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  • : Le blog de AGEN (Association générale des étudiants de Nanterre)
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Nous devons bannir de nos rangs toute idéologie faite de faiblesse et d’impuissance. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux.


"La situation actuelle et nos tâches" (25 décembre 1947)  Oeuvres choisies de Mao Tsé-Toung, Tome IV




 
Dans l’histoire de l’humanité, toute force réactionnaire au seuil de sa perte se lance nécessairement, dans un ultime sursaut, contre les forces de la révolution ; et souvent, des révolutionnaires sont un moment induits en erreur par cette force apparente qui dissimule la faiblesse intérieure, ils ne voient pas ce fait essentiel que l’ennemi approche de sa fin et qu’eux-mêmes sont près de la victoire.

« Le Tournant de la Seconde guerre mondiale » (12 octobre 1942). Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome III.

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 23:25

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2. Se débarrasser du mythe de la démocratie bourgeoise et du mythe de la gauche pour reconstruire le camp révolutionnaire


Les élections sont en France, pays de vieille « démocratie républicaine »  l'objet d'une sorte de culte païen. On les entoure d'une importance démesurée alors même que l'on sait parfaitement que les changements seront homéopathiques et en tout cas circonscrits à l'intérieur de limites très strictes. Par le processus électoral, on ne peut pas sortir de l'organisation de la production pour le profit, des échanges marchands, de la division du travail, de l'enrichissement personnel, de l'héritage familial et par là même de la reproduction sociale des dominants et des dominés, Les élections dont on nous rabâche qu'elles sont la quintessence de la démocratie sont une formidable opération de manipulation et de mobilisation des masses vers l'impasse réformiste ou conservatrice. En France, l'exemple le plus clair et le plus massif des illusions charriées par la démocratie bourgeoise est assez récent. Le référendum sur le traité européen (TCE) en 2005 a donné lieu à une opposition entre le camp du « Oui », camp de la classe politique dite de gouvernement, relayée par tous les mass médias et les « décideurs » économiques et le camp du « Non » et des « populistes » qui l'a emporté dans les urnes. Les citoyens ont « mal voté ». Pour que les affaires reprennent les partis de gouvernement ignoreront donc ce vote « souverain ». Le contenu du traité sera validé par voie parlementaire, entre « gens biens et raisonnables ». A l'échelle continentale La démocratie bourgeoise de basse intensité est devenu le régime actuel en Europe. Pour preuve, le renversement du gouvernement grec en 24h en novembre 2011 car son chef brandissait la menace d'un recours au référendum sur les mesures antipopulaires imposées par les marchés et l'UE (privatisations, baisse des salaires, démantèlement des protections sociales).


Les grandes figures du socialisme ont bien décrit cette nature de l'Etat « démocratique » sous le capitalisme. Quand une crise aiguë se présente, les masques tombent. Selon Marx et Lénine (L'Etat et la révolution, 1917), la république démocratique est la forme d’État la plus progressiste en régime bourgeois. Or, une telle république est fondamentalement caractérisée par la toute-puissance du capital, de la richesse. Lénine, citant Engels, dit: « Dans la république démocratique... ‘la richesse exerce son pouvoir d’une façon indirecte, mais d’autant plus sûre’. (...) premièrement, par la ‘corruption directe des fonctionnaires’ et deuxièmement, par ‘l’alliance du gouvernement et de la Bourse’." » Puis Lénine conclut: « La toute-puissance de la ‘richesse’ est plus sûre en république démocratique, parce qu’elle ne dépend pas des défauts de l’enveloppe politique du capitalisme. La république démocratique est la meilleure forme politique possible du capitalisme; aussi bien le Capital, après s’en être emparé, assoit son pouvoir si solidement, si sûrement, que celui-ci ne peut être ébranlé par aucun changement de personnes, d’institutions ou de partis dans la république démocratique bourgeoise. »



Comme on le voit, le constat de la crise politique n'est pas nouveau. Il part de la rupture évidente entre les partis constitués de droite ou de gauche et leurs bases : adhérents et électeurs potentiels. En France, les différentes « boutiques » de l'arc politique, du FN aux gauchistes politiquement corrects, s'activent selon leur agenda électoral alors même que certains scrutins comme celui du 7 juin 2009 atteignent 59,5% d'abstentions et même 80% dans de nombreux quartiers ouvriers. La solution apportée par les réformistes de tous acabits définit l'horizon maximal des opportunistes en régime parlementaire. Il faudrait renouveler le contrat fictif (le Contrat Social) qui lierait les citoyens au gouvernement représentatif. De là toutes les recettes concoctées en vue d'améliorer la « démocratie » : du mandat unique au décompte des bulletins blancs, des procédures de démocratie représentative (altermondialistes, Royal, en 2007) aux projets de Constituante (Indignados, Mélenchon, en 2012). En résumé, nos rebelles domestiqués veulent changer le monde par un replâtrage institutionnel sans toutefois toucher au règne despotique de la bourgeoisie impérialiste. Ils feignent d'ignorer que la crise politique n'est pas une question formelle ou morale. Elle est issue, par une série de médiations, de la crise économique. Les institutions qui ont permis l'accumulation du capital ne marchent plus, car elles ne règlent plus les conflits internes à la classe dominante. Celle-ci doit enlever aux masses populaires tout ce qu'elles ont conquis dans la période précédente, Dans cette situation, tous les projets de réforme institutionnelle sont en définitive des drapeaux bariolés dans le champ de bataille où s'affrontent les groupes de la classe dominante.


La question essentielle « oubliée » par tous les tenants de la « gauche » c'est qu'à l'époque de l'impérialisme, il ne peut y avoir que deux types de pouvoir et deux types de politiques différentes. Soit la politique de la bourgeoisie qui cherche à à traiter les contradictions entre les groupes qui la composent et à maintenir soumises et divisées les autres classes. Soit la politique de la classe ouvrière qui cherche à dépasser les divisions qu'elle vit et à unir et à diriger les autres classes populaires pour prendre le pouvoir à la bourgeoisie impérialiste. Que la politique bourgeoise soit réformiste ou conservatrice, libérale ou keynésienne, cela ne change rien à l'alternative.  Dans le premier cas, la bourgeoisie imperialiste cherche à pérenniser son système(le capitalisme financier); y compris par le recours au solutions ultimes( le fascisme) pour faire face à ses crises. Dans le second cas, la classe ouvrière dirige par son parti communiste renversera la bourgeoisie par la force et imposera son alternative historique - c'est à dire- la dictature du prolétariat et la construction du socialisme. Il est vrai que cette distinction entre politique bourgeosie et politique prolétarienne est élémentaire pour tous les révolutionnaires. Mais elle est pourtant brouillée sous l'effet d'un matraquage idéologique et sous les tirs de barrage des « anticapitalistes » secondaires qui remplace les contradictions de classe par la fameuse distinction Droite/Gauche.


La notion de Gauche a une valeur historique incontestable mais elle a connu une évolution dialectique. Le conflit est le père de toutes choses disait Héraclite, La culture politique des combats pour l'émancipation sociale est justement fondée sur la reconnaissance du conflit. Le conflit compris comme expression de la réalité (dialectique) et comme moteur d'avancées historique s (la lutte des classes). Cette culture est issue de toute une séquence historique qui débute au XVIII° siècle en Europe avec l'idée que l'être humain fait, individuellement et collectivement, son histoire contre les conceptions du l'Ancien régime qui déléguaient cette tâche à Dieu ou au roi, sacralisant l'ordre social injuste. Pour les progressistes, les transformations sociales passent par l'action historique collective, par le conflit de classes. Les Lumières, la Révolution française, le mouvement ouvrier socialiste et marxiste, 1848, la Commune de Paris, la révolution russe, la révolution chinoise sont les moments marquants de ce conflit. La notion de Gauche rassemblait tous les partisans de ces événements alors que la Droite regroupait les puissances forces de la réaction, de la droite conservatrice aux fascistes, tous les ennemis des soulèvements populaires et de l'émancipation1. Dans ce sens la gauche sociale-démocrate qui, loin de se battre pour l'éradication des oppressions et la fin de l'exploitation de l'homme par l'homme, préserve les intérêts sociaux du capital dominant est passée avec armes et bagages du coté de la droite. La culture de droite est celle du consensus construit autour de la soumission volontaire de tous à la communauté nationale, au-dessus des classes, au caractère sacré de la propriété privée et à l'expansion impérialiste défendue comme intérêt national. Depuis 1914, la gauche sociale-démocrate a rejoint ce camp, celui de l' « Union sacrée » pour la grande boucherie, celui des pleins pouvoirs donnés à Pétain en 1940, celui des guerres coloniales (Jules Ferry, Guy Mollet, Mitterand ont été et sont toujours les héros de cette gauche), La trahison de la II° Internationale en 1914 a sonné la fin des illusions sur l'unité possible avec les fossoyeurs du mouvement ouvrier. Les séquences de son pouvoir sous la IV° et la V°République n'ont pas inversé ce constat. Désormais, refuser d'être compté dans la gauche, et même jeter aux orties cette notion mystificatrice mâtinée de collaboration de classe, est devenu un impératif pour tout anticapitaliste. Le PCF révolutionnaire des années 1920 et 1930 qui proposait une perspective communiste ne s'est jamais dit parti de gauche. Et pour cause ! Se dire de gauche c'est se dire partie prenante d'un système de gestion du capitalisme.


Depuis 50 ans, l'usure révisionniste du PCF jusqu'à sa liquidation et l'échec des tentatives faites jusqu'à maintenant pour sa reconstruction aboutissent au monopole de fait de groupes bourgeois (partis, syndicats) dans la représentation des masses populaires. Ces groupes utilisent une immense source d'énergie, celle de la résistance des massescomme monnaie d' échange et comme moyen de pression pour trouver leur place dans la contradictions entre les différentes fractions de la bourgeoisie dominante. Cette résistance se manifeste sous mille formes (des soulèvements de la jeunesse des « banlieues » aux mouvements contre les licenciements en passant par la lutte des ouvriers sans-papiers et des mal-logés). Le seule solution pour que cette résistance ne soit pas trahie c'est la reconstruction du camp révolutionnaire.


Participer aux élections aujourd'hui, c'est empêcher qu'émerge une force révolutionnaire autonome. Certes, la participation obligatoire ou le boycott systématique des élections ne sont pas en eux-mêmes des principes révolutionnaires. En réalité, les marxistes n'excluent aucune forme de lutte. Mais faire de la défensive une politique ( selon le mot d'ordre « défendre le ou la candidate anti-libérale pour reconstruire une aile anticapitaliste ») c'est une position inévitablement réactionnaire. Il ne s'agit pas de savoir si un parti révolutionnaire, celui du prolétariat comme l'ont défini Lénine (dans Que faire?) ou Mao (les trois armes de la révolution), doit ou non s'emparer de la tribune parlementaire. Il s 'agit en France et aujourd'hui de (re)construire un quartier général qui pose la question de la destruction du capitalisme et du passage de la résistance des masses populaires à la victoire. Pour commencer il faut se démarquer de tous les courants qui consolident l'ordre existant.


 

1. Les notions politiques de Droite et de Gauche sont issues de la révolution antiféodale de 1789. Il s'agit d'une décision de comptage : « Faut-il un droit de veto pour le Roi dans la nouvelle Assemblée Constituante ? ». Les partisans du roi se sont rangés à droite de l’assemblée, les républicains se rangeant à gauche.

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