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  • : Le blog de AGEN (Association générale des étudiants de Nanterre)
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Nous devons bannir de nos rangs toute idéologie faite de faiblesse et d’impuissance. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux.


"La situation actuelle et nos tâches" (25 décembre 1947)  Oeuvres choisies de Mao Tsé-Toung, Tome IV




 
Dans l’histoire de l’humanité, toute force réactionnaire au seuil de sa perte se lance nécessairement, dans un ultime sursaut, contre les forces de la révolution ; et souvent, des révolutionnaires sont un moment induits en erreur par cette force apparente qui dissimule la faiblesse intérieure, ils ne voient pas ce fait essentiel que l’ennemi approche de sa fin et qu’eux-mêmes sont près de la victoire.

« Le Tournant de la Seconde guerre mondiale » (12 octobre 1942). Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome III.

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 22:09

 

GIPN place Bellecour   

 

Le GIPN se déployant face aux manifestants de la place Bellecour, Lyon, 21 octobre

 

 

Otages ?



 « On ne peut pas laisser une minorité prendre en otage  la majorité des français »a dit Sarkozy jeudi dernier pour préparer la répression sur les grévistes des dépôts d’essence. En piétinant le droit de grève. A coup de réquisitions des ouvriers (selon la loi militaire) et de brutalités policières. A Grandpuits, à Saint-Nazaire, au Havre, à Lyon, mêmes brutalités face aux ouvriers et jeunes « preneurs d’otages ». De leur côté, au bout de six semaines de combat social, les universités commencent enfin à rejoindre le mouvement. Pourtant, vendredi matin, devant le blocage des bâtiments de sciences humaines, certains étudiants, perturbés dans leur train-train quotidien, ont repris comme un cri du cœur le discours du pouvoir et des médias sur les « otages ».


Dans la rhétorique des dominants, les grévistes, on les assimile couramment  à des preneurs d’otages, donc à des criminels. Peut-être n’est-ce pas là l’intention consciente de nos étudiants délicats, choqués par l’intrusion de la grève devant les amphis.  Mais lorsqu’un gouvernement prend des mesures à l’encontre de la majorité de la population, ces chers étudiants, à l’esprit si éclairé, ont-ils même l’idée de dénoncer cette intolérable prise d’otages de tout un peuple (excusez du peu) ?  Parlent-ils de prise d’otages par le capitalisme pour la destruction des emplois publics, les licenciements dits boursiers, les délocalisations ? A cet égard, les autorités et dirigeants évoquent la dure nécessité économique pour détruire sans ménagement des acquis sociaux et de millions des vies modestes. Ceux qui combattent les projets scélérats du gouvernement évoquent plus simplement la dure nécessité de la lutte. L’argument des otages n’est que la partie immergée de l’idéologie dominante. Alors, pour clarifier les enjeux tordons le cou à trois autres idées reçues véhiculées par les anti-grévistes.


Premier cliché réactionnaire. «  La grève pour les jeunes est une action irréfléchie d’une minorité d’agitateurs ». Pour l’instant environ 500 étudiants de Nanterre se sont déclarés ouvertement grévistes. Une minorité certes à l’échelle de lafac. Mais qui ignore que tous les combats sociaux du passé ont été menés, surtout au début, par des minorités ? Des milliers d’étudiants sont prêts à se révolter contre un ordre social injuste et rejoindre les millions qui sont entrés en lutte. Ils cherchent une voie. Plus profondément, la grève est un acte réfléchi. Là où il ya injustice, il y a résistance. Se mettre en grève c’est refuser la destruction progressive des droits sociaux acquis de haute lutte par les anciens. Se mettre en grève c’est refuser  que la crise soit payée par les masses populaires, c’est refuser que les problèmes sociaux et économiques soient ethnicisés. Se mettre en grève aujourd’hui pour les étudiants, c’est prendre le relais des lycéens, si combatifs, et se solidariser avec les grèves ouvrières. La grève actuelle a cristallisé la contestation autour de la réforme des retraites (qui soit dit en passant concerne toute personne qui connaît ou connaîtra le monde du travail) mais elle exprime un combat plus large : celui pour le présent et pour l’avenir d’une génération sacrifiée sur l’autel du profit et de la compétitivité économique. 


Deuxième cliché : « Le blocage nie la démocratie ». Les Assemblées Générales qui décident des modalités de lutte sont ouvertes à tous, contrairement au Sénat qui vient de faire passer la contre-réforme des retraites malgré l’opposition de la majorité de la population. Seule une croyance naïve dans les institutions de la démocratie capitaliste pouvait laisser penser à une autre issue. La démocratie parlementaire n’est qu’un paravent de la répression. Un instrument de domination qui sème des illusions démocratiques. Envoyer des CRS contre les piquets de grève, organiser la chasse aux jeunes, flashballiser et emprisonner les lycéens, c’est l’œuvre de notre « démocratie ». Pour défendre  un système économique qui ne profite qu’a une minorité, les dominants peuvent arrêter des syndicalistes, interdire des mouvements, promulguer des lois d’exception. Dans leur bouche pleine de cadavres, ils crachent en boucle le mot démocratie pour clouer le bec des mécontents. Mais toute assemblée populaire est mille fois plus démocratique que leur assemblée de parvenus et de notables.  Le pouvoir méprise trois millions de manifestants. Le blocage de l’économie est donc l’arme qui  reste à ceux qui n’ont pas d’armes et qui ne se résignent pas. Chacun peut comprendre qu’une grève pour être écoutée doit faire du bruit, pour faire du bruit elle doit gêner, perturber l’ordre social. Ne pas réagir revient à accepter la situation par fatalisme. Or, c’est ce qu’attend le gouvernement : l’épuisement du mouvement.  N’oublions pas que tous les droits, congés payés, retraites, sécurité sociale ont été obtenus et défendus dans la rue et grâce a des mouvements de grèves générales. C’est pourquoi tous les blocages qu’ils soient économiques, lycéens ou universitaires sont un moyen de résister, de libérer du temps et de construire le rapport de forces.L’Etat accepte la grève tant qu’ « elle ne se voit pas », tant qu’elle ne dérange personne. Ceux qui prônent la grève sans perturbation sont en réalité des anti-grévistes car ils ne veulent que d’une grève invisible, silencieuse et surtout qui ne vient pas interrompre leur quotidien.


Troisième mensonge : « Les lycéens de Nanterre sont des casseurs, des éléments irresponsables et  incontrôlables ». Certains étudiants refusent une liaison avec les lycéens en lutte. Le gouvernement a malheureusement réussi sa propagande sur certains esprits. « Tiens voila les casseurs », cette phrase pavlovienne est entendue très souvent lorsque des lycéens  rejoignent l’université. Les lycéens demandent simplement aux étudiants de reprendre le flambeau. A l’AG de vendredi un lycéen de Joliot-Curie a lancé un appel clair : « Sortez la tête de vos livres et venez nous rejoindre dans la lutte. Utilisez les mots et le savoir que vous connaissez pour nous aider ».  A cause des médias, on ne voit plus les lycéens comme des jeunes luttant pour un meilleur avenir mais comme une menace, comme des machines à casser. Ce n’est pas pour rien si la police a choisi d’interdire l’accès à leur établissement aux lycéens  des quartiers populaires, les empêchant ainsi de faire leur assemblée générale. Pourquoi la police n’est-elle pas allée dans les lycées parisiens huppés qui sont également bloqués ? La réponse vient d’elle-même, les serviteurs de l’Etat bourgeois cherchent à diviser quand une mobilisation leur fait peur. Jugés irresponsables politiquement, la justice d’abattage se fera fort de  rappeler aux lycéens  leur responsabilité pénale, au besoin, par de la prison ferme. Les bienpensants agitent le spectre des « cités » et de la prétendue « guérilla urbaine ». La construction médiatique et politique de l’ennemi social a connu trois étapes. D’abord, des lycéens sont présentés comme des  manifestants irresponsables jusqu’aux premiers  affrontements face à la police, puis, c’est l’apparition des « éléments extérieurs venus  des cités », enfin des barbares « prédateurs agressant la population française » que le député UMP de Lyon propose « d’expulser du territoire national ». Cette grille de lecture correspond à la fascisation progressive de la société française.  Les autorités ont  voulu discréditer le mouvement lycéen et ont provoqué les débordements. Si les lycéens s’allient aux étudiants et aux travailleurs que se passera-t-il ? Le gouvernement veut éviter une situation qui lui serait fatale. C’est pourquoi il ne faut en aucun cas céder, et consentir à  la manipulation médiatique et politique.


 

NANTERRE UNIVERSITE DOIT REJOINDRE LE MOUVEMENT SOCIAL !

FAISONS DE NOS FACS DES FOYERS DE RESISTANCE

FACE A L’IDEOLOGIE DOMINANTE !

LUTTE POUR L’UNITE, UNITE POUR LA LUTTE !

OSER S’ORGANISER, OSER LUTTER, OSER VAINCRE !

 

 

 

Association générale des Etudiants de Nanterre (AGEN)

 


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