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  • : Le blog de AGEN (Association générale des étudiants de Nanterre)
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Nous devons bannir de nos rangs toute idéologie faite de faiblesse et d’impuissance. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux.


"La situation actuelle et nos tâches" (25 décembre 1947)  Oeuvres choisies de Mao Tsé-Toung, Tome IV




 
Dans l’histoire de l’humanité, toute force réactionnaire au seuil de sa perte se lance nécessairement, dans un ultime sursaut, contre les forces de la révolution ; et souvent, des révolutionnaires sont un moment induits en erreur par cette force apparente qui dissimule la faiblesse intérieure, ils ne voient pas ce fait essentiel que l’ennemi approche de sa fin et qu’eux-mêmes sont près de la victoire.

« Le Tournant de la Seconde guerre mondiale » (12 octobre 1942). Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome III.

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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 17:36

                        



                     Ils veulent une université au service du capital !

           Nous voulons une université ouverte aux enfants d’ouvriers ! 

 

 

Deux nouveaux décrets Pécresse, deux avortons de la LRU.



A l’appel des enseignants-chercheurs, les universités de France se mettent en grève. Les revendications sont le retrait de deux décrets.


Le premier décret concerne le statut des enseignants-chercheurs qui est amené à être changé radicalement. En effet, avec ce décret l’enseignant-chercheur ne sera plus évalué par ses pairs mais par le président d’université qui pourra « punir » ceux qu’il jugera être de mauvais enseignants en leurs augmentant leurs nombres d’heures de cours  au détriment de leur travail de recherche. La question qui nous taraude est comment un président d’université peut-il évaluer un prof alors qu’il n’en a pas les compétences ? Comment ce président peut-il prétendre émettre un jugement sur une discipline qu'il n'a jamais enseigné ? Et bien peu importe, Pécresse ne recherche pas la qualité de l’enseignement mais la rentabilité. Il faut des profs rentables, qui publient beaucoup et qui surtout soient à la botte de leur supérieur hiérarchique. Il ne s'agit cependant ni d'une surprise, ni d'une nouveauté. À ceux qui disent que le statut des enseignants-chercheurs n'est menacé qu’à cause du décret nous leur rappelons ce qui est stipulé dans la loi, dite LRU : « Dans un délai de cinq ans les universités auraient accès à la gestion de leurs ressources humaines ».  


            Dans le même temps, Le deuxième décret est la masterisation des concours. Il faudrait désormais atteindre le master pour être candidat à un concours d'enseignement. Ce décret entraîne une précarisation sans précèdent du statut d’enseignant en plus d’amoindrir la qualité de l’enseignement.


Seulement, ce que l’on dit peu, c’est que ce décret annonce clairement que le concours d’enseignant ne sera plus accessible aux étudiants issus des milieux populaires. Il faudra dorénavant un bac plus cinq pour pouvoir enseigner et non plus un bac plus trois. Quand on voit que déjà l’obtention d’une licence est extrêmement difficile pour les jeunes issus des classes défavorisées, que penser de l’obtention d’un master ?! Ces étudiants là doivent se salarier en parallèle de leurs études et pour beaucoup l’abandon des études est une réalité. L’accès au concours à bac plus cinq signifie tout simplement pour ces étudiants le renoncement à pouvoir devenir enseignant. Ces deux décrets sont la conséquence directe de la loi votée l’année dernière : la LRU (Libertés et Responsabilités des Universités). Loi qui avait suscité la lutte dans les universités où la grève avec blocage avait été reprise par la majorité des facs.


Le mouvement avait été criminalisé par le gouvernement, les CRS avaient investi les facs, les étudiants de droite et d’extrême droite se manifestaient pour soutenir la sale besogne policière, et l’UNEF qui avait participé à l’élaboration de la loi, fit en sorte que le mouvement ne prenne pas d’ampleur, et tourna le dos au mouvement en expliquant que les pseudos-concessions de Pécresse sans retrait de la loi étaient une grande victoire. Les étudiants s’étaient mis en grève pour refuser la privatisation latente des universités qui augmente la sélection sociale à l’intérieur d’une université et créée  deux types d’universités : la fac d’élite et la fac «  poubelle » !


En Europe, de nombreux étudiants continuent de se mobiliser contre la privatisation des facs car ils subissent comme nous ces réformes. En effet, le processus de privatisation a été élaboré à l’échelle européenne. C’est pour cela qu’exiger le retrait des deux décrets sans l’abrogation de la LRU serait inconséquent. Nous devons rester fermes sur trois revendications : Retrait des deux décrets et abrogation de la LRU.


 

Construisons un mouvement étudiant de masse !


 

Depuis maintenant des dizaines d’années, les différents gouvernements qui se succèdent n’ont de cesse d’essayer de nous vendre leur marchandise en contrebande (Devaquet en 1986, Jospin en 1991, Allègre en 1997, Lang en 2001, Ferry puis Fillon, CPE 2006 et LRU en 2007).     Le combat que nous menons n’est qu’une nouvelle étape dans cette longue lutte contre l’accentuation des inégalités et l’accélération de la sélection à l’université. La réforme de l’université s’inscrit dans la droite ligne d’une politique ultra réactionnaire : Remise en cause du droit de grève, des retraites, identité nationale, chasse aux sans-papiers, alignement sur l’impérialisme américain et participation active aux nouvelles guerres du « choc des civilisations ». Nous avons affaire à une offensive en bonne et due forme contre les classes populaires. Nous devons organiser la résistance à la hauteur des enjeux.


Ne nous laissons pas berner par ceux qui nous disent que ce mouvement doit être dépolitiser ou que l’on peut être de gauche ou de droite et que là n’est pas la question. Ne nous laissons pas non plus culpabiliser par ceux qui disent qu’ouvrir le débat sur d’autres questions serait se perdre et diviser la lutte. Tout au contraire, pour pouvoir saisir l’enjeu des décrets actuels ainsi que de la LRU, il faut se pencher sur les autres attaques actuelles et créer la jonction des luttes. C’est uniquement en ouvrant le débat sur la question « quelle université souhaitons-nous pour quelle société ? », que nous réussirons a renforcer notre lutte et gagner. Si sur la fac la LRU existe, si les étudiants étrangers rencontrent plus de problèmes, si des militants sont poursuivis pour leurs engagements, c’est parce que nous avons au-dessus de nous un rouleau compresseur qui est cette politique ultra réactionnaire. Construire un mouvement étudiant de masse signifie regrouper ces problèmes et organiser une lutte forte en liaison avec les luttes en cours. Car au final, tous ceux qui luttent ont en face d’eux le même ennemi.  


 

 

NOUS AVONS MILLE RAISONS DE NOUS RÉVOLTER !

 

UNITÉ DES LUTTES CONTRE LE GOUVERNEMENT DU CAPITAL !

 

RETRAIT DES DEUX DÉCRETS PECRESSE !

 

ABROGATION DE LA LRU !

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