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  • : Le blog de AGEN (Association générale des étudiants de Nanterre)
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Nous devons bannir de nos rangs toute idéologie faite de faiblesse et d’impuissance. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux.


"La situation actuelle et nos tâches" (25 décembre 1947)  Oeuvres choisies de Mao Tsé-Toung, Tome IV




 
Dans l’histoire de l’humanité, toute force réactionnaire au seuil de sa perte se lance nécessairement, dans un ultime sursaut, contre les forces de la révolution ; et souvent, des révolutionnaires sont un moment induits en erreur par cette force apparente qui dissimule la faiblesse intérieure, ils ne voient pas ce fait essentiel que l’ennemi approche de sa fin et qu’eux-mêmes sont près de la victoire.

« Le Tournant de la Seconde guerre mondiale » (12 octobre 1942). Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome III.

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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 19:23
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Appel de la coordination nationale de Nantes
Le mouvement contre la Loi Pécresse continue

La mobilisation importante a contraint la Ministre de l'enseignement
supérieur, Valérie Pécresse, à un déblocage de moyens pour l'Université.
Cela n'est pas une réponse à la revendication première d'abrogation de
la Loi d'autonomie des Universités des étudiant-e-s mobilisé-e-s depuis
plus d'un mois.

La mission sur le cadrage national des diplomes n'apporte aucune
garantie législative. Les annonces budgétaires de 20 milliards d'euros
demeurent insuffisantes (10% de plus de budget par an) face à la pénurie
de moyens dans les Universités, et rien ne garantit que ces promesses
soient réalisées d'ici 2012. Par ailleurs, le financement public de
l'enseignement supérieur ne peut pas se faire par la privatisation
rampante d'EDF (en vendant des actions come le propose Nicolas Sarkozy).

Tout cela ne change rien au coeur de la Loi. L'autonomie budgétaire des
Universités, l'introduction forte des entreprises privées et leur
influence dans leur contenu des cours en contrepartie de fonds privés,
l'octroi d'un pouvoir arbitraire aux présidents d'Université, le risque
d'une hausse des frais d'inscription, la précarisation généralisée du
personnel enseignant et administratif sont toujours présentes dans la
LRU. Par conséquent, nous réaffirmons notre opposition à la loi Pécresse
et nous condamnons les négociations de la direction nationale de l'Unef.

La LRU n'est ni amendable, ni négociable, que ce soit sur un plan local
ou national. Depuis le début de la lutte, c'est la position de toutes
les assemblées générales et de la coordination nationale, seules
instances représentatives des étudiant-e-s mobilisé-e-s.

Si nous nous battons pour l'abrogation de la LRU, c'est parce que nous
nous battons pour le droit à l'éducation pour tous, et contre la
destruction du service public. étudiant-e-s et lycéen-ne-s, avec la LRU
et les 11 500 suppressions de postes dans l'education, c'est notre
avenir qui est menacé.

Exiger l'abrogation implique donc de lutter pour une augmentation
massive du budget de l'enseignement supérieur, pour la création des
milliers de postes dont il y a besoin, pour de vrais diplômes nationaux
reconnus dans les conventions collectives, pour l'égalité entre
Français-e-s et Etranger-e-s dans l'accès aux études, pour la gratuité
des enseignements et pour la redistribution interne des financements de
la Recherche.

Cela implique aussi de lutter pour une augmentation massive des aides
sociales, et d'être solidaires des salarié-e-s qui luttent en ce moment
pour une amélioration de leur pouvoir d'achat. Nous appelons à la tenue
d'Etats-Généraux de l'enseignement supérieur pour formuler des
propositions en positif face au projet du gouvernement avec les acteurs
de la communauté universitaire (les enseignants, les chercheurs, les
Biatoss) et de leurs mouvements (SLR, SLU). De telles propositions sont
de toutes façons, pour nous, subordonnées à l'abrogation de la LRU.

Il est possible de gagner, de faire reculer le gouvernement sur nos
revendications. SNCF et RATP, Air France, EDF-GDF, avocats, salariés de
la fonction publique... Sarkozy a beau dire qu'il ne reculera pas face à
nous, lui et son gouvernement ont été affaiblis par les grèves. La
réussite de la journée de grève du 20 novembre a montré qu'il existait
une volonté de lutte dans de larges secteurs de la jeunesse et du monde
du travail.

En effet, la LRU n'est pas une loi isolée mais fait partie d'un contexte
de casse généralisée du service public dû à une libéralisation
grandissante de la société et de l'économie française, ce que nous
condamnons. Face à un Etat autoritaire, qui joue sur l'usure du
mouvement contestataire, et constatant l'échec des négociations SNCF,
nous annonçons que nous allons combattre et que nous réfléchirons à
l'interruption du mouvement uniquement lors de l'officialisation de
l'abrogation de la loi Pécresse.

Pour cela, la coordination nationale appelle les étudiant-e-s à
approfondir et amplifier la mobilisation dans les campus, à créer des
assemblées générales communes avec les enseignant-e-s et les personnels
afin de consolider les liens en vue d'arriver à une cooordination
nationale de l'enseignement supérieur. Les lycéen-ne-s doivent se
mobiliser encore plus massivement. Et lycéen-ne-s et étudiant-e-s
doivent chercher la convergence avec les travailleurs, en premier lieu
ceux de l'Education Nationale, notamment dans les universités et dans
les lycées.

La plupart des présidents d'université étant en faveur de la LRU, ils
n'hésitent pas à recourir à la répression pour briser la mobilisation.
Les fermetures administratives, les interventions policières... ne
répondent pas à de prétendus « problèmes de sécurité » : elles visent à
nous empêcher de nous mobiliser, c'est-à-dire nous priver de notre droit
de nous révolter. Nous condamnons toutes les interventions policières et
les arrestations. Nous exigeons l'amnistie de tous les inculpé-e-s des
mouvements sociaux, y compris ceux du mouvement cheminot. Nous exigeons
la réouverture de toutes les universités fermées administrativement, et
le retrait de toutes les forces répressives (polices, vigiles privés...)
qui occupent actuellement des universités. Nous réclamons la démission
des présidents d'universités ayant fait appel à la répression et
collaboré à l'expulsion de sans-papiers.

La semaine dernière, le mouvement a été veritablement victime d'un
durcissement de la répression. Le recteur de l'academie de Nantes a
interdit la tenue d'Assemblée générale dans les lycées. Les charges de
CRS ont été particulièrement dures à l'encontre des manifestants ; un
mineur a été gravement blessé à l'oeil par un tir de flashball.

Face à cette situation, nous réaffirmons que le droit de réunion, le
droit de manifestation et de grève doivent exister pour tous, y compris
les étudiants et les lycéens. Suspendre les cours est le seul moyen
efficace pour que tous les étudiant-e-s, notamment les boursiers,
puissent se réunir et décider ensemble de se mobiliser. Sans piquets de
grève votés dans des Assemblées Générales massives, les étudiant-e-s ne
disposent pas réellement de droit de grève. Sans occupation des locaux,
ils ne disposent pas véritablement du droit de se réunir.

Face aux tentatives de faire reprendre les cours par l'intermédiaire des
référendums, nous réaffirmons la seule légitimité des Assemblées
Générales pour décider des suites du mouvement : c'est dans les AG que
les informations, les différents points de vue peuvent être échangés et
que les étudiant-e-s peuvent voter en connaissance de cause.

C'est aux grévistes d'organiser eux-mêmes la prise de décision et non
aux présidences d'université, qui pour la plupart soutiennent la
réforme. Nous appelons donc au boycott des votes organisés par les
administrations universitaires.

Les annonces du gouvernements, présentées par des organisations
syndicales comme une raison d'arrêter le mouvement, tout comme la
répression généralisée, visent à nous isoler. Loin de nous résigner à ce
risque d'isolement, nous réaffirmons que notre mouvement a vocation à
s'étendre dans les universités, dans la jeunesse et dans le monde du
travail.

Le projet du gouvernement est de détruire l'ensemble des acquis sociaux.
Face à ce projet, c'est ensemble que nous gagnerons : nous devons
construire un mouvement d'ensemble des jeunes et des salarié-e-s pour
riposter à l'offensive du gouvernement.

Nous appelons à un véritable service public dans tous les domaines :
éducation, santé, transports, protection sociale ce qui implique un
réengagement massif de l'Etat dans le financement de l'enseignement
supérieur et la recherche, la titularisation des précaires,
l'augmentation des salaires et du point d'indice dans la fonction
publique....

Nous appelons à une manifestation massive le 6/12 pour que le mouvement
montre sa force et qu'il encourage plus d'étudiant-e-s et de lycéen-ne-s
ainsi que d'autres secteurs à nous rejoindre dans la lutte : nous
appelons à une manifestation massive pour assurer la visibilité du
mouvement et son élargissement vers d'autres secteurs. Nous appelons en
particulier les personnels de l'université à nous rejoindre dans cette
manifestation dans des cortèges communs.

Nous appelons désormais à la tenue de coordinations nationales de
l'enseignement supérieur qui inclueraient les étudiant-e-s et les
personnels de l'université. Nous appelons à participer à toutes les
initiatives d'autres secteurs en lutte contre le gouvernement et sa
politique, en particulier à la manifestation des chômeurs et des
précaires du 8/12.

Nous proposons une prochaine date de manifestation interprofessionnelle
le 11 (ou 13) décembre, et nous adressons en ce sens à l'ensemble des
salariés et de leurs organisations.

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