de son habile illusionniste en chef, l'ex-sénateur socialiste Mélenchon. Pourtant, elle n'est qu'un constat froid. Celui d'un PCF cadavérique, liquidé par Mitterand, totalement rallié à la social-démocratie et aux délices du capitalisme régulé. Le PCF reste soumis aux marchandages électoraux et au bon vouloir du PS, et son journal L'Humanité, triste symbole, est désormais possédé à 20% par Lagardère, TF1 et La Caisse d'Epargne ! 


Revenons à l'essentiel. Le capitalisme financier, responsable d'un désastre planétaire que personne n'ose plus nier, sortira indemne et même revigoré, du moins provisoirement, par l'onction du vote « populaire ». L' expérience historique montre que l'élection, quand elle est organisée par la classe dominante, est un outil majeur dont dispose le capitalisme et l'Etat bourgeois pour balayer les aspirations populaires et redonner une virginité à ses fondés de pouvoir. Les exemples ne manquent pas : Le Coup d'Etat de Napoléon III en 1851 confirmé par plébiscite, la chambre « bleue horizon », les élections qui ont suivi Mai 1968 en France avec De Gaulle, les votes de 2011 qui ont suivi le « printemps arabe » pour mieux l'enterrer en Egypte et en Tunisie, l'élection en 2011 des débris du franquisme rassemblées dans le PPD en Espagne après le mouvement des Indignados. Le vote sous régime bourgeois est une arme contre-révolutionnaire. Le peuple, si nous comprenons par là les masses populaires, ne se trompe pas comme le remarquait déjà Rousseau. Mais par contre il est souvent trompé. Trompé d'abord par une démocratie électorale qui prétend être l'émanation de son pouvoir ( de sa « souveraineté ») alors qu'elle en est la confiscation plus ou moins raffinée. Les élections de 2012 se résument à l'opération rituelle de légitimation du système capitaliste. Selon une formule de Marx, le peuple est invité à choisir quel membre de la classe des exploiteurs foulera aux pieds ses droits dans les années à venir.


Que Sarkozy « dégage » ou pas, pour reprendre les slogans stéréotypés de l'arche croulante du NPA, le rôle de l'élection présidentielle de 2012 sera effectivement de renforcer le consensus autour du capitalisme et de ses solutions à la crise. Il ne peut en être autre autrement car lorsque le règne de la bourgeoisie n'est pas menacé par des soulèvements populaires orientés par un projet communiste, le régime parlementaire est la forme la plus sûre de la dictature du Capital. A l 'inverse, lorsque son règne est menacé, la bourgeoisie fait alors appel au fascisme, à la dictature ouverte des éléments les plus réactionnaires, une « alternative » pestiférée qui grandit partout aujourd'hui en Europe.

1Pour le mouvement communiste, le révisionnisme moderne désigne le courant qui a pris la direction de presque tous les partis communistes créés par la première IC, qui a trahi en théorie et en pratique tous les principes du marxisme-léninisme et qui a transformé les PC en leur contraire. Le révisionnisme moderne a été la force principale de la corrosion de l'ancien mouvement communiste. En URSS depuis les années 1950 avec Khrouchtchev et en Chine avec Deng Xiaoping depuis les années 1970, les révisionnistes modernes ont été les promoteurs de la restauration pacifique et graduelle du capitalisme. En France et en Italie, où il y avait les deux plus puissants PC des pays impérialistes, ils les ont transformés en partis réformistes.

 

Suite

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 23:22

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3, Comprendre les quatre courants dominants le scène électorale en

France

 

Les partis représentent des classes sociales

 

Dans cette ébauche des forces politiques françaises partisanes du régime parlementaire nous partons d'un préalable. Pour les marxistes, les partis et les mouvements politiques représentent des classes et des couches sociales. Analyser une force politique c'est comprendre quel intérêt de classe elle défend.

 

Il faut toutefois différencier la base sociale du parti des intérêts défendus. Prenons trois exemples. Les partis de la IIème Internationale (les ancêtres des PS européens) étaient dans les années 1900-1940 les champions de la petite-bourgeoisie et de l'aristocratie ouvrière bien que leurs membres et leurs électeurs provenaient majoritairement des masses prolétariennes.En Allemagne, la base sociale et électorale du NSDAP, le parti d'Hitler, était composée massivement par des membres1 la petite-bourgeoisie frappée par la crise. Pourtant le régime nazi, en débutant dès 1933 par la destruction physique de la gauche allemande et des syndicats ouvriers, a été l'expression la plus brutale des trusts allemands et des Junkers et de la haute bourgeoisie. En France, le PCF qui était le parti de l'ensemble de la classe ouvrière et de la révolution est aujourd'hui le représentant de la couche corrompue du mouvement ouvrier. C'est le PCF des couches issus du secteur nationalisé, para-public, des grands groupes privés et de la bureaucratie syndicale qui ont dévoyé les conquêtes sociales en rentes de situation.

 

Autre aspect d'une analyse marxiste de la politique : la démocratie n'a pas le même sens pour les dominants et pour les dominés. Il ne peut exister de rapports démocratiques entre ceux qui voient le capitalisme comme un horizon indépassable et ceux pour qui le capitalisme est une vallée de larmes où les lois du marché règlent au quotidien un enfer terrestre.

 

Aujourd'hui, les partis politiques s'apparentent à des entreprises de service à disposition d'un champion électoral et non plus à de larges regroupements de masse. Pour autant, les partis, c'est-à-dire les organisations qui visent à exercer le pouvoir d'Etat, représentent et portent des objectifs différenciés liées aux couches sociales qui les soutiennent. Lénine synthétise cela de la façon suivante : « Les masses sont divisées en classes, les classes sont représentées par des partis, et les partis sont dirigés par des chefs », Attention au contresens. Les partis ne représentent pas la seule pensée, ni même la pensée moyenne ou majoritaire d'une classe ou d'une fraction de classe mais ils sont la conscience organique et systématique de classes et de fractions de classes. La phrase de Lénine signifie qu' une classe qui élabore une théorie en partant de ses intérêts, qui élabore des objectifs et des méthodes de lutte, devient une force consciente de la lutte politique. La lutte pour le pouvoir devient alors possible,

 

Pour comprendre la lutte politique il faut aussi comprendre ce qu'est l'Etat. L'Etat est né comme corps armé des propriétaires, comme monopole de la violence organisée par la classe des propriétaires et non comme pacte entre citoyens égaux. Il est le reflet d'une division économique de la société entre dominants et dominés. Lorsque l'Etat sert l' « intérêt général » du capitalisme c'est qu'il concilie les intérêts des différents groupes de la classe dominante (la bourgeoisie impérialiste) et qu'il soumet ou contient le mécontentement des classes populaires, Or, la bourgeoisie impérialiste est divisée entre différents groupes qui se déchirent pour décider qui, parmi ces groupes, représente le mieux « l'intérêt national », c'est-à-dire qui saura le mieux concilier les intérêts de la classe dominante mais aussi soumettre les dominés. En l'absence de parti révolutionnaire, cette lutte politique, représentée en particulier par l'élection présidentielle, consiste uniquement à mobiliser les masses populaires pour changer la donne au profit d'un des groupes de la bourgeoisie impérialiste.

 

Cette situation d'hégémonie bourgeoisie sur la scène politique ne doit pas pour autant rendre défaitistes. Les points de faiblesse de la classe dominante sont très nombreux. On le voit quand elle est contrainte de chevaucher le mécontentement des masses et d'en appeler « au peuple » comme le font tousles prétendants de l'élection présidentielle. Mais, en définitive, comme le montrent toutes les révolutions du XX°siècle, sans parti révolutionnaire il ne peut y avoir de révolution, L'idée qu'il faut rejeter la formeparti est la maladie infantile et la marque d'impuissance de nombreux mouvements contestataires actuels, La vogue récente des « mouvements horizontaux » qui aspirent à la fin du règne du capitalisme mais qui en même temps refusent la forme parti,ne contredit en rien cette analyse. Au contraire, leur refus de la forme parti signifie au final l'acceptation du monopole bourgeois du pouvoir.

 

Les mouvements protestataires de 2011 comme celui de Grèce et celui des Indignésde Madrid, de New-York ou d' Oakland, ont porté l’espoir d’une société radicalement nouvelle. Pour la première fois depuis des décennies, l'idée d'une abolition du capitalisme animait les esprits. Mais il est évident aussi que ce sont des mouvementssans colonne vertébrale idéologique (« on ne sait pas ce qu'on veut mais on sait ce qu'on ne veut pas »), hantés par le spectre de la récupération, incapables de recueillir l'expérience des luttes et d'en élaborer des objectifs. A ce titre, la célébration tonitruante de la spontanéité pure et de la désorganisation qui a accompagné le « printemps arabe » était ambiguë. Vif enthousiasme devant la force éruptive des masses ? Non. Applaudir des révoltes qui ne peuvent être des révolutions, c'était pour la bourgeoisie impérialiste saluer la perpétuation du pouvoir des classes dominantes dans les semi-colonies du monde arabe.

 

Revenons aux forces politiques qui occupent la scène électorale française. Au regard de l'histoire du XX° et du XXI° siècle débutant il semble que les forces politiques pourraient se diviser assez simplement en forces fascistes, conservatrices, réformistes/sociaux-démocrates et révolutionnaires, Ce qu'il faut toutefois noter c'est que les révolutionnaires sont absents de la scène électorale, Par contre, les réformistes se divisent entre un courant qui défend ouvertement le consensus capitaliste (les réformistes sans réformes du PS) et un courant réformiste « radical » (la gauche de la gauche) qui prétend vouloir l'amender. Cette amélioration passerait soit par des élections ( c'est « l'insurrection citoyenne » de Mélenchon), soit par des « mouvements sociaux » post-électoraux (c'est le « troisième tour social » des trotskistes). Ces options ne correspondent pas à la situation de crise générale du capitalisme. Elles ne peuvent pas aboutir à une victoire progressiste face à la puissante mobilisation réactionnaire des masses.

 

Quels sont aujourd'hui les principaux types de courants ou de forces dont dispose la bourgeoisie impérialiste en France ?

 

La droite décomplexée

 

La droite française domine la vie institutionnelle depuis au moins 10 ans c'est-à-dire depuis l'élection plébiscitaire de Jacques Chirac en 2002 avec 82% des voix. Si cet épisode semble si éloigné c'est que la configuration politique a beaucoup changé. La droite classique, gaulliste et libérale, auréolée d'une victoire à la Pyrrhus, a sombré au profit d'une droite qui a jeté les « bonnes manières » aux orties. Nous ne parlons pas ici des bizarreries psychologiques de Sarkozy et de sa bande, du bling-bling tapageur, des actions incohérentes, des propos vulgaires, minables, insultants « qui rabaissent la fonction présidentielle »diffusés en boucle par la sarabande scintillante des médias qui raffole du personnage, de son ascension et de sa disgrâce. Des travers d'ailleurs avoués et excusés par ses partisans qui préfèrent l'image de « l'homme pressé qui prend rapidement des décisions fortes ». Cette dimension est divertissante et elle fait diversion. Les « nouvelles » plus ou moins insignifiantes ou carrément inventées, la mise en scène de la politique-spectacle, couvrent les conflits et les intérêts réels. Car la mission assignée à Sarkozy, comme gestionnaire de la crise du capitalisme, a consisté depuis 2007 au moins à démanteler ou à réduire radicalement « l'Etat social » issu des conquêtes ouvrières (retraites, santé, éducation, etc), à diminuer les revenus (destruction des emplois, hausse des impôts), à réduire tout ce qui freine l'exploitation et l'oppression. Le gouvernement français ne prône-il pas le « modèle allemand », c'est-à-dire celui dans lequel 30% des travailleurs gagnent moins de 640€ par mois ? La droite UMP représente les intérêts des secteurs financier, bancaire, industriel, des gros propriétaires agricoles, le secteur de l'immobilier, des assurances, les cadres supérieurs des entreprises capitalistes, les grands rentiers.La droite décomplexée ne change pas quant à ses objectifs mais dans ses méthodes elle évolue. Comment compte-telle masquer son soutien au système financier en crise, aux plans d'austérité et sa guerre non déclarée contre les masses populaires ? En renforçant la ligne qui a présidé aux lois scélérates depuis 5 ans : persécuter les catégories victimes de la crise et appauvries et les faire passer aux yeux des « français normaux »pour des profiteurs qui abusent des bienfaits de la France sociale et tolérante. Les ouvriers étrangers, la jeunesse délinquante et en général celle des quartiers populaires, les chômeurs de longue durée sont toujours les cibles de choix. Sarkozy a ainsi lancé sa campagne électorale en désignant les chômeurs et les immigrés comme des problèmes sociaux à régler par voie référendaire, Les deux référendums servant à passer au-dessus des « corps intermédiaires », à prévenir des protestations éventuelles des syndicats et des masses populaires. La campagne a continué, en février 2012, toujours par le tapage de cette droite « fière de ses valeurs », avec la désignation des gens des civilisations « inférieures »comme des éléments inassimilables avec la République. Mais aussi par la polémique d'apparence si étrange sur la nourriture « halal ». Autrement dit, le danger si proche (car intérieur) d'une invasion culturelle voire cultuelle par des musulmans hirsutes et fanatisés. Il ne faut pas être trop regardant sur la contradiction criante entre cette prétendue « croisade  laïque » et le dernier « haut fait » de guerre ou plutôt de rapine international orchestré par l'impérialisme français. En l’occurrence, le bombardement de la Libye avec la mise en place de nouveaux alliés : des bandes armées fascistes arborant le drapeau inusable de l'islam politique. Mais le vrai problème ne consiste pas dans la montée d'une pulsion phobique face à l'immigration, qui viendrait du haut et non du bas de la société. Le centre névralgique de la politique actuelle est tout simplement de servir cyniquement le capital en arguant qu'il n'y a pas d'autre système possible et que les intérêts des « investisseurs » se confondent avec l'intérêt général, Le 10 mai 2010, Sarkozy annonça que, par souci de rigueur budgétaire, une aide exceptionnelle de 150 euros aux familles en difficulté ne serait pas reconduite.Le même jour, eu lieuune nouvelle injection de 750 milliards d’euros dans le système bancaire, une manne qui permit aux actionnaires de la Société générale de gagner d'un coup 23,89 % sur leurs actions. Il faut alors désigner d'autres « parasites » que les rentiers pour se présenter en « candidat du peuple ». La droite décomplexée a été ces dernières années un élément dynamique de la réaction. Elle permet d'envisager pour la bourgeoisie une nouvelle option en France déjà réalisée ailleurs en Europe : la préparation idéologique d'une jonction politique avec des groupes fascisants.

 

Le courant fascisant

 

Le fascisme n'est pas un simple synonyme de racisme institutionnel et de répression dictatoriale d'Etat. Ce sont là des traits qui peuvent être communs à nombre d'Etats bourgeois y compris libéraux (La France pendant la guerre de libération de l'Algérie par exemple). Le fascisme est une politique terroriste de la fraction la plus chauvine et la plus militariste de la bourgeoisie impérialiste (définition de Georges Dimitrov lors du VII° congrès de l'Internationale Communiste). Une politique terroriste mise en place suite à des crises politiques dans des Etats d'exception pour trouver une issue à la crise générale du capitalisme et contrer la menace d'une révolution prolétarienne. C'est un recours ultime auquel ne se résout la classe dominante qu'en dernier ressort pour sauver son ordre économique « dans la boue et le sang ». Le fascisme reste une des options possible du capitalisme en crise générale. Lutter contre la tendance au fascisme est donc une nécessité absolue aujourd'hui. Mais il faut dénoncer comme une autre peste l'antifascisme patronal qui propose le maintien du système comme solution. La bourgeoisie de gauche a ainsi hurlé au risque de fascisme dans les années 1980 en se prétendant être un rempart à la montée électorale du FN. Cette instrumentalisation du sentiment antifasciste a désarmé durablement les masses populaires dans le combat nécessaire contre leur « pire ennemi ». Au pouvoir, la « gauche » a même repris sans vergogne certains des thèmes ou des analyses du FN. Surtout, tous les partis sociaux-démocrates ou révisionnistes sont passés au pouvoir et ont appliqué toutes les mesures anti-populaires voulues par le capital. Ils ont ainsi ouvert un boulevard au développement des thèses actuelles du FN et des courants identitaires.

 

Pour ce qui est de la propagande raciste contre l'immigration et l'islam ces thèses ne sont pas nouvelles même dans leurs nouveaux habits « féministes » et « laïques ». Les mêmes bobards sur l'immigration qui ruine la France sont balancés comme une évidence1. L'Etat policier est lui aussi toujours le projet avancé par le FN avec le droit de tuer pour la police, le rétablissement de la peine de mort, l'interdiction des syndicats pour les corps d'Etat. Par contre, le FN a changé de discours économique en dénonçant « l'ultralibéralisme »comme une idéologie commune à la droite et à la gauche institutionnelles, « l'idéologie d'une classe dominante internationale mondialisée ». Marine Le Pen acccompagne sa dénonciation rituelle de l'immigration comme source d'insécurité et de terrorisme (elle assure aux français qu'il existe des« des bateaux entiers de Mohamed Merah aux portes de l'Europe » en s'appuyant sur le tueur de Toulouse) par un lamento sur « la concurrence sauvage entre travailleurs », la formation de « ghettos » et« l'esclavage moderne »que subissent les travailleurs immigrés. Sa phraséologie à connotation sociale s'arrête bien entendu devant l'unité d'intérêt et la solidarité de classe qui est la seule arme dont dispose les ouvriers de toutes nationalités. Néanmoins, Marine Le Pen prône la réindustrialisation, le protectionnisme, la sortie de l'Euro, un Etat interventionniste qui mette « au pas la finance et la spéculation ». Elle propose même la hausse des salaires (200 €), une première pour un parti apôtre de la libre entreprise depuis sa création. Comment comprendre cette récupération d'un discours de gauche ? Le tour de passe-passe sur les salaires est éclairant : il consiste à prendre les 200€ sur les cotisations sociales ce qui ne coûtera rien au patronat et ce qui constitue un simple transfert du salaire différé (retraites, santé) au salaire direct. Il n'y aurait aucune redistribution des richesses. Mais on ne peut ignorer le reste du jargon à prétention « anticapitaliste ». Il s'agit bien sûr de séduire l'électorat ouvrier (non pas les 30% ouvriers, souvent des petites entreprises et de l'artisanat, qui votaient déjà à droite mais les ouvriers dont les traditions de solidarité ont été détruites par le chômage et la précarité). Il s'agit aussi d'un rapprochement avec le modèle fasciste historique, de la défense d'un capitalisme national. Le blog Servir le peuple rappelle ce que signifie le pseudo-anticapitalisme des courants fascistes :

 

 L'"anticapitalisme" dont il peut parfois se parer, par un discours contre la "banque" ou la "finance", contre les "gros", les "nantis" et autres "élites" (surtout intellectuelles), se situe dans le prolongement de deux traditions ultra-réactionnaires du 19e siècle, déjà décrites et dénoncées par Marx et Engels :


- le "socialisme" féodal et clérical, dénonçant le capitalisme... car celui-ci a remis en cause la position sociale de l'aristocratie et du clergé (il dénonce alors un "monde sans valeurs", "tout pour l'argent", alors que l’Église et la noblesse d'autrefois "protégeaient les faibles") ;

 

- le "socialisme" petit-bourgeois, "socialisme" de la petite et moyenne bourgeoisie (ou paysannerie) écrasée par le Grand Capital, regrettant l'époque "protectrice" des corporations. L'un comme l'autre tendent bien sûr à l'antisémitisme ; l'irruption des Juifs dans l'économie nationale (avec leur émancipation par les révolutions bourgeoises) étant pour eux indissociable et emblématique des "malheurs de l'époque", d'un monde qui "fout le camp" avec la disparition de la société immuable des privilèges et des corporations... [Cet antisémitisme ne peut plus être aussi explicite aujourd'hui, mais les mêmes ressorts apparaissent en filigrane dans la dénonciation des "élites mondialistes", de l'"hyper-classe" et des "lobbies" etc.]

 

-La dénonciation de "la banque", des "financiers", de l'"hyper-classe" etc. (toujours avec "le Juif" en filigrane) rejoint l'"insurrection" du Grand Capital contre sa propre crise générale, qui est une surproduction absolue de capital ; elle rejoint la nécessité d'une "caporalisation" de l'économie capitaliste et d'une réorganisation complète de la société pour fonder une nouvelle base d'accumulation, pour lutter contre cette surproduction absolue ».

 

Nous ajoutons que la défense de l'impérialisme français, la défense du rang du capitalisme français dans le monde est un point commun de tous les partis bourgeois fascistes ou « démocratiques ». La lutte antifasciste ne peut se mener que sur une base anticapitaliste.

 

La gauche « sérieuse »

 

Chaque échéance électorale, chaque passage au pouvoir de la gauche parlementaire, montre à quel point elle est l'ennemie des classes populaires. Depuis 1981 elle a été en pointe pour la dérégulation financière, la rigueur, les privatisations, la répression des grandes grèves dans l'automobile, l'acier ou le charbon au début des années 1980, l'apologie de l'Europe impérialiste, les guerres néocoloniales, la mise en avant du FN qui posait « les bonnes questions » selon Fabius, l'ancien premier ministre PS. Ce n'est pas Sarkozy qui a présenté les ouvriers de Renault et de Peugeot comme des « musulmans étrangers aux vrais problèmes de la France » mais Pierre Mauroy du sinistre PS.

 

Hollande est l'héritier de ce courant qui s'est totalement retourné contre le mouvement ouvrier. Sa candidature « normale » signifie qu'il faut selon lui gérer le capitalisme avec les outils classiques, le consensus entre parlement et syndicats par exemple, pour faire avaler les pilules de l'austérité sociale. Il ne propose même pas de redistribuer les miettes de l'impérialisme comme le proposait traditionnellement la sociale-démocratie. Faute de remettre en cause le capitalisme, il suit le courant en dénonçant verbalement la « finance » dérégulée Il a déclaré lors de son premier meeting de campagne le 22 janvier 2012 :

 

"Dans cette bataille qui s'engage, mon véritable adversaire n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature et pourtant il gouverne. Cet adversaire c'est le monde de la finance."

 

Une déclaration qui se veut fracassante mais qui est totalement vide, fausse et sans conséquence. Les marchés (l'ensemble des banques d’investissement, de compagnies d’assurances, de fonds de pension et de fonds spéculatifs ) peuvent dormir tranquilles. La seule proposition PS pour combattre cet hydre qui ravage la planète est indolore : une agence de notation publique, quelques taxes de régulation et l'ajout du mot « croissance » dans les traités européens qui organisent le démantèlement social (la même chose avait été demandée et obtenue en 1997 par Jospin pour le traité d'Amsterdam). Des mesures d'accompagnement et d'encadrement a minima car le candidat socialiste doit être « crédible » c'est-à-dire qu'il doit respecter les prétendues nécessités de l'économie capitaliste. Que défendent les socialistes ? Le remboursement de la dette illégitime, le respect absolu de la propriété privée, le soutien à toutesles expéditions militaires impérialistes, la liberté de licencier ou de délocaliser. Bref, le PS et ses satellites sont les supplétifs de la droite, des défenseurs inconditionnels de l'ordre existant.

 

La gauche de la gauche

 

Un loyal « serviteur de l'Etat », un fervent défenseur de Mitterand, un ex-sénateur socialiste de 1986 à 2009, un ex-ministre peut-il devenir un « tribun du peuple » qui hurle « le rouge est de retour » ? La scène politique bourgeoise réalise ce miracle à la Protée. Mélenchon, un « défenseur du peuple » bien inattendu, a lancé la « révolution citoyenne »et réveillé le cadavérique PCF . Il dénonce les méfaits des institutions auxquelles il participait hier, il donne du souffle au mécontentement populaire avant de le monnayer et de réintégrer le rang comme le veulent les éternels accords électoraux avec le PS. La candidature Mélenchon éclaire sur ce qu'est devenu le PCF. Des années 1920 aux années 1950-1960, le PCF (SFIC) a représenté l'alternative révolutionnaire et une histoire glorieuse. il reste le seul Parti qui a organisé les masses populaires en proposant des solutions révolutionnaires, qui s'est opposé à l'injustice, aux affairistes, aux fauteurs de guerre, au nazisme, au racisme, aux guerres coloniales et à la compromission avec le système. Mais alors, il défendait le socialisme c'est-à-dire la direction de la société par la classe ouvrière, la socialisation des moyens de production et la dictature du prolétariat. Puis le PCF s'est dissous dans la démocratie française et il a abandonné sa lutte contre la sociale-démocratie. Avec la crise de ses « bastions ouvriers » dans les années 1980 il a sombré dans la bouillie altermondialiste. La facilité déconcertante avec laquelle le PCF s'est livré au bonimenteur réformiste Mélenchon est l'aboutissement d'une évolution : de sa collaboration gouvernementale de 1997/2002 à sa définition actuelle comme pôle anti-libéral (soutien au Non au Traité constitutionnel européen et aux luttes défensives). Sa mystique actuelle est issue d'un rapport non-critique à la révolution française de 1789-1993 et d'une ignorance de la Commune avec pour résultat d'idolâtrer la « République » comme Etat au-dessus des classes. Le discours sera donc citoyenniste, chauvin, nationaliste, et son « anticapitalisme » limité dans ses critiques à la « finance » et non à la propriété privée. L'évolution du PCF a tué dans les masses populaires la confiance qu’une fois bien organisées, elles pourraient changer le monde. L'illusion Mélenchon créera une nouvelle désillusion. Notamment lorsqu'il affirme que la seule arme du « peuple » est l'élection bourgeoise et que l'ennemi n'est qu'une poignée de spéculateurs et non un système dirigée par une classe. Mais il faut reconnaître que sur la scène publique Mélenchon a été le seul en France à désigner le peuple français comme un peuple généreux et solidaire et non comme un conglomérat transi dans la peur, effrayé par les pauvres et les étrangers. Il a été aussi le seul à tenir un discours de fraternité avec le peuple algérien (à l'occasion des 50 ans du cessez-le-feu) et à démonter les arguties nauséabondes de la vague de haine anti-musulmans. Les audaces dans les solutions proposées à la crise sont toutefois bien limitées. Les futurs sièges de ministres sont à ce prix. Là aussi l'essentiel réside dans quelques taxes sur le capital. De la prophylaxie réformiste. Le Front de Gauche joue aussi la petite fable du bon capitalisme industriel et du méchant capitalisme financier. Mais le changement attendu par les masses populaires n’a rien à voir avec le fait de « mieux employer le profit »ou avec un meilleur « financement du budget de l’état »mais avec la question du pouvoir, dans son sens le plus fondamental. Nous ne voulons pas taxer les financiers et les multi-milliardaires – nous avons besoin de nous défaire de leur pouvoir en les expropriant. Nuance.

 

L'autre pôle « vraiment à gauche » voire « communiste » (comme se présente désormais Lutte Ouvrière) c'est la caravane du trotskisme à la française qui a toujours servi d'appendice radical à la sociale-démocratie2 : LO, le Nouveau Parti Anticapitaliste (ex-LCR) et le Parti Ouvrier Indépendant (ex-PT, ex- OCI). Ces groupes de l'extrême-gauche institutionnelle ont récolté de nombreuses voix ses dernières années :5,3% en 1995, 10% en 2002 et encore 5,75% en 2007. Ils ont gagné à leurs yeux leur légitimité dans le jeu électoral bourgeois. Au bénéfice de qui ? A part le financement par l'Etat obtenus par ses trois groupes « révolutionnaires » quel est l'enjeu pour les masses populaires ? Ces groupes évitent de répondre à la question car leur stratégie électoraliste a échoué tout comme leur tentative de concurrencer le PCF. Ils ne fixent pas pour objectif la conquête du pouvoir par la classe ouvrière et l'instauration du socialisme. Cette situation s'est révélée sous les feux de la rampe médiatique lorsque Poutou, candidat du NPA, a étalé l'absence de perspective idéologique et politique de son courant :

 

- « Vous voulez tuer le capitalisme ? »

- « Oui, nous on pense qu'il faut remplacer le capitalisme »

-Vous voulez le remplacer par quoi ?

-Ben, ça on sait pas trop encore. Ce qu'on sait c'est que le capitalisme tel qu'il fonctionne ça ne peut pas aller »3

 

En aucun cas ces diverses chapelles et leurs « plans d'urgence pour les travailleurs » ne sont des écoles du communisme. Le vote pour les trotskistes n'est pas révolutionnaire, sans être pour autant dénué de sens. Il est tout au plus un vote pour une meilleure répartition des richesses. Le NPA n'a pas de synthèse différente et supérieure à ce qu'était la LCR. Sa ligne est la même : être la « vraie gauche » et peser sur les sociaux-démocrates, il est traversé par des courants hétéroclites du réformisme radical dans lesquels règne la confusion idéologique et le rejet viscéral de la petite-bourgeoisie pour l'organisation communiste et les expériences réelles de révolutions (URSS, Chine, et à l'heure actuelle les mouvements maoïstes de guerres populaires en Inde ou aux Philippines). Le POI aspire à rassembler la frange anti-européenne du mouvement ouvrier. Il s’est choisi comme devise «  Pour le socialisme, la République et la Démocratie ». Comme le Front de Gauche, Il veut une VIème république basée sur le programme du CNR de 1945, avec le mot d'ordre d' « Assemblée Constituante ». Or, une Assemblée qui n'est pas issue d'un mouvement révolutionnaire n'a pas de portée puisqu'elle repose sur le système parlementaire actuel. Le POI est un parti de fonctionnaires (enseignement, collectivités locales, impôts, police) et d’employés qui occupe des places dans l’appareil syndical de FO, sans forcement y développer un courant révolutionnaire « lutte de classe ». Son positionnement est quasi exclusivement en défense des services publics et des valeurs républicaines voire « nationalistes ». LO est le seule groupe trotskiste a être bien implanté dans le monde ouvrier et justement LO n'est qu'ouvriériste et syndicaliste. Son fonctionnement basé sur des« bulletins d’entreprises » permet une dénonciation de l’exploitation et des injustices dans les boîtes. LO dénonce le patronat mais pas la bourgeoisie et son système d'Etat. LO critique la gauche capitaliste et appelle à voter pour elle ou comme pour les dernières élections municipales, elle fait liste commune directement avec le PS. LO propose une amélioration du capitalisme par le « contrôle ouvrier »selon un vieux mot d'ordre trotskiste. Selon LO, L'Etat bourgeois pourrait servir les masses populaires : « sous le contrôle réel de la collectivité, pourrait intervenir beaucoup plus dans l'économie pour régulariser la production ». Son mot d'ordre est celui de toute l'extrême-gauche : « il faut prendre l'argent là où il est ». C'est un mot d'ordre syndicaliste mais en aucun cas révolutionnaire car l'alternative n'est pas une question de répartition des richesses mais davantage une question de propriété et de pouvoir de classe.

 Finalement la question à poser à ces groupes est la suivante : que veut dire la conquête révolutionnaire du pouvoir ? Est-elle le fruit de « mouvements sociaux », d'une « grève générale » ou d'un « gouvernement ouvrier » réformiste comme le pensent les courants qui dominent l'extrême-gauche française depuis plus de 30 ans ?  Ou est-elle la nécessaire organisation par les Communistes  des" trois armes magiques de la revolution"- cest à dire - le parti communiste, le front populaire et l'armée rouge afin d'affronter politiquement, militairement et ideologiquement, toutes les forces coalisées de la bourgeoisie imperialiste ?L'histoire des expériences révolutionnaires réelles a répondu à cette question. La stérilité complète des « petits partis anticapitalistes » et électoraux donne à sa mesure une autre réponse éloquente.

 

Reconstruire le camp révolutionnaire, c'est refuser l'électoralisme !

 

Participer à l'élection du président de l'impérialisme français, c'est renforcer l'impérialisme ! 

 

 

Avril 2012

 

AGEN – Comité anti-impérialiste


1. En réalité en 2009 les immigrés ont reçu 47,9 milliards d’euros en retraites, santé, allocations chômage et familiale, édu­cation. Par contre, ils ont alimenté à hauteur de 60,2 milliards le budget de l’Etat et de la Sécurité sociale. Soit un solde positif de 12,4 milliards.

2. Les organisations ont appelé au « vote » et au « soutien critique «  à tous les gouvernement de la gauche réformiste. La LCR et l'OCI ont été des pépinières de cadres de la social-démocratie: Jospin,, Cambadélis, Mélenchon, David Assouline, Benjamin Stora, pour l'OCI ; Jullien Dray, Edwy Plenel, Michel Field, Henri Weber pour la LCR.

3RMC-BFM TV le 6 mars 2012, Philippe Poutou interrogé par J.J Bourdin

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 14:27

 

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Pour un syndicalisme de combat votez AGEN !

 

Les 15 et 16 février 2011, de 10h à 18h

 

 

Les universités françaises sont défigurées par deux plaies : d’une part, la sélection sociale et ethnique non déclarée (les étudiants issus des milieux populaires et du monde ouvrier en particulier sont impitoyablement écartés par l’échec organisé) et d’autre part, la soumission aux marchés, c’est-à-dire la soumission à la logique capitaliste défendue par les réformes « d’harmonisation européenne ». Depuis plusieurs années de grandes luttes étudiantes ont lieu en Europe, surtout en Grèce, en Italie, en Espagne, en Angleterre et en France contre le dénommé « processus de Lisbonne » qui préconise la privatisation des universités. Les contre-réformes qui s’en inspirent sont mises en place par des gouvernements de gauche et de droite depuis 20 ans et elles ont pour but de transformer le secteur éducatif en marché rentable. Les inégalités et la privatisation sont donc les deux questions cruciales à l’université. Sur ces fronts, les syndicats étudiants réformistes et défaillants, comme l’UNEF, ont capitulé, ils n’évoquent même plus leur opposition (très relative) aux lois qui saccagent l’université publique. Quant aux conseils universitaires, ils s’adaptent servilement à la logique marchande et inégalitaire. Pourtant, il est possible de résister, de s’organiser et de lutter contre la privatisation et les inégalités. L’AGEN  réaffirme la nécessité du combat contre les lois scélérates sur la privatisation ou sur les étudiants étrangers. C’est pourquoi, dans les conseils comme ailleurs, L’AGEN se battra face aux tenants de l’ordre établi.

 

 

  • COMBATTRE  LA PRIVATISATION ET L’APARTHEID UNIVERSITAIRE !
  • BOYCOTT UNIVERSITAIRE ET CULTUREL D’ISRAEL !

 

  1. Pour une université accessible à tous et non-marchande 

L'actuel processus de privatisation des universités renforcé par la loi n°2007-1199 relative aux libertés et responsabilités des universités (loi LRU) détruit les maigres acquis de l’université publique. Les établissements d'enseignements supérieurs sont dorénavant livrés à eux-mêmes. Dans un climat de concurrence à outrance, ils doivent s'autofinancer pour continuer à exister et rester « attractifs ». Les fonds publics, si précieux aux universités, sont alloués sous condition. En effet, le gouvernement finance que si ces dernières trouvent des partenariats avec les entreprises. (Dans le jargon de la ministre Pécresse, quelques universités réunies dans des regroupements d’excellence, nommés  IDEX ou LABEX, sont financés s’ils acceptent les critères patronaux et l’ouverture au « marché de la connaissance »). A l'université de Nanterre, anciennement Paris X, le choix du partenaire est d'ores et déjà fait, il s'agit du quartier d'affaire de la Défense. Notre université a été rebaptisé à cet effet « Paris Ouest Nanterre La Défense ». Ce sont les critères du « monde des affaires » qui s’imposent comme norme, alors que ces critères conduisent au désastre économique et à la destruction des droits. La mesure anglaise qui prévoit des inscriptions à 9000€ va-t-elle être appliquée en France ? Les « nouveaux maîtres » de l’université l’envisagent déjà. Saluons toutefois la belle colère des étudiants d’Angleterre qui ont fait comprendre au gouvernement leur attachement à une université plus démocratique.

 

  1. Contre la destruction programmée des Humanités et des Sciences Sociales 

Cette destruction est reconnue par les responsables universitaires eux-mêmes : Le 16 novembre 2010, la présidente de l’Université de Montpellier III-Paul Valéry, Anne Fraïsse,  explique son refus de poursuivre les négociations concernant l’Initiative d’Excellence (IDEX) : [...] on ne peut sacrifier les Humanités pour un plat de lentilles payé à crédit. Surtout, sous couvert d’excellence, le projet du gouvernement cible certains secteurs scientifiques et oublie quasiment nos disciplines. Même excellente, la recherche en Lettres Langues, Arts, Sciences Humaines et Sociales, ne peut prétendre qu’à un rôle d’appoint de projets jugés plus rentables pour les entreprises, agro-alimentaire, chimie, bio-santé, etc… ». A Nanterre, bien que les secteurs économiques soit différents, la logique reste la même. Les conseils d’UFR doivent refuser les plans gouvernementaux et non s’y adapter ! Luttons ensemble pour la gratuité de l’enseignement !

 

 

  1. Pour les étudiants salariés et contre l’exploitation par les stages

Lionel Collet, président de la Conférence des présidents d'universités, et Laurence Parisot, présidente du Medef, ont signé le 23 novembre 2010,  la première convention destinée à donner un cadre aux partenariats entre les universités et les Medef régionaux et territoriaux. Parmi les thèmes abordés : l’insertion professionnelle, la formation tout au long de la vie, l'employabilité, la mobilité, la recherche, l'innovation et le transfert de connaissance, l'entreprenariat, la gouvernance, le rôle des fondations. L’AGEN propose que les conseils d’UFR dénoncent la convention Universités-MEDEF

En préconisant les stages comme voie royale de l' « insertion professionnelle » les universités sont les premières à faire commerce de leurs étudiants auprès des entreprises. D’autre part, l'échec à l'université n'est pas qu'un problème pédagogique, c'est avant tout un problème social et économique. La faiblesse ou l'absence de bourses et de logements sociaux obligent 60% des étudiants (les premiers touchés par l'échec organisé) à se salarier. Ainsi, les autorités organisent actuellement le « précariat » prolongé des étudiants. L’AGEN propose que les conseils d’UFR mettent en place des cours du soir. Il faut faciliter la réussite des étudiants-salariés en leur laissant le choix entre le contrôle terminal ou continu et par d’autres mesures.

 

 

 

  1. Pour l’égalité des droits : non aux discriminations, régularisation des sans-papiers

 

La discrimination raciale et nationale compte parmi les plus cruelles souffrances qui accablent les sociétés humaines. Au pays des droits de l’Homme, il y a des hommes et des femmes sans droits. Il serait illusoire de croire que notre université y échappe. L’année dernière l’AGEN a rédigé puis fait voté dans les conseils centraux une motion qui met fin au contrôle du titre de séjour lors de l’inscription. C’est un premier pas pour briser le racisme institutionnel. Mais les étudiants sans-papiers connaissent toujours les mêmes menaces rappelées par l’appel de RUSF Paris X : « Chasse aux sans-papiers, multiplication des expulsions et des contrôles d’identité au faciès, rafles à la sortie des écoles, des gares, des foyers, enfermement généralisé des étrangers en situation irrégulière dans des prisons qui ne disent plus leur nom. ». L’université doit cesser sa participation au racisme d'État qui se fait par l’absence de droits, des refus d’inscription et l’absence de détermination à défendre les étudiants étrangers piégés par l’administration française. L’AGEN posera ce débat de l’égalité des droits dans les conseils.

 

  1. Pour le boycott universitaire et culturel d’Israël. L’Université de Nanterre doit rompre ses relations avec les universités israéliennes

 

Est-il légitime que notre université soutienne le colonialisme ? Cette question nous allons la poser à Nanterre avec le fracas de la vérité révolutionnaire. Le peuple palestinien colonisé, dépossédé, discriminé, massacré comme à Gaza, a lancé un appel au boycott des institutions israéliennes à l’instar du boycott de l’Afrique du Sud de l’apartheid. Le mouvement de boycott se développe partout dans le monde. Nous répondons à cet appel en premier lieu en balayant devant notre porte. Car, au sein même du système universitaire français, se développe, à travers le partenariat, la collaboration avec les universités israéliennes. Paris Ouest Nanterre La Défense propose en effet un programme d'échange avec l'université de Tel Aviv, Bar-Ilan University. La collaboration de l'université Paris Ouest avec les universités israéliennes participe à la normalisation des rapports avec le dernier État ouvertement colonialiste. Les universités israéliennes élaborent des théories d'occupations et de discriminations nécessaires à la politique israélienne. Elles fournissent des démographes, des psychologues et des analystes de stratégie qui participent à la colonisation et au régime d’occupation. Cela se manifeste par leur collaboration avec l'armée et les services de sécurité, ainsi que le soutien qu'elles apportent à l'industrie d'armement du pays. Elles n'ont jamais dénoncé les nombreux cas, où, Israël à fait fermer les centres académiques palestiniens. Aussi, les centres académiques israéliens écartent, pour « raisons de sécurité », les professeurs jugés sympathisants de la cause palestinienne. Rompre les relations académiques, c’est montrer que Nanterre refuse le colonialisme. L'AGEN appelle au boycott de l'État colon israélien et de fait, au boycott de ses universités.

 

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 18:40

 

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Intervention de l’AGEN pour le débat sur la Tunisie le 20 janvier 2011, Université de Nanterre.

Vive la lutte du peuple tunisien !

Vive la solidarité Internationale avec le peuple tunisien et les peuples opprimés !

Gloire aux martyrs tunisiens tombés pour la liberté !

 

Notre objectif aujourd’hui est de donner la parole à des camarades tunisiens, pour entendre la voix de ceux qui luttent et comprendre la situation politique révolutionnaire que vit la Tunisie ; notre objectif c’est aussi de comprendre les racines du mouvement populaire, les enjeux internationaux notamment pour le capitalisme mondial et donc aussi pour l’impérialisme français. Nous pourrons ainsi, espérons-le, mieux construire la solidarité.

Avant de laisser la parole à nos amis et camarades tunisiens nous voudrions insister sur trois aspects : la force internationale du soulèvement, l’implication de l’impérialisme et les défis actuels 

 

 

 

1.     Nous saluons le mouvement révolutionnaire contre le régime mafieux de Ben Ali et contre le néocolonialisme et l’impérialisme ! 

Dans cette université, il y a dix ans, résonnait  la voix  du compagnon de lutte de Franz Fanon,  l’avocat indépendantiste antillais Maître Marcel Manville qui répétait inlassablement : «  Aucun peuple n’est mûr pour la servitude » ou encore « il n’y a pas  de petit peuple »

Le même phénomène s’est produit pour les régimes du Maghreb. Les idées de Manville résonnent aujourd’hui et peuvent s’appliquer au soulèvement que connaît la Tunisie. Nous avons entendu des centaines de fois des phrases défaitistes  du type « la Tunisie est un petit pays », ou encore pire « dans ces pays (sous-entendu dans les pays arabes) ce serait ingouvernable avec la démocratie ».

Le soulèvement du peuple tunisien a balayé cet état d'esprit. Aucun peuple n'est mûr pour la servitude. Aux Antilles le colonialisme a changé de forme depuis 1946. Au Maghreb, on est passé du colonialisme au néocolonialisme. Manville voulait transmettre le flambeau de la lutte. D'abord, à ces jeunes compatriotes des Antilles, souvent désabusés ou complètement aliénés par une forme de complexe. Pour ces jeunes l’idée même d’indépendance s’était éteinte : les chaînes étaient passées des pieds à la tête.

Il n'y a pas de petit peuple. Non, comme tant d’autres, la Tunisie est un grand pays de luttes, elle a toujours été mûre pour la liberté comme tous les peuples. Elle continue aujourd’hui la lutte initiée par exemple le 22 janvier 1952 lorsque les grèves et manifestants ont éclaté dans tout le pays face au colonialisme français qui a duré 75 ans de façon directe, une lutte réprimée dans le sang  ( l’ « aide sécuritaire » s’appelait à l’époque l’Armée française et la Main rouge) et qui se terminait le 20 mai 1956, jour de la proclamation de l’indépendance formelle . 

Après avoir chassé hier les colons, le peuple chasse ses héritiers d'aujourd'hui, ceux qui se servent en servant les grandes puissances impérialistes. Tous les acquis sociaux et politiques arrachés alors ont été détruits par la couche au pouvoir qui est devenue une bourgeoisie compradore de la pire espèce déjà sous Bourguiba, à plus raison sous Ben Ali. La libéralisation de l’économie et l’endettement sous les auspices de la Banque Mondiale vont brader le pays dès les années 1970. En 1978, la grève générale est réprimée par le directeur de la sûreté nationale, il fait tirer sur la foule, le « jeudi noir » fait 200 morts. Ce directeur s’appelait Zine El Abidine Ben Ali !

Les sacrifices, les souffrances, l’exil, la prison, les tortures ont été le prix à payer pour avoir raison du dictateur. Ce que vit le peuple tunisien, c’est aujourd’hui une grande expérience révolutionnaire. Le jeune martyr tunisien Mohamed Bouazzizi, en s’immolant, a ouvert la voie à une révolte généralisée sans précédent. Elle  a entraîné la fuite du dictateur Ben Ali. C’est l’illustration concrète d’une grande idée : ce sont les peuples, les masses qui font l’histoire et non les sauveurs suprêmes, les hommes providentiels ou les petites cliques comme le pense l’idéalisme bourgeois. Ce n'est pas seulement "la couche moyenne éduquée" dont tous les médias parlent qui a renversé le tyran mais toutes les masses populaires avec en première ligne les classes les plus pauvres.

 

Quels sont les mots d'ordre portés par les manifestants? « Le travail est un droit, bande de voleurs », « Bas les pattes du pays, bande de corrompus », « Travail, liberté, dignité », « A bas le parti de la constitution (le RCD), à bas les tortionnaires du peuple », « Ben Ali lâche, le peuple ne se laisse pas faire ».... Ce sont des slogans qui concernent la plupart des pays africains et arabes. L’importance du soulèvement populaire est déjà en ce sens historique et international.

Bien sûr le renversement d’un pouvoir dictatorial détesté par un mouvement populaire donne aussi espoir à tous les luttes populaires dans le monde. Même ici en Europe. On le voit avec les politiques d'austérité contre lesquelles se battent les masses populaires en Grèce, en Angleterre, en Italie, en Espagne, en France. Elles sont menées pour satisfaire les appétits sans bornes d’une minorité au détriment des peuples.  L’ennemi est commun. La solidarité internationale c'est l'unité contre cet ennemi.

Les peuples opprimés ont cependant des montagnes supplémentaires à déplacer pour se libérer : ils doivent faire face à la domination impérialiste, aux régimes compradores corrompus et aux survivances du féodalisme. En ce sens, la révolution dans les pays opprimés c’est la révolution nationale-démocratique, alors qu’en Europe la révolution sera directement socialiste ou ne sera pas. Comprendre cela, c'est comprendre que le monde actuel, sous le règne unique du capital, oppose des centres impérialistes dominants à des pays opprimés.

2.     L’impérialisme français est le donneur d’ordre du régime criminel

L' actuel directeur général du FMI, Strauss Kahn, virtuel futur candidat du PS, expliquait en 2008 que « l’économie tunisienne va bien (...) jugement très positif du FMI sur la politique tunisienne (...) qui est un bon exemple à suivre ». Ben Ali l'a décoré du titre de« Grand officier de l'ordre de la République ».  Cette analyse et ce soutien à la dictature était partagée par tous les « partis de gouvernement » en France. 

Durant le massacre des manifestants, Michèle Alliot-Marie, Ministre Française des Affaires étrangères a déclaré le 11 Janvier 2011  à l'Assemblée nationale : « Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type. C'est la raison pour laquelle nous proposons aux deux pays [Algérie et Tunisie], dans le cadre de nos coopérations, d'agir en ce sens pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l'assurance de la sécurité ». Complicité totale dans le crime. Ce qui a été peu relevé c’est qu’elle dit en substance « Nous, en France, nous savons tenir le peuple ».MAM fait la VRP d'une spécialité de l'impérialisme français. En réprimant les luttes sociales (quartiers populaires, CPE, mouvement des retraites)  la France s’est dotée d’une arme de sécurité massive qu’elle affiche fièrement. Quel que soit le scandale de tels propos, Il ne révèle pas une bavure mais une question de fond.

La France impérialiste a toujours soutenue les armes à la main les régimes clients de sa zone d’influence. Sous cette aide active, les régimes sanguinaires de Mobutu au Zaïre, de Duvalier à Haïti, d’Hassan II au Maroc n’aurait pas tenu. Les transferts de fond de la famille ou du clan Ben Ali s’élève à 18 milliards de dollars, les avoirs sont dans des banques européennes. Ce qu'on voit avec de formidables retournements de veste, des revirements destinés à garder la mainmise sue la "transition".La France ne soutenait pas Ben Ali parce qu’il luttait contre l’islamisme, mais pour une cause moins idéaliste : celle des contrats juteux en tant que premier investisseur. Délocalisation de proximité pour le textile, d’industrie mécaniques : Valeo, Faurecia, EADS, Sagem. Les grands noms du CAC 40 s’implantent de Carrefour, à Danone, de Renault et dans le tourisme avec Fram, Club Med, Accor.  Ben Ali était le seul dirigeant à promouvoir le Traité de la Méditerranée, qui laisserait le Maghreb à la merci des capitaux occidentaux.

Les complicités individuelles et internationales doivent être rappelées. Démasquons les hypocrites nouveaux « soutiens » actuels, tout sourire, qui veulent sauver leurs grands et petits profits. Mais nous ne devons pas oublier que la brutalité principale est économique. Le capitalisme est né du monopole colonial. On ne doit pas laisser dans l’ombre que le niveau de vie, le confort, la démocratie, la paix relative ici provient du pillage des peuples. Personne ne l’assume en France. Au contraire l’anticolonialisme en France ne s’est affirmé non pas avec mais contre les partis de gauche (réformistes ou révisionnistes) surtout durant les guerres coloniales. 

C’est d’ailleurs pourquoi l’AGEN propose la création d’un comité anti-impérialiste que l’on présentera suite au débat. La cause des peuples opprimés fait partie du combat révolutionnaire ici.

3.     Les défis immédiats

Le soulèvement actuel va-t-il être confisqué ? Le soulèvement révolutionnaire s'est-il doté d'objectifs et d'un programme pour en finir avec les racines de la dictature.

Que voit-on aujourd’hui? La tentative de gagner du temps, de sauver le RCD parti de Ben Ali), de monter un gouvernement avec les mêmes dignitaires du régime Ben Ali, de jouer sur l’apaisement, la Constitution ou les relations internationales pour maintenir le même type de pouvoir. Mais le peuple tunisien ne lâche rien et refuse la mascarade. Pour l’instant les plans des cliques du pouvoir ont été déjoués. Ce qui est sûr c’est qu’un gouvernement démocratique, populaire et anti-impérialiste ne peut venir en droite ligne des institutions du passé.

Tous les tenants de la « transition démocratique » creusent le tombeau du mouvement populaire car ils demandent de travailler avec les piliers, les complices et les valets du régime Ben Ali. En Tunisie, le Parti  Communiste des Ouvriers (PCOT) souligne qu’il faut une assemblée constituante élue par le peuple dans des conditions de liberté et de transparence, après avoir mis fin à la tyrannie. L'adoption de mesures immédiates pour le monde du travail : la garantie du revenu, de la santé et la reconnaissance immédiate du syndicalisme de base et indépendant des précaires et de chômeurs. 

Pour que cette perspective existe il faudra que le peuple créé ses propres instruments. La lutte spontanée a été puissante, le contre-pouvoir populaire indomptable. Mais la limite du spontanéisme va devenir criante : il faut un plan de bataille, des organisations et plateformes populaires qui permettent de maintenir les exigences du peuple tunisien. Cela n’existe pas encore mais nous envisageons l’avenir avec optimisme révolutionnaire car les peuples inventent sans cesse leur propre chemin pour se libérer.

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 15:41
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Nous mettons en ligne l'enregistrement (MP3) d'une partie du meeting organisé par l' Agen à Nanterre le 30 Novembre 2010.
Lire à la suite le tract d'appel au meeting.

MEETING-DEBAT

à Nanterre-Université / organisé par l'AGEN

Jeunesse populaire, jeunesse criminalisée


Mardi 30 Novembre

12h00

Amphi C2

 


Avec la présence des étudiants et de lycéens de Nanterre victime de la répression.


Avec la participation de Mathieu Rigouste, sociologue, auteur de l'ennemi intérieur (ed. la découverte).

 


 

 

Le mouvement populaire qui à déferlé en France pendant des mois pour s'opposer à la contre-réforme portant sur les retraites a mobilisé des millions de personnes. Pourtant, à écouter les tenants de la bourgeoisie, ce mouvement semble se résumer à un face à face entre les directions syndicales et le gouvernement. Face à face qui au delà de l'aspect d'opposition purement propagandiste a permis le passage en force de la loi de régression sociale.

Tout semblait jouer d'avance et parfaitement orchestré par le pouvoir politique et ses relais. Le gouvernement propose et les directions syndicales font semblant de résister en organisant quelques manifestations. Pourtant tel ne fut pas le cas. Certes le combat se termine sans victoire des masses populaires mais le combat a bien eu lieu. Combat mené sous l'impulsion de la base et de manière audacieuse. Grève, occupation, blocage se sont succédé. Cependant sans direction politique révolutionnaire ce combat juste ne pouvait aboutir. Les masses apprennent des luttes et elles n'oublieront pas cette leçon.

Fer de lance de cette lutte, la jeunesse populaire est pourtant niée dans sa force et sa réalité par les tenants de l'ordre capitaliste. La jeunesse ne serait pas concernée par la retraite, elle serait manipulée ou alors manifesterait pour sécher les cours si elle est scolarisée. La jeunesse populaire ne manifesterait pas elle "casserait". Rien d'étonnant de la part du pouvoir de tenter de diviser le peuple. Mais pourquoi les directions syndicales et les pseudos partis de "gauche" acquiescent-ils?  Pourquoi cette jeunesse fait-elle si peur ?

Pourtant si la jeunesse populaire résiste c'est qu'il existe une oppression. Sur les piquets de grève ou dans la rue par la présence des lycéens elle était pourtant en première ligne. Pour briser cette résistance et discréditer la jeunesse populaire la propagande ne suffit pas, il faut aussi la faire taire. La répression est massivement utilisée. A Montreuil c'est Geoffroy qui reçoit une balle de flashball en plein visage et risque de perdre la vue. A Nanterre, à Lyon et ailleurs c'est la matraque et les gaz lacrymogènes pour toute réponse aux revendications. Pour les interpellés c'est la justice expéditive et la prison.


 

Pourquoi la bourgeoisie a t-elle si peur de la jeunesse populaire ?

Comment faire entendre la voix de cette jeunesse ?

Comment organiser la solidarité avec les inculpés ?

Pourquoi et comment créer des comités de luttes travailleurs, lycéens et étudiants ?

Venez en débattre le 30 novembre

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 00:24

 

 

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Pour un syndicalisme de combat votez AGEN !


Les 7 et 8 décembre 2010, de 10h à 18h


 

Les universités françaises sont défigurées par deux plaies : d’une part, la sélection sociale et ethnique non déclarée (les étudiants issus des milieux populaires et du monde ouvrier en particulier sont impitoyablement écartés par l’échec organisé) et d’autre part, la soumission aux marchés, c’est-à-dire la soumission à la logique capitaliste défendue par les réformes « d’harmonisation européenne ». Depuis plusieurs années de grandes luttes étudiantes ont lieu en Europe, surtout en Grèce, en Italie, en Espagne, en Angleterre et en France contre le dénommé « processus de Lisbonne » qui préconise la privatisation des facs. Les contre-réformes qui s’en inspirent sont mises en place par des gouvernements de gauche et de droite depuis 20 ans et elles ont pour but de transformer le secteur éducatif en marché rentable. Les inégalités et la privatisation sont donc les deux questions cruciales à l’université. Sur ces fronts, les syndicats étudiants réformistes et défaillants, comme l’UNEF, ont capitulé, ils n’évoquent même plus leur opposition (très relative) aux lois qui saccagent l’université publique. Quant aux conseils universitaires, ils s’adaptent servilement à la logique marchande et inégalitaire. Pourtant, il est possible de résister, de s’organiser et de lutter contre la privatisation et les inégalités. L’AGEN  réaffirme la nécessité du combat contre les lois scélérates sur la privatisation ou sur les étudiants étrangers. C’est pourquoi, dans les conseils comme ailleurs, L’AGEN se battra farouchement face aux tenants de l’ordre établi.


 

  • COMBATTRE LA PRIVATISATION ET L’APARTHEID UNIVERSITAIRE !

  • DEFENSE DU DROIT DE GREVE, SOLIDARITE AVEC LES REPRIMES DES LUTTES SOCIALES !

  • BOYCOTT UNIVERSITAIRE ET CULTUREL D’ISRAEL !

 

Pour une université accessible à tous et non-marchande 

L'actuel processus de privatisation des universités renforcé par la loi n°2007-1199 relative aux libertés et responsabilités des universités (loi LRU) détruit les maigres acquis de l’université publique. Les établissements d'enseignements supérieurs sont dorénavant livrés à eux-mêmes. Dans un climat de concurrence à outrance, ils doivent s'autofinancer pour continuer à exister et rester « attractifs ». Les fonds publics, si précieux aux universités, sont alloués sous condition. En effet le gouvernement finance si celles-ci trouvent des partenariats avec les entreprises. (Dans le jargon de la ministre Pécresse, quelques universités réunies dans des regroupements d’excellence, nommés IDEX ou LABEX, sont financés s’ils acceptent les critères patronaux et l’ouverture au « marché de la connaissance »). A l'université de Nanterre, anciennement Paris X, le choix du partenaire est d'ors et déjà fait, il s'agit du quartier d'affaire de la Défense. Notre université a été rebaptisée à cet effet « Paris Ouest Nanterre La Défense ». Ce sont les critères du « monde des affaires » qui s’imposent comme normes, alors que ces critères conduisent au désastre économique et à la destruction des droits. La mesure anglaise qui prévoit des inscriptions à 9000€ va-t-elle être appliquée en France ? Les « nouveaux maîtres » de l’université l’envisagent déjà. Saluons toutefois la belle colère des étudiants d’Angleterre qui ont magnifiquement fait comprendre au gouvernement leur attachement une université plus démocratique. 

 

Contre la destruction programmée des Humanités et des Sciences Sociales 

Même des responsables universitaires le reconnaissent : Le 16 novembre 2010, la présidente de l’Université de Montpellier III-Paul Valérie Anne Fraïsse, expose pourquoi elle refuse de poursuivre les négociations concernant l’Initiative d’Excellence (IDEX) : [...] on ne peut sacrifier les Humanités pour un plat de lentilles payé à crédit. Surtout, sous couvert d’excellence, le projet du gouvernement cible certains secteurs scientifiques et oublie quasiment nos disciplines. Même excellente, la recherche en Lettres Langues, Arts, Sciences Humaines et Sociales, ne peut prétendre qu’à un rôle d’appoint de projets jugés plus rentables pour les entreprises, agro-alimentaire, chimie, bio-santé, etc… ». A Nanterre, les secteurs économiques sont différents mais la logique est la même. Les conseils d’UFR doivent refuser les plans gouvernementaux et non s’y adapter ! Luttons ensemble pour la gratuité de l’enseignement !


 

 

Pour les étudiants salariés et contre l’exploitation par les stages

 

Lionel Collet, président de la Conférence des présidents d'université et Laurence Parisot, présidente du Medef, ont signé le 23 novembre 2010,  la première convention destinée à donner un cadre aux partenariats entre les universités et les Medef régionaux et territoriaux. Parmi les thèmes abordés : l’insertion professionnelle, la formation tout au long de la vie, l'employabilité, la mobilité, la recherche, l'innovation et le transfert de connaissance, l'entreprenariat, la gouvernance, le rôle des fondations. L’AGEN propose que les conseils d’UFR dénoncent la convention Universités-MEDEF

En préconisant les stages comme voie royale de l’ « insertion professionnelle » les universités sont les premières à faire commerce de leurs étudiants auprès des entreprises. D’autre part, l'échec à l'université n'est pas d'abord un problème pédagogique, c'est avant tout un problème social et économique. La faiblesse ou l'absence de bourses et de logements sociaux obligent 60% des étudiants, les premiers touchés par l'échec organisée, à se salarier. En bref, les autorités organisent actuellement le « précariat » prolongé des étudiants. L’AGEN propose que les conseils d’UFR mettent en place des cours du soir. Il faut faciliter la réussite des étudiants-salariés en laissant le choix entre contrôle terminal ou continu et par d’autres mesures


 

Pour l’égalité des droits : non aux discriminations, régularisation des sans-papiers

 

La discrimination raciale et nationale compte parmi les plus cruelles souffrances qui accablent les sociétés humaines. Au pays des droits de l’Homme, il y a des hommes et des femmes sans droits. Il serait illusoire de croire que notre université y échappe. L’année dernière l’AGEN a rédigé puis fait voté dans les conseils centraux une motion qui met fin au contrôle du titre de séjour lors de l’inscription. C’est un premier pas pour briser le racisme institutionnel. Mais les étudiants sans-papiers connaissent toujours les mêmes menaces rappelées par l’appel de RUSF Paris X : « Chasse aux sans-papiers, multiplication des expulsions et des contrôles d’identité au faciès, rafles à la sortie des écoles, des gares, des foyers, enfermement généralisé des étrangers en situation irrégulière dans des prisons qui ne disent plus leur nom. ». L’université doit cesser sa participation au racisme d’Etat qui se fait par l’absence de droits, des refus d’inscription et l’absence de détermination à défendre les étudiants étrangers piégés par l’administration française.. L’AGEN posera ce débat de l’égalité des droits dans les conseils.


Pour la défense du droit de grève. Pour la solidarité avec les réprimés des mouvements sociaux (lycéens, étudiants, travailleurs) !

Le grand mouvement de lutte qui s’est exprimé à propos des retraites durant deux mois en France s’est vu confronter à des mesures pour le brider : le pire exemple étant la réquisition de travailleurs grévistes sous menace de prison. Sur les universités s’est aussi développé un certain discours de délégitimation : des enseignants expliquant à leurs élèves que la grève étudiante n’était pas légale ou des petits soldats de la droite décomplexée, réactionnaires acharnés, appelant de leurs vœux des sanctions ou même des interventions policières à l’encontre des grévistes. Ces discours ne sont que la partie immergée de l’iceberg, l’objectif étant d’isoler tous ceux qui sont réprimés par l’Etat. Un Etat sécuritaire qui fait payer à de nombreux jeunes l’audace de s’être révoltés contre un ordre social injuste. Comme dans d’autres villes, de nombreux lycéens et quelques étudiants sont poursuivis à Nanterre dans le cadre de leur participation à la lutte sociale. L’AGEN présentera dans les conseils des motions de soutien aux réprimés des luttes sociales.


Pour le boycott universitaire et culturel d’Israël. L’Université de Nanterre doit rompre ses relations avec les universités israéliennes

 

Est-il légitime que notre université soutienne le colonialisme ? Cette question nous allons la poser à Nanterre avec le fracas de la vérité révolutionnaire. Le peuple palestinien colonisé, dépossédé, discriminé, massacré comme à Gaza, a lancé un appel au boycott des institutions israéliennes à l’instar du boycott de l’Afrique du Sud de l’apartheid. Le mouvement de boycott se développe partout dans le monde. Nous répondons à cet appel en premier lieu en balayant devant notre porte. Car, au sein même du système universitaire français, se développe, à travers le partenariat, la collaboration avec les universités israéliennes. Paris Ouest Nanterre La Défense propose en effet un programme d'échange avec l'université de Tel Aviv, Bar-Ilan University. La collaboration de l'université Paris Ouest avec les universités israéliennes participe à la normalisation des rapports avec le dernier Etat ouvertement colonialiste. Les universités israéliennes élaborent des théories d'occupations et de discriminations nécessaires à la politique israélienne. Elles fournissent des démographes, des psychologues et des analystes de stratégie qui participent à la colonisation et au régime d’occupation. Cela se manifeste par leur collaboration avec l'armée et les services de sécurité, ainsi que le soutien qu'elles apportent à l'industrie d'armement du pays. Elles n'ont jamais dénoncé les nombreux cas, où, Israël à fait fermer les centres académiques palestiniens. Aussi, les centres académiques israéliens écartent, pour « raisons de sécurité », les professeurs jugés sympathisants de la cause palestinienne. Rompre les relations académiques, c’est montrer que Nanterre refuse le colonialisme. L'AGEN appelle au boycott de l'Etat colon israélien et donc au boycott de ses universités.

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