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Nous devons bannir de nos rangs toute idéologie faite de faiblesse et d’impuissance. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux.


"La situation actuelle et nos tâches" (25 décembre 1947)  Oeuvres choisies de Mao Tsé-Toung, Tome IV




 
Dans l’histoire de l’humanité, toute force réactionnaire au seuil de sa perte se lance nécessairement, dans un ultime sursaut, contre les forces de la révolution ; et souvent, des révolutionnaires sont un moment induits en erreur par cette force apparente qui dissimule la faiblesse intérieure, ils ne voient pas ce fait essentiel que l’ennemi approche de sa fin et qu’eux-mêmes sont près de la victoire.

« Le Tournant de la Seconde guerre mondiale » (12 octobre 1942). Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome III.

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 18:50




Au nom du père, mort sous la torture



MEMOIRE- Michèle Audin, fille de Maurice Audin, refuse la Légion d’honneur.


Il arrive parfois que des personnalités refusent la distinction présidentielle.Telle Michèle Audin qui, en toute courtoisie, a décliné l’offre de Nicolas Sarkozy. Le 30 décembre, il voulait décer­ner à cette scientifique le grade de chevalier de la Légion d’honneur pour sa « contribu­tion à la recherche fondamen­tale en mathématiques et à la popularisation de cette disci­pline ».

« Je ne souhaite pas rece­voir cette décoration », écri­vait-elle, fermement, le 1er jan­vier, dans son courrier au chef de l’État. Pour la fille de Mau­rice Audin, la décision du pré­sident de la République est « incompatible » avec son si­lence assourdissant qui avait suivi la lettre ouverte adressée par sa mère. C’était le 19 juin 2007. Josette Audin reprenait, une fois de plus, sa plume pour renouveler sa requête que la vérité soit enfin révélée sur son époux, torturé à mort par les paras en 1957. « Je vous de­mande simplement de recon­naître les faits, d’obtenir que ceux qui détiennent le secret, dont certains sont toujours vi­vants, disent enfin la vérité, de faire en sorte que s’ouvrent sans restriction les archives concernant cet événement. »

Une lettre sans réponse. Un mépris présidentiel que Mi­chèle Audin ne saurait cau­tionner. Aînée de la famille de trois enfants, elle avait trois ans quand des militaires de l’armée française avaient fait irruption dans l’appartement, à Alger, pour emmener son père, mathématicien commu­niste, luttant pour la paix et l’indépendance de l’Algérie. Le geste, digne, de Michèle Audin contribuera-t-il à faire sortir Nicolas Sarkozy de son long silence ?

 

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Qui était Maurice Audin ?

Le 11 juin 1957, Maurice Audin, mathématicien, assistant à la faculté des sciences d'Alger, était arrêté par les parachutistes du 1er RCP. Le 21 juin, selon ses gardiens, il se serait évadé. Nul ne l'a plus revu vivant. Un comité Audin se constitua à Paris et décida de faire une enquête. En mai 1958, Pierre Vidal-Naquet écrivait, dans la première édition de L'affaire Audin, que l'évasion était impossible et que Maurice Audin était mort au cours d'une séance de tortures. Ouverte aussitôt, l'enquête judiciaire, menée d'abord à Alger, fut ensuite transférée à Rennes et se prolongea jusqu'en 1962.

L'ouvrage de 1958 est réimprimé intégralement ici, avec quelques précisions supplémentaires. Mais Pierre Vidal-Naquet a depuis lors eu accès aux dossiers des enquêtes successives ainsi qu'aux archives conservées au ministère de la Justice ; celles-ci permettent pour la première fois de faire l'histoire de l'affaire avant le délai habituel de cinquante ans. L'affaire Audin fut le révélateur exemplaire d'une société démocratique en crise. À ce titre, et par-delà la guerre d'Algérie, elle nous concerne tous encore aujourd'hui.

Selon la thèse officielle avancée par l'armée, Maurice Audin aurait bondi de la jeep qui le transférait d'un lieu de détention… Son corps n'a jamais été retrouvé. Cette thèse rappelait le montage mensonger de l'affaire Dreyfus.

Il a désormais une place à son nom, dans le 5e arrondissement de Paris, à l'intersection de la rue des Ecoles et de la rue Saint-Victor. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et l'historien Pierre Vidal-Naquet, ancien secrétaire du Comité Audin qui, entre 1957 et 1959, tenta de faire reconnaître la vérité, ont inauguré la place, mercredi 26 mai 2004.

« "Vidal" avoue qu'il "naviguait à vu", lui qui fut un homme-clé du Comité Audin et de "Vérité-Liberté", qui harcela des juges et des pouvoirs imbus de si bonnes raisons d'Etat qu'ils en oubliaient le Droit. Il n'a pas d'illusions sur la fragile avant-garde intellectuelle qui s'ébranla contre la pratique de la torture (il fut, au reste, un des très rares à protester en 1962 contre celle qui marqua des membres de l'OAS arrêtés).

Marginalisée, privée d'accès à la radio et à la télévision d'Etat, elle pesa peu sur le cours des choses, au temps du "national-molletisme" comme sous de Gaulle. Son combat fut parfois "douteux" et sa victoire "prodigieusement amère" : après tout, les assassins de Maurice Audin, le jeune assistant d'Alger tombé aux mains des paras, n'ont pas été châtiés; la torture a fleuri jusqu'au bout du conflit, malgré la vigilance d'un de Gaulle et d'un Michelet ; le déni de justice n'a pas disparu dans la France de 1989. Mais Vidal-Naquet est toujours un de ces "exhibitionnistes du coeur et de l'intelligence" queméprisait tant le jovial trio socialiste formé par MM. Mollet, Lacoste et Lejeune. Après consultation des archives de la place Vendôme, il a repris en historien têtu tout le dossier Audin, qu'il avait publié le... 13 mai 1958 avec l'aide incomparable de son ami Jérôme Lindon; il bourre de notes et de précisions ses articles de presse et ses mises au point ; il engrange et précise sans vitupérer. Pour l'Histoire ? Sans doute, mais aussi pour tenir au chaud cette part de chacun de nous qui feint d'ignorer qu'elle peut avoir un jour à connaître de la raison d'État. » (extrait d'un article de Jean-Pierre Rioux, Le Monde, 24 Novembre 1989)

Sur le plan judiciaire l’affaire Audin s’est terminée par un non-lieu, non-lieu encore répété en 2001.


LETTRE DE DE JOSETTE AUDIN A NICOLAS SARKOZY (19 juin 2007)




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