Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de AGEN (Association générale des étudiants de Nanterre)
  • Le blog de AGEN (Association générale des étudiants de Nanterre)
  • : Pour un syndicalisme de combat.
  • Contact

Infos et citations

Nous devons bannir de nos rangs toute idéologie faite de faiblesse et d’impuissance. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux.


"La situation actuelle et nos tâches" (25 décembre 1947)  Oeuvres choisies de Mao Tsé-Toung, Tome IV




 
Dans l’histoire de l’humanité, toute force réactionnaire au seuil de sa perte se lance nécessairement, dans un ultime sursaut, contre les forces de la révolution ; et souvent, des révolutionnaires sont un moment induits en erreur par cette force apparente qui dissimule la faiblesse intérieure, ils ne voient pas ce fait essentiel que l’ennemi approche de sa fin et qu’eux-mêmes sont près de la victoire.

« Le Tournant de la Seconde guerre mondiale » (12 octobre 1942). Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome III.

Recherche

22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 21:53
arton1642.jpg
Rappel des faits :

Le vendredi 12 mai 2012 une centaine d’étudiants, d’enseignants et de personnels de l’université paris 8 Saint Denis se sont invités au CA(conseil d’administration) de leur université pour demander d'être consultés et que s’ouvre un large débat sur ce projet de PRES. En effet, ce projet à été élaboré en l’espace de quelques mois par le président de l’université de Nanterre, Mr Balaudé, à peine élu en 2012 et celui de l’université de Saint Denis, Mr Binczak, qui est quant à lui sur la fin de son mandat, mais qui espère bien être le premier président du projet PRES… Ce dernier, plutôt que de reporter son CA a préféré faire appel aux forces de l’ordre, pour mater la grogne et faire voter son projet en vitesse. Résultat : deux interpellations d’étudiants et de possibles poursuites en justice.
Rappelons que la franchise universitaire (qui interdisait l’entrée de la police sur les universités depuis le Moyen Age !) a été levée en 2001 pour accompagner le processus de privatisation de l’enseignement. Processus lancé au niveau européen visant à réaliser  l’économie de la connaissance la plus compétitive au monde”(objectif du Conseil européen de Lisbonne en 2000). Depuis, la constitution d’équipes de vigiles armés sur les universités et les seules interventions de la police ont consisté à réprimer des mouvements  étudiants qui contestaient essentiellement les réformes de privatisation. Ainsi, en 2007, quinze cars de CRS ont fait irruption sur l’université de Nanterre pour matraquer les étudiants qui combattaient la LRU (loi relative à l’autonomie des universités). 

Face à ces faits, nous sommes en droit de nous demander pourquoi ce projet de PRES est voté avec une telle précipitation et avec une si rapide répression de ceux qui demandaient simplement à participer au débat…

Exprimons notre solidarité avec les étudiants de Saint Denis et exigeons la relaxe immédiate des étudiants interpellés !
Exigeons la démission immédiate de Binczak (président de Paris 8 St Denis) qui a fait venir la police sur l’université contre ses étudiants!

Qu’est-ce que le PRES ?

Tout d’abord ce PRES « paris-Lumière » qui vise à la collaboration étroite entre Nanterre et Saint Denis et à la création de filières communes disposera d’un CA spécifique qui sera situé à l’extérieur des deux universités. De plus son règlement intérieur sera voté sans que puissent participer les représentants étudiants. Cela ne signifie pas que les instances universitaires aient été démocratiques un jour, mais souligne néanmoins la hiérarchisation accrue des petits technocrates qui appliquent les décisions ministérielles. Ils seront mis à l'écart de tout contrôle démocratique par les étudiants. Ces filières d’excellences pourront tranquillement devenir très coûteuses et se rapprocher des grandes entreprises par la création de filiales (décret n°2008-618, statut du PRES).

Ensuite ce projet vise à la collaboration de certaines filières entre les deux universités pour la création d’axes « d’excellences » (labex) - comme l’axe : « société, faire société, nouvelles sociabilités » associant des géographes, anthropologues, juristes, économistes ou l’axe : « Economie, énergie, environnement, finance ».  Mais alors qu’adviendra-t-il des autres filières classiques dont sont majoritairement composées nos universités?

Pour le comprendre il faut comprendre le contexte de privatisation (loi LRU). Celui-ci vise à rapprocher les universités des entreprises privées et consiste à allouer les fonds aux filières selon la réussite des étudiants et selon leur insertion sur le marché du travail. En réalité cette réussite et insertion des étudiants dépend de la conjoncture économique et géographique de l’emploi dans le secteur, et non pas de l’étiquette marketing du diplôme ! Or, en banlieue, on peut douter que la conjoncture soit toujours favorable. Dès lors, les petites filières hors PRES de nos deux universités de banlieue, considérées comme « non rentables » (histoire, ethnologie, sociologie, langues, lettres, philosophie) risquent de voir leurs budgets continuer à baisser, ou dans certains cas, elle pourront être supprimées ou jumelées au profit du PRES « d'excelence »! Mis à part le droit et l’économie à Nanterre qui peuvent servir directement en emplois La Défense... Mais rien n’empêchera que les budgets soient réduits à St Denis ...

En somme, rapprocher les facs de Nanterre et St Denis permettra à l'Etat de faire des économies sur les filières « non rentables » que l'université le veuille ou non. Or, selon Laurence Faure (sociologue de l’éducation et des inégalités), ce sont ces filières qui avait permis l’ouverture de l’université à un public local, qui est peu familiarisé aux codes de l’enseignement supérieur.  « Après une période de décentralisation et de territorialisation des sites de formation, une phase de reconcentration commence avec la mise en place des PRES ».  En somme en re-concentrant les enseignements, le PRES va encore réduire l’ouverture de l’université aux gens issus des banlieues et des quartiers populaires!

Nous ne voulons pas de cette université là, nous voulons une fac accessible à tous et non asservie à l'économie de marché, nous voulons des bourses et des logements pour étudier!

Des bourses et des logements sociaux pour étudier !
Facs ouvertes aux enfants d’ouvriers et d’immigrés !

Ces transformations élaborées au niveau européen et imposées chez nous à l’aide de la LRU (loi de privatisation, 2007) répondent à une logique de classe, notamment pour servir le bassin de l’emploi selon les besoins du patronat et pour réduire le rôle de l’enseignement à celui de vassal du système économique. (Ce qui est déjà en partie le cas).

L’incapacité du syndicalisme institutionnel (UNEF) à se positionner contre le projet de PRES et contre la LRU révèle son vrai visage, sa direction ne permet pas que l’on s’y oppose. Car ces plans capitalistes et libéraux ne sont pas remis en cause par le PS au pouvoir :
« Les rapprochements entre universités mais aussi entre universités et grandes écoles sont nécessaires. »
« Ce lien entre les universités et leur territoire est essentiel, il devra être renforcé. L'université doit s'inscrire pleinement dans les enjeux propres à son bassin de vie. » (Hollande)

Mais le problème est bien là: toutes les universités n’ont pas le même « bassin de vie », certaines facs, dans des secteurs désindustrialisés par exemple, auront du mal à trouver des partenariats. Les facs aux taux d’insertion faible (dus au chômage) risquent de perdre leurs fonds pour devenir des facs poubelles. L’austérité dictée par le FMI, la BM et l’UE va accentuer ce phénomène en exigeant de réduire les dépenses de l’Etat! Ces cinq prochaines années les masques vont tomber chez ceux qui ne feront qu’appliquer ces plans impérialistes en France. A l’heure actuelle de nombreux étudiants se battent contre ce type de réformes : au Québec, au Maroc, au Chili, et se sont déjà battus ces dernières années en Grèce, Italie, Espagne, France. 


A bas la privatisation ! Retrait du PRES ! Abrogation de la LRU ! 

Qu’elle université voulons nous ?

Une chose est sûre, nous ne voulons pas d'une université à deux vitesses, formant de manière sélective les grands cadres et d'un autre coté les petits larbins d’un système injuste qui nous plonge dans la crise… Une université au service de la bourgeoisie et du patronat qui ferme ses portes aux milieux populaires! Nous n’en voulons pas… Et nous la combattrons !!! Nous voulons une université ouverte à tous et au service du peuple proposant des formations EGALITAIRES. Une université capable de réfléchir sur la société et formant des individus capables de la transformer ! Pour cela, les sciences humaines doivent s’ouvrir, être financées et être valorisées ! Nul besoin de PRES pour développer des partenariats ! Nous ne sommes pas contre tout liaison avec l’économie, mais seulement si celle-ci sert le peuple et lui est utile ! Mais pourquoi financer en boucle les futurs traders et banquiers de La Défense ?! Et valoriser l’université dans ce sens ? Ce dont nous avons besoin - et qui n’en a pas conscience ?- c’est d’une transformation radicale de la société. Pour cela nos facs doivent rester des foyers de réflexion, de résistances et de luttes !
Pour ne pas laisser le terrain à l’extrême droite, renforçons le combat contre la privatisation et l’austérité par des fronts de lutte à la base!

Formations égalitaires! Allocation des fonds selon les besoins !
Flics, banques et patrons hors des facs !


Edito: Cohn Bendit au CA de l’université!
Une trahison bouclée!

Pour gagner sa place dans la mise en concurrence des universités notre université est en quête d’une nouvelle image… Une image plus « innovante » plus « marketing »... Finie l’image de Nanterre la rouge, fac de banlieue, entourée de bidonvilles... A cet effet Paris X Nanterre a été renommée « Paris 10 Nanterre La Défense ». Il fallait qu'elle se rapproche du monde des affaires et de la finance même si celui-ci nous plonge dans une crise générale du capitalisme. Une image qui montre la soumission toujours plus forte de l’université aux intérêts du grand capitalisme. Une image qui marque son soutien aux tenants de la privatisation qui nous est imposée petit à petit grâce à la LRU (loi de privatisation des université, 2007) et l’actuel PRES. Détrompons nous, cette fois ci l’université, munie d’un nouveau président (Mr Balaudé), a voulu jouer la carte de la séduction en invitant au CA (conseil d’administration) de l’université Daniel Cohn Bendit, l’un des leaders de mai 68. Comme pour nous dire: « regardez! Nous sommes ouverts sur le monde, et pas seulement celui des crapules de la défense! Regardez comme les révolutionnaires doivent s’assagir et participer au consensus!». Mais bas les pattes des traites! Nous ne sommes pas dupes!

Doit-on rappeler que l’université est actuellement en voix de privatisation, que les représentants étudiants ont été réduits dans les conseils universitaires et vont encore l’être dans le projet de PRES, au profit de personnalités extérieures. Que les dirigeants de l’université n’ont fait qu’appliquer servilement les réformes exigées par le précédent gouvernement (nullement remis en cause par le nouveau) malgré l’opposition de la majorité de la communauté universitaire et plusieurs grèves? Des réformes capitalistes qui consistent à couper des fonds, à réduire des postes, à trouver des partenariats avec des entreprises privées pour se financer, donnant lieu à des licences professionnelles « BNP Paribas » (ainsi, l’université ne choisit plus le contenu du diplôme mais finance la formation pour une entreprise au profit des patrons, ce qui ne réduit en rien le chômage des jeunes contrairement à ce que véhiculent certains mensonges). L’actuelle mise en place d’un PRES(collaboration étroite avec paris 8 Saint Denis) par les deux universités va dans ce sens. (voir la déclaration de l'AGEN sur le PRES)

La privatisation comme l’austérité est le programme de la classe capitaliste qui nous asservi. A l’heure où les dirigeants de l’université ne font qu’appliquer les demandes libérales de l’Etat et de l'Union Européenne, jouer au révolutionnaire de façade en invitant Conh Bendit au CA est une belle farce... Cohn Bendit na jamais été le révolutionnaire que l’on veut nous faire croire, il s’agissait d’un petit bourgeois anarchiste qui voulait « baiser » librement. Sa trahison est donc sans importance et il vient la terminer en administrant la tour (du Batiment B) que les étudiants avaient courageusement occupée en mars 1968 (événement précurseur du mouvement historique de 1968). Le 12 mai 2012, 100 étudiants de l’université de Saint Denis ont envahi le CA(conseil d'administration) pour protester contre ce projet de PRES, deux d’entre eux ont été interpellés et risquent des poursuites, la voilà leur soit disant démocratie, prête à réprimer quiconque lui barre la route !
Aujourd’hui ce dont nous avons besoin c’est bel et bien d’actions, de manifestations et d’occupations pour combattre la privatisation et les plans d’austérité téléguidés par la bourgeoisie Européenne et sa troika (FMI, BM, UE), cela passe nécessairement par l’organisation à la base. Nous n’avons pas besoin de clowns dans nos conseils pour appliquer les mesures libérales du gouvernement et pour donner une quelconque image à notre université.

Ce dont nous avons besoin aujourd’hui c’est de nous souvenir ce qui a réellement effrayé en 1968 et permis de nombreuses avancées sociales comme des augmentations de salaires, une grève générale reconductible, la solidarité des étudiants avec les ouvriers (manifestation vers Boulogne), la marche vers les bidonvilles, la lutte des étudiants contre l’impérialisme et la guerre au Vietnam! Tout en ne négligeant pas la lutte pour l’émancipation de la femme contre les tenants de l’ordre moral bourgeois.

Le camp révolutionnaire est à reconstruire!
OSEZ LUTTER, OSEZ S’ORGANISER, OSEZ VAINCRE!

"Personnalités extérieures" nommées par le Président
de l'université:
- M. Pierre DHOMPS, représentant du MEDEF ;
- M. Daniel COHN-BENDIT, personnalité désignée à titre personnel.
(RELEVE DE DELIBERATIONS
DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
DU 2 AVRIL 2012)

Partager cet article

Repost 0

commentaires