Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de AGEN (Association générale des étudiants de Nanterre)
  • Le blog de AGEN (Association générale des étudiants de Nanterre)
  • : Pour un syndicalisme de combat.
  • Contact

Infos et citations

Nous devons bannir de nos rangs toute idéologie faite de faiblesse et d’impuissance. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux.


"La situation actuelle et nos tâches" (25 décembre 1947)  Oeuvres choisies de Mao Tsé-Toung, Tome IV




 
Dans l’histoire de l’humanité, toute force réactionnaire au seuil de sa perte se lance nécessairement, dans un ultime sursaut, contre les forces de la révolution ; et souvent, des révolutionnaires sont un moment induits en erreur par cette force apparente qui dissimule la faiblesse intérieure, ils ne voient pas ce fait essentiel que l’ennemi approche de sa fin et qu’eux-mêmes sont près de la victoire.

« Le Tournant de la Seconde guerre mondiale » (12 octobre 1942). Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome III.

Recherche

29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 23:29

capital-et-poing.jpg

 

LES MASSES FONT L’HISTOIRE!

 

Mohamed Bouazizi, 26 ans s’immole à Sidi Bouzid ; Alexandros Grigoropoulos, 15 ans, est tué par la police en Grèce ;  Geoffrey Tidjani, 16 ans, est défiguré par un tir de flashball à Montreuil. Des vies fauchées, des vies mutilées par la dictature du capital. Mais pas en vain. Car la colère et la solidarité s’expriment, surtout dans la jeunesseQuand l'ordre est injustice, le désordre est déjà un commencement de justice. Romain Rolland voyait juste. Un peu partout, La paix sociale si favorable aux dominants est rompue.

Nos cœurs battent au rythme des combats des étudiants de Londres, des masses opprimées égyptiennes, des ouvriers du textile au Bangladesh. De Rome à Athènes, de Tunisie à Porto Rico, le nouveau chasse l’ancien. C’est souhaitable et nécessaire et c’est tant mieux. Un nouvel internationalisme des peuples va naître car les révoltes actuelles ne sont pas les feux de paille d’une colère éphémère, ni de simples émeutes sporadiques et sans consistance. (suite page 2)


Les révoltes actuelles sont les premiers pas d’un mouvement de fond historique. Ici, dans les centres opulents de l’impérialisme. Là-bas dans les pays opprimés. La seconde vague des révolutions prolétariennes se fraie un chemin.

 

La vulgarité bourgeoise craint comme la peste la « contagion » des soulèvements, elle voit les luttes populaires comme une épidémie mortelle, elle manœuvre et sue de tous ses pores pour préserver ses privilèges menacés. Avec un succès apparent : depuis la crise des « subprimes » de 2008, les 500 premières fortunes de France se sont reconstituées (selon le journal patronalChallenges) alors que les inégalités explosent littéralement. Dans les esprits le défaitisme fait encore des ravages. Alors, dans ces conditions, de quoi la bourgeoisie peut-elle avoir peur ? Pourquoi multiplie t-elle les dispositifs sécuritaires comme la scélérate LOPPSI  2 ? Pour une raison cruciale : l’attitude qui consiste à subir la gestion capitaliste de la crise fait de moins en moins d’émules. Les dominants se préparent à des affrontements de grande ampleur. Le réveil des peuples étranglés par les despotes locaux et le capitalisme mondial fait trembler les bases de l’exploitation et de l’oppression.

 

Les marxistes disent souvent qu’il faut se mettre à l‘école des masses. C’est la clef d’une politique d’émancipation. Ainsi la lutte du peuple tunisien a chassé un tyran choyé depuis 23 ans par la communauté des grandes puissances, elle a démasqué du même coup l’aspect criminel de l’impérialisme français. Ce que prouve aussi le mouvement révolutionnaire en Tunisie c’est que ce ne sont ni les élections illusoires de la démocratie de marché, ni les élites éclairées qui changent le monde. Ce sont les damnés de la terre en révolte, ce sont les  soulèvements populaires qui changent le cours des choses. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux.

 

  De nouvelles valeurs se forgent dans le combat social car les Illusions perdues sont source d’avenir. Ne nous trompons pas, même dans le prétendu bien-être de nos sociétés de consommation, l’alternative sera de plus en plus : socialisme ou barbarie. La question se pose aussi pour nous. Dans les universités comme ailleurs, sous des formes spécifiques, cette alternative va décider des luttes à venir. Le conflit est le père de toute chose disait Héraclite, le penseur qui a inventé la dialectique. Il faut se mettre au niveau du conflit fondamental qui définit notre époque, celui qui oppose les masses populaires et l’ordre capitaliste. Dans une société divisée en classes on ne peut échapper aux luttes des classes. Les étudiants doivent choisir leur camp.

 

Nous défendons la perspective révolutionnaire. Nous ne sommes pas des existentialistes en extase célébrant la révolte pour elle-même. En tant que révolutionnaires nous ne pouvons être des apologistes béats du spontanéisme. La spontanéité n’est que l’embryon de la conscience. Sans programme et théorie révolutionnaire, il n’y a pas de révolution. Nous nous rappelons la fameuse leçon de Lénine. Une révolution ne surgit pas de toute situation révolutionnaire[1]. Une situation révolutionnaire rassemble trois conditions objectives (crise dans les classes dirigeantes, aggravation de la misère et de la détresse des masses et activité grandissante jusqu’à une action historique indépendante du prolétariat). Nous vivons actuellement les prémisses de cette situation révolutionnaire. Mais, Lénine, en stratège, ajoute qu’il faut ajouter un facteur subjectif supplémentaire et décisif : « la capacité, en ce qui concerne la classe révolutionnaire, de mener des actions révolutionnaires de masse assez vigoureuses pour briser complètement (ou partiellement) l'ancien gouvernement, qui ne "tombera" jamais, même à l'époque des crises, si on ne le "fait choir" ».Ce facteur subjectif c’est l’organisation révolutionnaire. Sa reconstruction est la tâche principale des révolutionnaires en France.

 

Reconstruire le camp révolutionnaire, du moins y contribuer, signifie déjà ne pas sombrer dans la prostitution électorale de 2012. Notre ligne de conduite est claire : opposer un refus net à la seule issue que proposent les écuries de la gauche alternative et de l’extrême-gauche plurielle, éternelles rabatteuses de la social-démocratie. L’AGEN que ce soit dans les luttes revendicatives ou dans les luttes politiques ne contribuera pas au nom du « moindre mal » à la victoire électorale d’un nouveau pouvoir bourgeois de gauche flanqué de ces misérables appendices de la « gauche de la gauche ». Nous nous attelons aussi à notre tâche principale : créer un mouvement révolutionnaire de la jeunesse.

 

[1] Lénine, la faillite de la IIème Internationale

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires