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  • : Le blog de AGEN (Association générale des étudiants de Nanterre)
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Nous devons bannir de nos rangs toute idéologie faite de faiblesse et d’impuissance. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux.


"La situation actuelle et nos tâches" (25 décembre 1947)  Oeuvres choisies de Mao Tsé-Toung, Tome IV




 
Dans l’histoire de l’humanité, toute force réactionnaire au seuil de sa perte se lance nécessairement, dans un ultime sursaut, contre les forces de la révolution ; et souvent, des révolutionnaires sont un moment induits en erreur par cette force apparente qui dissimule la faiblesse intérieure, ils ne voient pas ce fait essentiel que l’ennemi approche de sa fin et qu’eux-mêmes sont près de la victoire.

« Le Tournant de la Seconde guerre mondiale » (12 octobre 1942). Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome III.

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 23:39

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« On peut prévoir que dans les élections au suffrage universel se manifesteront pleinement les illusions et les mythes qui soutiennent l’Etat et dont le peuple est loin d’être débarrassé. Contrairement aux attentes des démocrates et des républicains, on peut prévoir que les hommes traditionnellement  soumis à leurs maîtres et encore incapable de se saisir de leur propre liberté, choisiront pour les représenter leurs propres exploiteurs… » (K.Marx, 1848)

 

«  Le suffrage universel représente l’indice qui permet de mesurer la maturité de la classe ouvrière. Il ne peut être rien de plus, il ne sera jamais rien de plus dans l’État actuel » (Engels, 1895).



 1. Le sens de l'élection présidentielle de 2012

 

Lundi 13 février, le candidat Hollande, qui veut rassurer les marchés et « donner du sens à la rigueur », a déclaré à Londres aux journalistes du journal patronal Guardian's : « Aujourd'hui il n'y a pas de communistes en France… La gauche a gouverné pendant quinze ans, pendant lesquels elle a libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n'y a pas de crainte à avoir. »


Dans cet interview, le candidat favori  de la gauche parlementaire a révélé le secret de polichinelle de l'élection présidentielle d'avril-mai 2012 en France. Dans le cas d'une alternance à gauche (comme ce fut le cas en 1981 et en 1997), le capitalisme financier n'a aucune crainte à avoir. Ni de la part de la gauche modérée et gouvernementale dont la trahison historique est la raison d'être. Ni de la part de ses propres supplétifs et autres rabatteurs de voix. Les écuries du Front de gauche et des trois partis trotskistes (NPA, LO, POI), pseudos-révolutionnaires de la lamentable extrême-gauche institutionnelle, sont comme chacun sait des artisans actifs de la comédie électorale et de ses ralliements honteux. Il s'agira, une nouvelle fois, au nom du « moindre mal », de donner une créance à une nouvelle « gauche plurielle » capitaliste qui pourra commencer ses basses œuvres sous couvert de chasser Sarkozy. Une première conclusion s'impose : un mouvement révolutionnaire ne saurait exister sans rupture avec cette mécanique infernale, Quant à l'absence de communistes (de révisionnistes en fait)1, la petite phrase a fait s'étrangler de rage les tenants du Front de gauche et de son habile illusionniste en chef, l'ex-sénateur socialiste Mélenchon. Pourtant, elle n'est qu'un constat froid. Celui d'un PCF cadavérique, liquidé par Mitterand, totalement rallié à la social-démocratie et aux délices du capitalisme régulé. Le PCF reste soumis aux marchandages électoraux et au bon vouloir du PS, et son journal L'Humanité, triste symbole, est désormais possédé à 20% par Lagardère, TF1 et La Caisse d'Epargne ! 


Revenons à l'essentiel. Le capitalisme financier, responsable d'un désastre planétaire que personne n'ose plus nier, sortira indemne et même revigoré, du moins provisoirement, par l'onction du vote « populaire ». L' expérience historique montre que l'élection, quand elle est organisée par la classe dominante, est un outil majeur dont dispose le capitalisme et l'Etat bourgeois pour balayer les aspirations populaires et redonner une virginité à ses fondés de pouvoir. Les exemples ne manquent pas : Le Coup d'Etat de Napoléon III en 1851 confirmé par plébiscite, la chambre « bleue horizon », les élections qui ont suivi Mai 1968 en France avec De Gaulle, les votes de 2011 qui ont suivi le « printemps arabe » pour mieux l'enterrer en Egypte et en Tunisie, l'élection en 2011 des débris du franquisme rassemblées dans le PPD en Espagne après le mouvement des Indignados. Le vote sous régime bourgeois est une arme contre-révolutionnaire. Le peuple, si nous comprenons par là les masses populaires, ne se trompe pas comme le remarquait déjà Rousseau. Mais par contre il est souvent trompé. Trompé d'abord par une démocratie électorale qui prétend être l'émanation de son pouvoir ( de sa « souveraineté ») alors qu'elle en est la confiscation plus ou moins raffinée. Les élections de 2012 se résument à l'opération rituelle de légitimation du système capitaliste. Selon une formule de Marx, le peuple est invité à choisir quel membre de la classe des exploiteurs foulera aux pieds ses droits dans les années à venir.


Que Sarkozy « dégage » ou pas, pour reprendre les slogans stéréotypés de l'arche croulante du NPA, le rôle de l'élection présidentielle de 2012 sera effectivement de renforcer le consensus autour du capitalisme et de ses solutions à la crise. Il ne peut en être autre autrement car lorsque le règne de la bourgeoisie n'est pas menacé par des soulèvements populaires orientés par un projet communiste, le régime parlementaire est la forme la plus sûre de la dictature du Capital. A l 'inverse, lorsque son règne est menacé, la bourgeoisie fait alors appel au fascisme, à la dictature ouverte des éléments les plus réactionnaires, une « alternative » pestiférée qui grandit partout aujourd'hui en Europe.

1Pour le mouvement communiste, le révisionnisme moderne désigne le courant qui a pris la direction de presque tous les partis communistes créés par la première IC, qui a trahi en théorie et en pratique tous les principes du marxisme-léninisme et qui a transformé les PC en leur contraire. Le révisionnisme moderne a été la force principale de la corrosion de l'ancien mouvement communiste. En URSS depuis les années 1950 avec Khrouchtchev et en Chine avec Deng Xiaoping depuis les années 1970, les révisionnistes modernes ont été les promoteurs de la restauration pacifique et graduelle du capitalisme. En France et en Italie, où il y avait les deux plus puissants PC des pays impérialistes, ils les ont transformés en partis réformistes.

 

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