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  • : Le blog de AGEN (Association générale des étudiants de Nanterre)
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Nous devons bannir de nos rangs toute idéologie faite de faiblesse et d’impuissance. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux.


"La situation actuelle et nos tâches" (25 décembre 1947)  Oeuvres choisies de Mao Tsé-Toung, Tome IV




 
Dans l’histoire de l’humanité, toute force réactionnaire au seuil de sa perte se lance nécessairement, dans un ultime sursaut, contre les forces de la révolution ; et souvent, des révolutionnaires sont un moment induits en erreur par cette force apparente qui dissimule la faiblesse intérieure, ils ne voient pas ce fait essentiel que l’ennemi approche de sa fin et qu’eux-mêmes sont près de la victoire.

« Le Tournant de la Seconde guerre mondiale » (12 octobre 1942). Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome III.

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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 17:22


L’UNIVERSITE ET LA LUTTE DES SANS-PAPIERS

 

L’ARRIVEE DE LA MARCHE DES CH’TIS SANS-PAPIERS A L’UNIVERSITE DE NANTERRE OUVRE LA VOIE DE LA LUTTE !

 

 

L’UNIVERSITE ET LA LUTTE DES SANS-PAPIERS

 

L’ARRIVEE DE LA MARCHE DES CH’TIS SANS-PAPIERS A L’UNIVERSITE DE NANTERRE OUVRE LA VOIE DE LA LUTTE !

 

 

L’arrivée le 9 mai sur notre campus des 35 marcheurs de Lille du CSP 59 (Collectif de sans –papiers du Nord) et d’une centaine de sans-papiers du CSP 92, a permis de renforcer l’indispensable solidarité entre les étudiants et les ouvriers sans-papiers. Elle a permis aussi d’ouvrir une brèche dans l’édifice de l’apartheid universitaire.

 

Pourquoi ce rassemblement à Nanterre ?

 

Concrètement l’idée est venue lors d’une discussion entre l’AGEN et le CSP 59. Suite à notre meeting commun du 16 avril  « 1968-2008, arrêtons les commémorations, luttons contre la répression », nous avons fixé l’Université de Nanterre comme une des étapes de la marche partie de Lille.

 

Pourquoi l’université de Nanterre ? Pour 3 raisons majeures.

 

En premier lieu, il s’agit de dénoncer la conception politique qui s’exprime dans la création d’un  Ministère de « l’Identité Nationale » raciste. Nanterre est une ville dont l’université comme tous les quartiers est façonnée par l’histoire du prolétariat immigré, notamment  celle des années 60 lorsque les habitants de l’immense bidonville sous couvre-feu menaient la lutte pour la liberté et l’indépendance de l’Algérie. Nous avons rappelé que l’université a été construite justement par ces immigrés qui ont du attendre des dizaines d’années avant que quelques uns de ses enfants y accèdent. La lutte pour l’égalité des droits continue.

 

Deuxièmement, il s’agit non de commémorer mais de raviver ce qui a été un moteur de mai 68 : la jonction dans la lutte des secteurs (étudiants-travailleurs) que l’on divise d’ordinaire pour le bon fonctionnement de l’ordre capitaliste. Ne l’oublions pas : l’université est un des appareils d’Etat où l’on forme les futurs maîtres d’œuvre de la machine à expulser, les futurs Maurice Papon de la République. Cette ligne noire de la réaction fait face à une vision antagonique : des étudiants qui refusent de servir l’ordre marchand et policier et qui se mettent au service des opprimés. Grande leçon de ce qu’il y avait de révolutionnaire dans mai 68 : les étudiants doivent faire un choix de classe sur le sens de leurs études.

 

Enfin, après 12 ans de lutte pour une régularisation globale des sans-papiers, les luttes reprennent un peu partout sur ce front. Il faut organiser la solidarité.  Des milliers de personnes qui risquent au sens propre leur vie relèvent héroïquement le flambeau de la lutte dans un climat mortifère d’offensive générale du pouvoir et des capitalistes, unis pour la destruction des droits monde du travail. A Nanterre, l’église St Paul est ainsi occupée, à Colombes les sans-papiers de « Passion traiteur » sont en grève avec occupation du lieu de travail. Présentés depuis des années comme des clandestins profiteurs, les sans-papiers montrent encore une fois qu’ils sont à la base de l’économie de ce pays, comme partie du prolétariat exploité et opprimé à outrance. La venue des collectifs de sans-papiers sur l’université de Nanterre permet aussi de révéler un scandale soigneusement camouflé. Dans les universités des centaines d’étudiants sont aussi sans-papiers. Ils sont sous le coup d’une OQTF (Obligation de quitter le territoire français) voire d’arrêté d’expulsion alors que les autorités attendent l’été pour les expulser en toute discrétion.

 

 

Compte-rendu de la journée du 9 mai à Nanterre

 

L’AGEN a  donc été chargée de coordonner l’arrivée de la marche à Nanterre avec le CSP 92 jusqu’au départ pour la manifestation nationale du 10 mai à Paris. Des camarades ont été une première fois à la rencontre des marcheurs à Argenteuil le 4 mai et aux Ulis le 8 mai.

 

Nous avons organisé et appelé à  cette journée unitaire avec Sud-étudiant, l’UEC, les JCR, l’Unef, les membres du personnel (Snasub), et les professeurs (Snesup).

 

Le déroulement de la journée a été celui d’une lutte commune. Les marcheurs sont partis des Ulis à 9h, là où, dans une ambiance très chaleureuse et solidaire, un collectif de sans-papiers s’était crée la veille à l’occasion de leur passage, création annoncée à l’issue d’une conférence de Saïd Bouamama sur l’enjeu des luttes de l’immigration à l’époque capitalisme mondialisé.

 

Le 9 mai, à 11h30, quelques étudiants de Nanterre sont venus à la rencontre des marcheurs de Lille devant l’Arche de La Défense puis nous sommes partis pour une manifestation dans le quartier populaire Pablo Picasso avant de rejoindre l’église St Paul occupée par les sans-papiers du 92. Nous avons retrouvé les marcheurs : Youssef, Cissé, Hamid, la « communauté » thaïlandaise » en tête et tous les autres. Nous avons pu entendre, scander et chanter les nombreux slogans inventifs et les chansons révolutionnaires du CSP 59 qui nous trottent encore dans la tête (sur cette question le CSP 59 est sans conteste champion de France !) Le cortège a fait son entrée sur le campus vers 13h accueilli par les étudiants solidaires qui organisaient le rassemblement devant le bâtiment F (bâtiment de droit).

 

Les sans-papiers du CSP 59, 92, ceux de Colombes en grève,  ont pris la parole pour expliquer leur situation, leur lutte, la marche organisée depuis Lille face au sinistre préfet Canepa, la politique du chiffre du gouvernement expulseur, les pratiques des préfecture et ils ont appelé à la solidarité active. Des soutiens se sont exprimés comme la sénatrice Alima Boumedienne (Verts), des élus (PCF) de la mairie de Nanterre ou du conseil général. La situation des étudiants étrangers soumis à la DAP (demande d’admission préalable), au test de français et au contrôle des titres n’a pas été oubliée.

 

Tout le monde a pu ensuite (et enfin !) se restaurer autour d’un grand barbecue sur la pelouse centrale.

 

Avant la manifestation vers la Préfecture, une délégation a d’ailleurs été reçue par le vice-président de l’université chargé des études (Mr Lefebvre), la demande des manifestants était double : que l’université fasse une déclaration de soutien à tous les étudiants sans-papiers pour qu’elle s’engage à agir pour leur régularisation et que l’université écrive une lettre au préfet du 92 pour la régularisation des sans-papiers[1].

 

Vers 15h30, plusieurs centaines de manifestants, sans-papiers et soutiens, se sont retrouvés devant la préfecture de Nanterre, là où se pratiquent comme dans d’autres préfectures des rafles au guichet (un sans-papiers convoqué ou non vient prendre des nouvelles de son dossier puis est interpellé directement par la police). Les manifestants ont maintenu la pression jusqu’à ce que la délégation reçue par le sous-préfet d’Antony (!) ressorte pour annoncer que cette première rencontre relevait davantage de la mascarade que d’une réponse cohérente car le sous-préfet pouvait recevoir les doléances mais annonçait qu’il ne pouvait apporter de réponse.

 

Les manifestants se sont ensuite retrouvés sur le lieu d’occupation (église St Paul) pour faire le bilan de la journée et de la lutte. Le porte-parole du CSP 59 a fait part de l’expérience de son collectif, des méthodes utilisées par le préfet Canepa depuis l’élection de Sarkozy pour briser la lutte de ce collectif (rafles jusque dans les hôpitaux, chantage aux consulats, inculpations des porte-parole)  mais aussi de la farouche détermination du CSP 59 et des méthodes de lutte : manifestations hebdomadaires, occupations de lieux du pouvoir politique ou économique, marche, …

 

Pour les soutiens, Gilles Lemaire (Verts, porte-parole de l’UCIJ Unis contre l’immigration jetable) a condamné une politique qui prend les immigrés comme boucs émissaires et qui organise la chasse aux plus pauvres. Pour les étudiants, un militant de  l’AGEN est intervenu  pour affirmer que la liaison avec l’université devait se renforcer, par exemple en inscrivant dans le collectif les cas des étudiants sans-papiers, que cette lutte pour la régularisation des sans-papiers concernait l’ensemble du monde du travail ce qui donne lieu à  une lutte pour l’unité (avec la CGT par exemple) qui n’est pas une tare mais une bataille indispensable.

 

Après le repas préparé par le CSP 92, l’hébergement des marcheurs ch’tis sans-papiers a été pris en charge par l’AGEN et l’ARENE (Association des Résidents de Nanterre). L’hébergement  s’est effectué à la résidence universitaire et grâce à la solidarité concrète des résidents qui ont descendu des matelas et organisé un tour de veille durant la nuit.

 

Le lendemain matin nous avons rejoint une nouvelle fois l’église St Paul et nous sommes partis pour une marche de Nanterre à Place Clichy en passant par la mairie de Neuilly, avant de prendre la tête de la manifestation nationale des sans-papiers du samedi 10 mai.

 

 

Des 35 marcheurs de Lille  qui au bout de leur périple étaient toujours aussi vaillants nous garderons le souvenir du courage, de la détermination, de la joie de lutter ensemble. Nous leur souhaitons comme à tous les sans-papiers d’arracher une victoire, de faire plier Sarkozy et ses sbires. Les marcheurs ont bravé l’Etat expulseur. Ils ont montré l’exemple.

 

Que mille luttes s’éveillent pour l’égalité des droits !

 

Pour la régularisation de tous les sans-papiers par la carte de 10 ans !

 

Vive la solidarité entre les étudiants et les sans-papiers en lutte !

 

 

AGEN, le 17 mai 2008



[1] Après les dénégations d’usage pour jurer qu’au grand jamais l’université ne traitait de façon discriminatoire ses étudiants, le vice-président Lefebvre s’est engagé à rédiger un courrier sur la situation des sans-papiers. Force est de constater que ce courrier, délivré ultérieurement, s’étale complaisamment sur les traditions humanistes de l’université mais ne soutient en rien la régularisation des sans-papiers y compris étudiants. Cependant le problème ne relève pas uniquement de cette direction bien connue pour ces méthodes policières. Lors de cet entretien, les JCR, partie prenante de la délégation, ont fourni 14 dossiers d’étudiants sans-papiers avant même que ne soit obtenu un engagement global de soutien à l’ensemble des cas. Cette démarche du cas par cas est en contradiction flagrante avec les principes affichés. Cela contredit  aussi  la nécessité de créer un rapport de forces réel pour gagner face à une institution universitaire qui joue pour le moins un rôle ambigu avec la préfecture dans la fabrique des sans-papiers. Pour l’AGEN, il est indispensable que la question des étudiants sans-papiers s’appuie sur la lutte des travailleurs sans-papiers en étant autonome des syndicats (par exemple par la création d’un collectif d’étudiants sans-papiers) et en sortant de la simple gestion des dossiers au cas par cas.



[1] Après les dénégations d’usage pour jurer qu’au grand jamais l’université ne traitait de façon discriminatoire ses étudiants, le vice-président Lefebvre s’est engagé à rédiger un courrier sur la situation des sans-papiers. Force est de constater que ce courrier, délivré ultérieurement, s’étale complaisamment sur les traditions humanistes de l’université mais ne soutient en rien la régularisation des sans-papiers y compris étudiants. Cependant le problème ne relève pas uniquement de cette direction bien connue pour ces méthodes policières. Lors de cet entretien, les JCR, partie prenante de la délégation, ont fourni 14 dossiers d’étudiants sans-papiers avant même que ne soit obtenu un engagement global de soutien à l’ensemble des cas. Cette démarche du cas par cas est en contradiction flagrante avec les principes affichés. Cela contredit  aussi  la nécessité de créer un rapport de forces réel pour gagner face à une institution universitaire qui joue pour le moins un rôle ambigu avec la préfecture dans la fabrique des sans-papiers. Pour l’AGEN, il est indispensable que la question des étudiants sans-papiers s’appuie sur la lutte des travailleurs sans-papiers en étant autonome des syndicats (par exemple par la création d’un collectif d’étudiants sans-papiers) et en sortant de la simple gestion des dossiers au cas par cas.

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