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  • : Le blog de AGEN (Association générale des étudiants de Nanterre)
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Nous devons bannir de nos rangs toute idéologie faite de faiblesse et d’impuissance. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux.


"La situation actuelle et nos tâches" (25 décembre 1947)  Oeuvres choisies de Mao Tsé-Toung, Tome IV




 
Dans l’histoire de l’humanité, toute force réactionnaire au seuil de sa perte se lance nécessairement, dans un ultime sursaut, contre les forces de la révolution ; et souvent, des révolutionnaires sont un moment induits en erreur par cette force apparente qui dissimule la faiblesse intérieure, ils ne voient pas ce fait essentiel que l’ennemi approche de sa fin et qu’eux-mêmes sont près de la victoire.

« Le Tournant de la Seconde guerre mondiale » (12 octobre 1942). Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome III.

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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 11:39
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Bulletin du syndicalisme de combat  numéro  19 (octobre 2007)

« La connaissance, cette ressource inépuisable digne d'être exploitée »

Gérard Tobélem, représentant de Sarkozy  durant la campagne électorale (chargé des questions de recherches universitaires).

 

La loi sur l'autonomie des universités adoptée en catimini durant l'été a pour vocation comme le rappellent les multiples déclarations de ses promoteurs de mettre l'université au service du marché économique. L'université comme lieu de savoir accessible à tous n'est plus le voeu pieux de la bourgeoisie. Aujourd'hui elle annonce clairement sa volonté: faire de l'université un outil au service du capitalisme. Depuis le projet de Jospin en 89 jusqu'à celui de Fillon en 2003 l'objectif consiste à promouvoir l'autonomie dans sa version libérale contre les aspirations à une université démocratique.

 

L'apartheid universitaire se renforce.

 

A l'inverse du mythe républicain, l’université reproduit les inégalités sociales entre étudiants. L’apartheid universitaire, ce fossé entre étudiants issus des classes favorisées et étudiants issus des classes populaires est amené a s'accentuer fortement avec cette loi. En effet, la concurrence entre étudiants devient le fer de lance de la loi tout comme la concurrence entre universités. Un élément qui illustre cette volonté d'exclure ce que les directions universitaires appellent depuis une dizaine d'années « le nouveau public » c'est-à-dire  les jeunes issus de la classe ouvrière et issus de l'immigration.

 

C'est le système de pré -sélection. L'université pourra désormais sélectionner ouvertement ces étudiants, les bacheliers devront se soumettre à une procédure de présélection. L'article 20 de la loi prévoit cet impératif, les modalités précises ne sont pas mentionnées mais des recommandations étaient cependant contenues dans le dispositif Goulard et le rapport Hetzel. Celles-ci pourront comprendre des questionnaires détaillés, des présentations de dossiers avec lettres de motivations et même des entretiens avec des enseignants. Il est évident que des inégalités se créent avec ce dispositif entre bacheliers des lycées réputés et ceux qui viennent des lycées qui ne le sont pas.

 

 L'immigration choisie à l'université: les étudiants étrangers une nouvelle fois ciblée.

 

Episode de la dernière campagne présidentielle en France:

Un journaliste interroge Sarkozy: « L'autonomie, cela veut dire quoi? »

 « Cela veut dire d'abord la liberté de recruter ses étudiants, notamment ses étudiants étrangers, on n'est pas condamné à recruter des étudiants dont on ne veut nulle part dans le monde. »

Sarkozy, le 12 février 2007.

 

L'augmentation des frais d'inscription  arrivera inéluctablement. En effet étant donné que les facs  ne recevront plus leurs financements de l'Etat, elles devront trouver d'autres moyens de financement. Les entreprises vont financer certaines facs mais uniquement les facs d'élite et partiellement. Quant aux facs relayées en seconde zone elles recevront peu de moyens. En février dernier, les présidents d'universités organisés en conférence se sont largement prononcés en faveur de l'augmentation des frais d'inscription. La loi autorise les universités à augmenter leurs frais d’inscription. En Europe, les pays qui ont déjà adopté cette mesure ont vu leurs frais d'inscription exploser, allant jusqu'à 4000 € !

 

Une loi qui s'inspire fortement du « modèle » anglo-saxon.

 

              « Mettons tout en oeuvre pour qu'en 2012 cinq universités française figurent dans le classement des cinquante premières mondiales. (...) Hisser cinq universités dans ce palmarès en les finançant massivement, cinq campus d'excellence à vocation mondiale pour en faire des marques reconnues et attractives. »   

Gérard Tobèlem, représentant de Sarkozy durant la campagne électorale (chargé des questions de recherches universitaires).

La volonté de calquer l'université française sur le schéma anglo-saxon est claire. Plusieurs éléments dans la loi le confirment. Dans cet esprit, les universités seront managées comme des entreprises. Les universités seront propriétaires de leurs bâtiments (des locaux pourront être vendus).  A terme se dessine la suppression arbitraire de formations jugées non rentables. Ce que l'on nomme « démocratie universitaire » est balayée par l'augmentation des personnalités extérieures au sein du conseil d'administration et la réduction du nombre d'élus étudiants et du personnel.

 

Une loi pour étouffer toute contestation sur l'université!

 

Dans la loi rien  n'évoque directement les mouvements étudiants. Cependant plusieurs éléments visent  la pacification des campus et détruisent le statut des personnels et des enseignants.

 

Un président tout puissant   : Les pouvoirs du président s'accroissent : il dispose d'un droit de veto sur les affectations des personnels administratifs et enseignants, ce droit de veto est complètement arbitraire. Il pourra à son bon vouloir choisir qui il souhaite voir affecté dans l'université. Il pourra de fait avoir un contrôle politique sur la communauté universitaire. Le président ne sera plus forcément choisi parmi les enseignants chercheurs permanents en exercice dans l'université, il n'a plus besoin d'appartenir « à l'une des catégories de personnel qui a vocation à enseigner dans les établissements supérieurs » (art L 712-2). Un PDG d'entreprise pourra devenir président de fac!

 

La restriction des représentant étudiants.

 

La démocratie universitaire bourgeoise portée par les syndicats institutionnels (UNEF, UNI...) laisse croire que dans les conseils on peut changer la donne. Pourtant les conseils centraux ne sont que des chambres d'enregistrement. Ces conseils sont pour l’AGEN : 1.Un moyen de mener l'enquête sur ce que préparent  les mandarins de l'université afin d'en informer les étudiants et préparer le riposte. 2. Un lieu ou nous gênons l'institution universitaire en portant les revendications étudiantes et critiquons leurs projets scélérats.

En réduisant le nombre d'élus étudiants à 5 au Conseil d'administration alors qu'il était de 14 est une manière de vouloir bâillonner les syndicalistes combatifs, ceux qui osent contester l'ordre établi. Il ne s'agit ni plus ni moins d'une censure. Depuis mai 68, le droit à l'expression syndicale et politique est reconnu. Tout comme Sarkozy les directions universitaires veulent en finir avec l'esprit critique social et de  résistance de mai 68. Depuis 10 ans, l'université est mise au pas par le dispositif sécuritaire outrancier, les interventions policières contre les mouvements de luttes et la collaboration étroite entre l'université et la préfecture.

Ils veulent faire taire les syndicats contestataires comme l'AGEN afin de garder l'hégémonie des syndicats-maisons comme l'UNEF. D’ailleurs, un nouveau poste de vice-président étudiant a été créé, occupé par l'UNEF ou des corpos sur les autres  universités. Il s'agit içi d'un outil supplémentaire créé par les auteurs de la loi pour préserver le leurre de la participation  des étudiants dans les décisions universitaires. Rappelons que l'UNEF a participé aux négociations sur la loi et l'a cautionnée!

 

Quelle riposte?

 

La première réponse et la seule qu'on doit apporter à cette attaque est le refus inconditionnel. En effet, dans la mesure ou cette loi ne profite ni aux étudiants, ni aux chercheurs, ni aux profs et personnels, ni au développement de la connaissance, comment l'accepter? Pour l'AGEN, l'abrogation de cette loi est la revendication minimale, et la seule conséquente, à apporter en tant que syndicat étudiant.

Quant à la volonté de l'institution universitaire de nous bâillonner et de faire taire toute contestation sur l'université, l’AGEN  ne laissera pas faire cette attaque et continuera à dénoncer et combattre l’injustice.

 

POUR L'ABROGATION DE LA LOI SUR L'AUTONOMIE DES UNIVERSITES!

CONTRE L'APARTHEID UNIVERSITAIRE!

FAC OUVERTE AUX ENFANTS D'OUVRIERS ET D'IMMIGRES !

FAC FERMEE AUX INTERETS PRIVES !


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